mardi 20 janvier 2009

Il y a une bête...

Je vous ai déjà parlé de mes folles aventures à travers Pignan*, riante bourgade de la proche banlieue montpelliéraine. Je ne pensais pas vous en entretenir à nouveau si tôt. Mais l'actualité m'y contraint. Le cirque Idéal est à Pignan. Il n'a d'idéal que le nom. J'ai horreur du cirque. Les animaux y tournent en rond dans des cages carrées, les hommes s'y pavanent en habits de lumière élimés, il y fait trop froid l'hiver et trop chaud l'été, bref, je n'aime pas le cirque. Mais il me faut admettre qu'un petit cirque au coin de la rue, il n'y a rien de tel pour égayer Pignan et y réveiller un jour d'égarement ordinaire...
Visualisez la scène : à l'entrée de Pignan, j'hésite encore entre les trois seules directions possibles. L'une me mène à mon but, l'autre à la cave coopérative, la troisième au marché. Les deux dernières sont fléchées. Par un procédé d'élimination somme toute assez simple, je devrais être capable de finir par prendre à gauche, tout simplement et une fois pour toute sans faire mon Snoot... Et ben non, je prends tout droit. Bon, je passe devant la cave coopérative, je râle contre moi-même, même si au final ça me fait beaucoup rire et je reprends à gauche pour rejoindre mon itinéraire rêvé. Je dresse un petit plan de Pignan dans ma tête, je retrace dessus le chemin parcouru et place mentalement un petit drapeau rouge sur ma destination. Il faudra retourner à gauche à un moment ou à un autre... Que ce feu est long...
Devant la voiture, accroché au feu, je n'ai pas noté le poster qui indique que le cirque est en ville. Je n'ai pas noté non plus que les têtes qui dépassent du muret qui borde la route n'appartiennent pas qu'à des poneys, qu'il y a aussi des lamas, des alpacas, des vigognes et tout un tas d'autres rongeurs sud-américains juchés sur des corps de poneys. Celui que je finis pas noter du coin de l'oeil avant de me retourner et de pousser un grand cri, c'est lui.


Un zébu. Ben oui, naturellement, en plein Pignan. Un bébé-zébu, certes, mais un zébu malgré tout. J'ai cru mourir de peur. Il a beaucoup ri, comme vous pouvez le constater...

*...mais si, souvenez-vous, j'apparaissais sous les traits d'un rorqual commun... allez, si vous voulez un rappel, cliquez ici.

jeudi 8 janvier 2009

Il neige !

En ce mercredi 7 janvier (si! ne vous fiez pas au titre, fiez-vous à moi!), et depuis des semaines déjà, Paris est en proie à un temps glacial et connaît la neige. A Montpellier, elle vient d'arriver. Elle est tombée tout l'après-midi. Tout le monde est perdu. Le marquage au sol des routes est plus que jamais une approximation. Les automobilistes ont peur. Les piétons prient. Les vélos sont au garage. Demain, les écoles seront fermées. Du bureau, je vous envois cette petite vue depuis mon fauteuil de ministre pourri-gâté par la vie.

Et oui! C'est moi dans le reflet! Coucou! Vous avez vu comme mes cheveux ont poussé (hi-la-rante)?
En proie à de graves débats intérieurs sur mon avenir professionnel, j'en oublie que mon amoureux livre ce soir ses pizze sous la neige et que, décidément, pauvre petite fille riche, si tes chaussures en diamant sont si petites, mets des Moon Boots!!... Emmerdeuse!
Graves débats intérieurs sur mon avenir professionnel, donc, comme vous pouvez le voir. Nous sommes colère et doute. Car j'ai quinze jours pour choisir entre renforcer mon activité salariée dans un temps plein ou passer pigiste, ce qui me permettrait de lancer à côté une foultitude d'activités en indépendante. Plus de hiérarchie, plus d'horaires : mon chez moi et la route. Cela fait des années que je me tâte, que je recule pour mieux sauter sans jamais franchir le premier pas, celui qui coûte tant. Car oui, je suis une flippette doublée d'une incorrigible paresseuse... Et cela ne me paraît pas être un bon mix pour une profession libérale. D'où, encore plus peur. Mais serait-il temps d'y aller quand même ? D'enfiler mes Moon Boots et de partir à la conquête du vaste monde en laissant mes chaussures en diamant dans un bureau loin derrière ?


lundi 5 janvier 2009

Bonne année à tous !

Premier message pour un nouvel an tout 9 ! (c'est le calembour préféré de mon boss en ce moment, et j'aime beaucoup aussi)

Tous mes voeux à mes fidèles lecteurs, avec une spéciale dédicace à ces deux héros au fronton de mon panthéon masculin, j'ai nommé Fafane et Renaud. Je vous souhaite à tous une année en bonne santé et pleine de bonheur à ras bord, dans la vie et dans le verre.

