mercredi 18 novembre 2009

Ami stagiaire : à faire et à ne pas faire

Ami stagiaire qui me rejoint dans ce joli bureau, je te vois venir. Ami stagiaire, il n'y a pas si longtemps, j'étais à ta place. J'ai fait les mêmes bourdes, connu les mêmes malaises, je ne savais pas trop où je créchais moi non plus à l'époque. Ah, les stagiaires ! Il y en a qu'on bénit, il y en a qu'on adopte, il y en a qu'on vomit... Chacun sa croix et son stage.

Le stagiaire mature, autonome et compétent
Mouahahahahaha!
Alors déjà il n'existe pas.
Mais si. Quand il existe, il a 38 ans, dix ans de boite ailleurs, dans un autre métier dont il a voulu changer. Il cerne vite les enjeux, les pour, les contre, ce qui marche et ce qui relève de la flûte. C'est une pierre précieuse.

Le stagiaire au dents qui raient...
le plancher, bien sûr, mais il ne s'arrête pas là. Même le sous-main de votre bureau n'est pas à l'abri.
Que c'est pénible un stagiaire qui affiche sans complexe sa certitude qu'il ferait votre boulot mieux que vous. Parfois c'est surtout pour cacher son manque de confiance en lui. Les complexes de supériorité servent parfois à cacher des complexes d'infériorité qui seraient pourtant beaucoup plus attachants.
Notez que je comprends ces stagiaires : j'ai été de ceux qui arrivent avant leur manager, qui repartent après lui et à qui ce dernier finit par dire "arrête ton zèle, tu mets tout le monde mal à l'aise!". De ces stagiaires qui rappellent aux salariés qu'ils ont un jour été passionnés par leur métier et qu'ils ne le sont plus (personne n'aime ça).
De ces stagiaires aussi qui pêchent par maladresse, par besoin d'affirmer que leur compétence n'attend point le nombre des années alors que si, mes petits. La compétence, comme l'expérience, ça s'acquiert, ça se patine au contact de la vraie vie. Et tout à votre envie de bien faire vous pouvez vous mettre irrémédiablement tout ce qui est né après vous à dos.
Dans ce registre, j'en ai un de toute beauté "Je suis sûr que je pourrai beaucoup vous apporter". Très bien ; n'ajoutez pas "parce que pour le moment on voit bien que vous n'avez pas de spécialiste comme moi dans la boîte". Surtout pas.
Et perdez cette irritante habitude de répondre "Je sais" quand on vous explique. Surtout quand on vous explique que vous avez fait une bêtise : à l'évidence vous ne saviez pas. Attention.

Le stagiaire qui cultive sa paume
Et quel terrain fertile! Baobab, saule pleureur et même une haie de cyprès pour vous accueillir. Celui-là commence par vous demander à quelle heure on mange, à quelle heure on part et si on part plus tôt le vendredi. A peine lui demandez-vous quelque chose qu'il carbure déjà pour trouver un moyen d'y couper. Tant que vous vous tenez à une liste de tâches simples dont vous pouvez vérifier ponctuellement l'avancée, tout va bien. Mais confiez-lui une tâche complexe pour laquelle il lui faut distinguer plusieurs chantiers et les hiérarchiser et vous le perdez dès que vous le lâchez. Il est déjà en train de pianoter comme un fou alors qu'il n'a rien à rédiger. Comme si ces abrutis de stagiaires croyaient que nous n'allons pas nous aussi sur msn ou ... alimenter un blog...
Et quand on lui demande ce qu'il fait, c'est tellement fatiguant de le voir lutter pour noyer des poissons plus gros que lui qu'on a envie de le renvoyer chez lui tout de suite, histoire de gagner du temps.

Parmi les cultivateurs de baobas, je recommande de distinguer l'incapable sans passion, sans culture et sans curiosité de l'incapable que le travail que vous proposez n'intéresse pas. Avec le premier, vous pouvez y aller sans pincettes et lui recommander de toute urgence un boulot de planqué, quel qu'il soit. De préférence un où il ne sera jamais en rapport avec qui que ce soit, car c'est une vraie nuisance. Pour le second, qui s'intéresse, voire se passionne, pour des thématiques qui n'ont rien à voir avec le métier que vous devez lui apprendre, il est de votre responsabilité d'être humain de lui dire qu'il sera plus heureux ailleurs. Et si possible de le guider pour exceller loin de vous. En le voyant se passionner, vous aurez même envie de garder le contact!

mercredi 21 octobre 2009

Décodons la Connasse

Vous en connaissez et j'en connais aussi. Ce ne sont pas forcément les mêmes, mais certaines font l'unanimité. Car la vraie Connasse est une espèce repérable. A se demander comment elle ne s'en rend pas compte elle-même. Quoique. La vraie Connasse sait, j'en suis sûre. Femmes qui me lisez, ne vous êtes-vous jamais dite "Ah, tiens ! Là, je suis en train de faire ma connasse !" ? Une fois de temps en temps, ça nous arrive à toutes. Ca ne fait pas de nous une vraie Connasse. La Connasse, c'est pour toute la vie. Mais on ne m'ôtera pas de l'idée que si je m'en rends compte quand ça m'arrive, la Connasse ne peut que savoir qu'elle le fait tout le temps.

