Le prochain qui me la chante, celle-là, je l'empale au sommet d'une colline. Sur l'air de "tu fais une erreur stratégique", on vous confirme qu'on n'utilisera pas les nouveaux outils que vous proposez, qu'on ne déviera pas de son planning pour faire d'une pierre deux coups avec vous, qu'on ne fera pas un copier-coller que c'est vous qui rédigez dans la maison, qu'on a trouvé LA phrase qui permet de ne pas mener des tâches - qui doivent être faites de toute façon - à bien, ou de vous les balancer au museau, parce que c'est pas strictement compris dans la description de poste de votre interlocuteur.
Dans une multinationale, "ce n'est pas mon métier" appelle à tous les débats sur le sacro-saint organigramme, les disputes entre le support et l'opérationnel et, pour les aspects communication, sur le point de savoir si cette dernière relève de la Direction Commerciale (via le marketing) ou des Ressources Humaines (au moins pour la communication interne). Vous noterez que je n'ai pas introduit la communication en parlant de "métier" et encore moins de "mon métier". Ne me lancez pas là-dessus, vous savez que ça finit mal.
Dans une PME, "ce n'est pas mon métier" devrait à mon sens être employé avec la plus extrême prudence, car la phrase montre qu'on a atteint la limite de votre polyvalence acceptée. Il faudrait savoir aussi moins hésiter à poser cette limite, pour ne pas être envoyé sur toutes les missions dont personne ne veut... Mais notez que "toutes" les missions dont "personne" ne veut échouent rarement "toujours au même" dans les PME honnêtes. Ou alors il est urgent d'envoyer chier vos collègues.
Splendeur et misère de la polyvalence, qualité essentielle en PME. Croyez-moi. Monter des yourtes, vendanger ce n'est pas mon métier ; parler espagnol ou html, convertir des gallons en crores, ce n'est pas mon métier ; camionneuse et monteuse de stand, ce n'est pas mon métier ; standardiste, ce n'est pas mon métier ; emmerdeuse, ce n'est pas mon métier... Mais qu'est ce que je m'emmerderais sans tout ça !
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