Dernières nouvelles du front : j'ai à présent un appartement tout neuf et (presque) tout fini. Il n'y a plus que quelques finitions à peaufiner mais nous avons la peau très fine, le verbe haut et le geste leste. Et tout le confort moderne à présent. Ou presque. Notre salle de bains est une réussite parfaite, vous aurez des photos dès que j'aurai retrouvé mon appareil photo, enfoui quelque part, avec la moitié du reste de l'appartement, sous un tas de linge gargantuesque : vivement que nous ayons récupéré l'usage de notre machine à laver...

De grosses bises, donc, mais pas de billet d'humeur car il fait trop froid.

dimanche 14 décembre 2008

Nanou contre les betteraves

Elles sont quatre, étroitement ficelées, crues qu'elles n'en peuvent plus.

Toutes les semaines c'est un nouveau défi. Depuis que j'ai adhéré à la coopérative bio d'Aniane et que je reçois mes paniers hebdomadaires en direct, c'est "j'ai pas peur" tous les mardis. Pour la citadine aguerrie que je suis, amoureuse des beaux produits et des marchés bien tenus, c'est un ravissement de savoir à présent à quoi ressemble un céleri quand on le sort de terre. C'est fabuleux d'apprendre à laver les carottes qui s'agrippent à leur sol, la mâche qui rigole quand on la lâche, et le poireau qui garde tout son terreau (bien pénible, le poireau aussi)... Bref, j'adopte des attitudes culinaires aux antipodes de mes habitudes et ça me plaît beaucoup. Car dans l'ordre, j'adore :

- observer un arrêt circonspect devant un légume inconnu. J'ai quatre familles de référence : les oignons, les courges, les choux, les raves et les tubercules. A chaque famille correspond un type de cuisson et des épices de référence. Et quand on sèche, on mélange. Mon truc pour ne jamais me tromper quand j'ajoute une épice à un plat ? (ça vaut des milliards et des intégrales d'Audiard, ça!) Je garde en bouche une cuillérée de sauce/légume/viande/pasta et je hume l'épice. Quand le nez et la bouche se rencontrent, c'est le goût et vous sentirez si ça le fait ou pas immédiatement.
Pour les nouvelles venues, les betteraves, je n'ai toujours pas le début d'une idée de comment ça se cuit (car je crois que ça se cuit...) mais j'apprends et j'aime apprendre.

-respecter le rythme des saisons. En l'espèce, j'ai fini par accueillir mes betteraves du début avec un enthousiasme dont j'ignorais être seulement capable et surtout pour des betteraves... Oui, mais elles sont survenues après cinq semaines ininterrompues de BLETTES. J'en déduis que la saison des blettes est finie et que le challenge aussi : inventer toutes les semaines une nouvelle recette pour consommer un légume qui n'est quand même pas super-super sexy à la base... Une fois sorti du "revenu-braisé" et de la tarte quichée, on peine un peu et surtout on peine longtemps quand la saison se prolonge! Mais c'est un challenge et j'aime le challenge.

-manger bon et sain. D'ailleurs j'arrête de fumer. Na!

jeudi 11 décembre 2008

Une irrésistible envie de Champagne

"En cas de victoire je le mérite, en cas de défaite, j'en ai besoin..." c'est ma devise, il était temps que vous fassiez connaissance. Je l'ai empruntée à Napoléon (l'empereur, pas le basset des Aristochats, andouille!). Pas comme cet empaffé de Churchill qui a prétendu l'avoir dit en premier ; j'en reste sans voix car la perfidie sans limite des Albionesques est de nature à nous laisser chaque jour sans voix. Toutefois aujourd'hui, je n'ai même pas le coeur à les haïr.
Moi qui ne donne jamais aux mendiants, j'ai ouvert mon porte-monnaie aujourd'hui à une femme sans retraite, sans mari (parti pour cause de radasse) et qui préfère taper les passants que ses enfants. Belle terreur que la mienne en me voyant sous les traits de cette femme bien mise et très digne, avec qui j'ai pleuré sur le parking du super U sans savoir si elle-même pleurait de reconnaissance d'être aidée, d'émotion d'être entendue, de honte ou de fatigue. En sortant de là, je ne savais plus moi-même si je devais rire de mon bonheur ou pleurer de son malheur, de peur pour plus tard et de la misère du monde. Vous ne voyez pas le rapport avec le Champagne ? Vous ne voyez pas le rapport avec un ingrédient de la vie qui sied aussi bien aux triomphes qu'au désespoir ? Si, là ça y est ?
Alors, oui j'ai acheté une bouteille de champagne. Et oui je la boirai ce soir dans mon appartement bien chaud en attendant l'homme que j'aime après avoir refermé derrière moi la porte d'un bureau où je suis très heureuse et bien rémunérée. C'est obscène mais je me dirai que s'il arrive malheur un jour j'aurai ce souvenir et cet âge d'or. Et je penserai très fort à cette femme en demandant à mon ange gardien de lui envoyer un petit coup de pouce.

lundi 8 décembre 2008

Mon petit côté Ghandi...

