Je n'ai pas été assez précise dans ma précédente chronique : "on a de l'eau". Oui, mais de l'eau froide. Car le grand progrès enregistré samedi soir sur les coups de 21h45, c'est l'arrivée de l'eau chaude. Ca ne bouleverse pas notre vie quotidienne pour le moment. Mais cela change tout quand même !
Quand on se lave de toute façon au lavabo, qui est le seul sanitaire survivant de l'ère antérieure à noussssssss, le faire à l'eau chaude apparaît comme un luxe éhonté. La survie impose seulement d'avoir l'eau (froide) dans le lavabo et les toilettes. L'eau froide, c'est l'hygiène. Oui mais l'eau chaude, c'est la civilisation.
Quand l'eau chaude paraît, ce n'est pas pour se laver, c'est pour espérer. C'est le signe que la baignoire arrive car la plomberie ne fuit plus nulle part. Le cri de l'eau chaude dans le robinet, c'est le clin d'oeil discret de la maison qui t'encourage à acheter enfin le carrelage pour mettre sous la baignoire, parce que le moment approche de la faire paraître au monde.
C'est la promesse de petites tablettes en teck pour les sels de bains et la mousse. Ce sera propre. On ne verra plus que faïence, gant de crin et bois précieux, huiles essentielles et crême au miel. Adieu béton, truelles, briquettes... Adieu cuivre, plomb, étain... Adieu savon, serviettes, qui servent aussi bien au nettoyage des outils, des assiettes que des parties intimes (bien repérer sa serviette et ne jamais la laisser en libre service, au risque de la retrouver enroulée sur une canalisation, au chevet d'une soudure chancelante).
On n'y est pas mais on approche. On approche...
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