"En cas de victoire je le mérite, en cas de défaite, j'en ai besoin..." c'est ma devise, il était temps que vous fassiez connaissance. Je l'ai empruntée à Napoléon (l'empereur, pas le basset des Aristochats, andouille!). Pas comme cet empaffé de Churchill qui a prétendu l'avoir dit en premier ; j'en reste sans voix car la perfidie sans limite des Albionesques est de nature à nous laisser chaque jour sans voix. Toutefois aujourd'hui, je n'ai même pas le coeur à les haïr.
Moi qui ne donne jamais aux mendiants, j'ai ouvert mon porte-monnaie aujourd'hui à une femme sans retraite, sans mari (parti pour cause de radasse) et qui préfère taper les passants que ses enfants. Belle terreur que la mienne en me voyant sous les traits de cette femme bien mise et très digne, avec qui j'ai pleuré sur le parking du super U sans savoir si elle-même pleurait de reconnaissance d'être aidée, d'émotion d'être entendue, de honte ou de fatigue. En sortant de là, je ne savais plus moi-même si je devais rire de mon bonheur ou pleurer de son malheur, de peur pour plus tard et de la misère du monde. Vous ne voyez pas le rapport avec le Champagne ? Vous ne voyez pas le rapport avec un ingrédient de la vie qui sied aussi bien aux triomphes qu'au désespoir ? Si, là ça y est ?
Alors, oui j'ai acheté une bouteille de champagne. Et oui je la boirai ce soir dans mon appartement bien chaud en attendant l'homme que j'aime après avoir refermé derrière moi la porte d'un bureau où je suis très heureuse et bien rémunérée. C'est obscène mais je me dirai que s'il arrive malheur un jour j'aurai ce souvenir et cet âge d'or. Et je penserai très fort à cette femme en demandant à mon ange gardien de lui envoyer un petit coup de pouce.
jeudi 11 décembre 2008
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1 commentaire:
C'est beau, c'est toi. Merci.
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