Ah ! L'intense solitude des conférences de presse ! Où l'on se souvient que les écoles de journalisme servent aussi trop souvent de déversoir au rebut des autres formations, où on va quand on ne sait pas quoi faire d'autre, c'était ça ou du droit, mais "c'est fatiguant le droit, il faut tout apprendre par coeur". De fait, peu de milieux rassemblent comme la presse autant de gens sans culture, sans curiosité et sans goût pour l'écriture, l'information, la mise en perspective. En général, ces moutons noirs, dont on aimerait tant qu'ils soient bien l'exception, ne sont pas des spécialistes qui ont appris l'écriture (ceux là l'abordent avec prudence et respect), mais des scribouillards pour qui l'écriture est un acquis tandis que les matières qu'ils couvrent sont seulement prétexte à pisser de la ligne.
Pardonnez-moi, j'en sors. Les conférences de presse, ça me galvanise. Pas parce que ça m'inspire de beaux sujets mais parce que "ça me donne envie d'envoyer des mandales dans la tronche à tout ce qui remue" (ce n'est pas de moi et j'en suis fort marrie)... Quand je pense à tous les discours sur la précarité du métier de journalisme, métier de peu d'élus, sans sécurité, sans salariat... Et quand je vois les minables qui en vivent très confortablement rassemblés dans la cohorte habituelle au rendez-vous des déjeuners tout frais payés, j'ai envie de taper à la première réaction débile. Et ça vient vite.
Je suis une femme, taillée dans une baguette, épaisse comme trois feuilles de papier calque collées par un parfum luxueux mais jamais entêtant (un petit bisou à moi, ça mange pas de pain...). Et bien j'ai eu droit tout le déjeuner durant à la surveillance étroite d'Aldo La Morale, mon éminent collègue récemment nommé au vin dans son quotidien après avoir excellé dans la rubrique auto-moto (là, je mens, j'aimerais qu'Aldo fût un transfuge d'une autre spécialité, mais non, en plus, cet emmerdeur s'occupe de vin depuis des années mais craint encore plus le gendarme... à moins qu'il n'ait déjà perdu trop de points à désobéir, lui aussi). Car Aldo n'a pas manqué de souligner chacun des deux verres de vin que j'ai bus au cours du repas, en plus du premier qui me faisait dépasser la limite légale, en espérant, à voix haute et avec forces coups de coude alentours, que je ne prenais pas le volant ensuite. Excédée, je lui ai servi ma toute nouvelle réponse aux pisse-vinaigre, directement soufflée par mes amies les licornes : "Cela s'appelle de la désobéissance civique, mon cher ami. Triste avenir que celui du vin si ses chantres n'en boivent plus, vous ne croyez pas ? ".
Appelez ça un prétexte à la beuverie si vous y tenez, pendant et après le repas, je marche et bois beaucoup d'eau et en cas de contrôle, j'assume, c'est tout. Alors, les commentaires du cher Aldo... comment dire... je les lui... du moins, il peut se les... Attendez, je vais bien trouver une formule idoine... Disons qu'étant donné que je ne vis que pour son approbation, je lui laisse toute liberté d'imaginer ce que je fais de son avis.
lundi 8 décembre 2008
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1 commentaire:
Et bien je pense qu'avec ça, Aldo n'a plus qu'à aller se rhabiller ... troquer son costume de gendarme pour un déguisement d'agent secret. Ni vu ni connu. Parce que maintenant il a une grosse étiquette sur le front. Je vous laisse deviner laquelle.
On choisit ses copains mais rarement ses collègues ... Bisoussssssssss
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