J'aimerais vous y voir. Les travaux avancent, nous avons laissé la salle de bains en plan, mais utilisable. Il fait depuis dix jours une chaleur ahurissante. Ciel sans nuage et températures au-dessus de trente degrés, tous les putains de jour. Mon amoureux manie perceuse et disqueuse avec une virtuosité qui sent le métier. Ah... Euh... Sauf la disqueuse, qui est morte dans ses belles mains.
Mes journées ressemblent à ça : 8h00 réveil pour départ à 8h30... Ou parfois un petit poil plus tard... Jusqu'à 18h00 (pas beaucoup plus tard), je rédige au bureau et il faudra que je vous parle de nos adorables stagiaires. 18h00, le cerveau tout essoré, je regagne mon chez moi à travers les bouchons qui encombrent le rond-point de Port-Marianne et le feu qui croise le chemin de Moularès. Si vous êtes toujours parisien, vous devez être perdu ! Mais n'oubliez pas de rajouter la chaleur... et les cigales aussi, quand même, parce qu'il y en a en plein Montpellier !
Bref, je rentre chez moi, retrouver mon amoureux et son géniteur, qui s'affairent à notre bonheur depuis maintenant trois semaines. En réalité, j'apporte de la nourriture à deux fauves affamés, qui ont passé la journée enfermés dans les poussières de plâtre et qu'on distingue à grand peine des murs dont ils ont adopté le blanc manteau... Jusqu'ici, nous mangions (avec les doigts et des grognements de bête repue pour toute conversation), finissions les travaux sans bruit (ceux avec attendront des heures décentes) et nous couchions comme des brutes saoules, vers une heure du matin, ivres de fatigue et de chaleur, après une douche salvatrice. Et le lendemain, re-belote.
Mais depuis trois jours, c'est la renaissance ! Les parents de notre ami Joe sont partis en vacances, lui laissant la garde et la responsabilité de leur maison et de sa piscine. Joe aime les bons petits plats, le punch coco, les épices et les herbes rares, le métal en fusion et se baigner dans sa piscine. Nous aussi. Alors tous les soirs depuis maintenant trois jours, nous quittons notre petit Beyrouth à nous pour rejoindre la civilisation : une cuisine équipée, la conversation de Joe (sans soudure ni perçage au menu), un salon sans trous aux murs, avec canapé et table basse... le rêve quoi ! Nous préparons à manger tous ensemble et nous barbotons en gloussant dans la piscine. Puis, avec mon amoureux, nous rentrons et nous couchons comme des brutes saoules vers deux heures du matin. Et le lendemain, c'est aujourd'hui. Et je n'ai pas envie de travailler... ^^
C'est normal d'avoir envie d'un punch coco dans une piscine à 10h du matin ?
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1 commentaire:
On s'y croirait pour de vrai. On entend d'ici les cigales, le dernier râle de la disqueuse, les glaçons dans le verre du punch coco, les grognements néanderthaliens, les ventres qui ont faim, les ventres repus, les corps plongeant dans la piscine et subissant de la part de celle-ci une poussée verticale de bas en haut opposée au poids de ces corps et égale au volume d'eau déplacé ... Bref même Archimède aurait pris ses valises pour se barrer à Montpellier tellement tu nous donnes envie !!! Bon courage et comme disait le philosophe Jean-Claude Dusse "Oublie que tu n'as aucune chance !" Bisous Ton Fafane
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