Ah ! L'intense solitude des conférences de presse ! Où l'on se souvient que les écoles de journalisme servent aussi trop souvent de déversoir au rebut des autres formations, où on va quand on ne sait pas quoi faire d'autre, c'était ça ou du droit, mais "c'est fatiguant le droit, il faut tout apprendre par coeur". De fait, peu de milieux rassemblent comme la presse autant de gens sans culture, sans curiosité et sans goût pour l'écriture, l'information, la mise en perspective. En général, ces moutons noirs, dont on aimerait tant qu'ils soient bien l'exception, ne sont pas des spécialistes qui ont appris l'écriture (ceux là l'abordent avec prudence et respect), mais des scribouillards pour qui l'écriture est un acquis tandis que les matières qu'ils couvrent sont seulement prétexte à pisser de la ligne.

Pardonnez-moi, j'en sors. Les conférences de presse, ça me galvanise. Pas parce que ça m'inspire de beaux sujets mais parce que "ça me donne envie d'envoyer des mandales dans la tronche à tout ce qui remue" (ce n'est pas de moi et j'en suis fort marrie)... Quand je pense à tous les discours sur la précarité du métier de journalisme, métier de peu d'élus, sans sécurité, sans salariat... Et quand je vois les minables qui en vivent très confortablement rassemblés dans la cohorte habituelle au rendez-vous des déjeuners tout frais payés, j'ai envie de taper à la première réaction débile. Et ça vient vite.

Je suis une femme, taillée dans une baguette, épaisse comme trois feuilles de papier calque collées par un parfum luxueux mais jamais entêtant (un petit bisou à moi, ça mange pas de pain...). Et bien j'ai eu droit tout le déjeuner durant à la surveillance étroite d'Aldo La Morale, mon éminent collègue récemment nommé au vin dans son quotidien après avoir excellé dans la rubrique auto-moto (là, je mens, j'aimerais qu'Aldo fût un transfuge d'une autre spécialité, mais non, en plus, cet emmerdeur s'occupe de vin depuis des années mais craint encore plus le gendarme... à moins qu'il n'ait déjà perdu trop de points à désobéir, lui aussi). Car Aldo n'a pas manqué de souligner chacun des deux verres de vin que j'ai bus au cours du repas, en plus du premier qui me faisait dépasser la limite légale, en espérant, à voix haute et avec forces coups de coude alentours, que je ne prenais pas le volant ensuite. Excédée, je lui ai servi ma toute nouvelle réponse aux pisse-vinaigre, directement soufflée par mes amies les licornes : "Cela s'appelle de la désobéissance civique, mon cher ami. Triste avenir que celui du vin si ses chantres n'en boivent plus, vous ne croyez pas ? ".

Appelez ça un prétexte à la beuverie si vous y tenez, pendant et après le repas, je marche et bois beaucoup d'eau et en cas de contrôle, j'assume, c'est tout. Alors, les commentaires du cher Aldo... comment dire... je les lui... du moins, il peut se les... Attendez, je vais bien trouver une formule idoine... Disons qu'étant donné que je ne vis que pour son approbation, je lui laisse toute liberté d'imaginer ce que je fais de son avis.

mardi 2 décembre 2008

Live from Bordeaux it's Tuesday morning!!!!

Je suis à Vinitech, Bordeaux-Lac, Bordeaux, France. Vinitech, c'est le mondial des tracteurs et des levures, c'est aussi le royaume des hommes en manque de chenilles et des femmes à flatulences. J'ai eu du mal à trouver de l'enthousiasme à venir à Vinitech. Et pourtant... Merveilleux salons du monde du vin, aussi tracto-pelles fussent-ils, car à partir de 10h45, c'est champagne pour tout le monde... Des abrutis qui se prennent au sérieux, aux hommes qui ont bâti des fortunes sur le concept de l'eau dans la grappe et qui vous toisent, vous retournent, vous vérifient avant de parler tout court. Deuxième et troisième examen de passage à prévoir si vous voulez parler business. Ca arrive en général assez vite dans la conversation car ces gens-là n'ont pas de temps à perdre.
Moi je ne les rencontre que pour parler. Je les interviewe et je parle de leur boite. C'est fantastique car ils n'ont que des gentillesses à mon égard, du coup. J'avoue que je me présente sous le titre de journaliste avec une certaine gêne ici. Car dans ces salons, le journaliste fait son beurre sur ceux qui agissent et appliquent la maxime : ceux qui ne savent pas parlent (ou écrivent) et ceux qui savent, font. C'est forcément génant. Sauf quand on se retrouve aface à un abruti complet qui est le client de votre entreprise, qui en conclut que le client est roi et qu'il a tous les droits sur vous. Je sors d'un entretien pathétique avec un vrai gagneur : "Vous devez parler de cet ami à moi, son projet fait huit millions de CA par an. Donc c'est validé." Comment lui dire que c'est malgré tout de la merde et que le nombre d'entrées de Taxi ne me fait pas regarder Taxi ? Aucun d'entre eux ? J'y ai renoncé. On fait des cadeaux à nos clients pour Noël. Une intégrale s'impose...