Je viens de traiter avec une Connasse, amusante d'amateurisme. Elle m'a rappelé une Connasse de haute volée que j'ai trop connue. Les mêmes expressions. La même obsession de ne pas perdre la face et de faire porter au monde le poids de la haine de soi et de la jalousie des autres. D'une mauvaise foi hallucinante, elle vous culpabilise sur ses oublis et ses erreurs à elle. Quand, d'un ton enjoué parce qu'on ne va pas lui faire le plaisir de s'énerver, vous lui mettez sous le nez la preuve irréfutable de sa responsabilité, la Connasse ne vous accuse pas en frontal de mentir. Elle prend un air pénétré et glisse "C'est bizarre, je l'avais pourtant fait/dit/écrit". Une Connasse trouve beaucoup de choses bizarres, notez le. Et quand une connasse dit "c'est bizarre", vous pouvez traduire par "vous mentez", car elle ne suggère pas autre chose.

Pas plus qu'elle ne vous accuse ouvertement de mentir, la Connasse ne vous dit jamais qu'elle ne veut pas faire ce que vous lui demandez. La Connasse vous dit : "Je ne comprends pas". Sans que vous soyez réellement sûr qu'elle souhaite comprendre. En effet, en général cette réponse intervient alors que vous venez de tout expliquer. Comme vous aurez déjà exposé tous les arguments rationnels et réels, vous êtes démuni(e). Qu'êtes-vous censé expliquer de plus ? Rien. D'abord, résistez à la tentation de répondre "C'est que vous êtes débile", même si cela reste la seule explication rationnelle. Mais il ne s'agit pas d'être rationnelle. Admettez que c'est un nouveau faux-semblant et laissez tomber. Si vous êtes déjà escagacé(e), rien que cet effort peut vous épuiser. Tenez bon. Si vous en avez le coeur et si vous croyez encore au Père Noël, demandez "Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?". Vous n'aurez jamais de vraie réponse, seulement la confirmation qu'elle ne fera pas ce que vous lui demandez.

De la même façon, quand une Connasse rencontre un os et qu'elle demande "Pourquoi ?", ne traduisez pas naïvement que la Connasse cherche à identifier la source d'une erreur pour la réparer. Non. Une Connasse qui vous demande "Pourquoi telle chose n'a pas été faite comme je l'avais exigé ?" vous demande en réalité "Qui n'a pas obéi à mes ordres ?", elle se contrefout de la source de l'erreur, elle se contrefout de réparer l'erreur, elle doit déverser sa colère sur un coupable désigné et le pourrir. Parce qu'elle en a l'opportunité et qu'elle ne la laissera pas passer.

Dernier symptôme qui ne trompe pas : la Connasse ne dit jamais "merci". Pour "s'il vous plaît", elle peut y mettre du sien : au stade du "s'il-vous plaît", sa demande n'est pas encore satisfaite. Or la Connasse est prête à tous les reniements pour avoir ce qu'elle veut. Alors pourquoi pas un peu d'humanité ? Attention, cependant, ne vous méprenez pas, ce n'est pas de la politesse : le "s'il vous plaît" de la Connasse veut dire "et que ça saute" ou "regardez comme je suis bien élevée". Mais elle ne le dit jamais pour de vrai. Et de toute façon elle préfère les périphrases. Notamment pour vous faire faire ce que vous ne voulez pas faire. "Pourriez-vous avoir la gentillesse de...". C'est comme ça que la mienne a réussi a me faire lui faire du thé. Bon, pour finir elle n'a pas bu que du thé au cours de cette année et elle s'est bien habituée au combo lapsang souchong-sauce soja. Pourquoi ne pas avoir rivé le clou alors qu'elle m'avait fourni la parade ? Je me le demande encore. Quel pied c'eût été de répondre simplement "Je ne comprends pas"... Il n'est pas trop tard, d'autres occasions se présenteront. D'autres Connasses. Je les attends. A Connasse, connasse et demie.

jeudi 8 octobre 2009

Elvis ate America...

Zoyeux zanniversaire Moa!!!!

Bon, le moral est au beau fixe. Nous avons beaucoup ri, bien mangé et raisonnablement bu, mes collaborateurs ont fêté avec moi mon entrée dans ma 34ème année (sa mèèèère, on peut le dire!).

Mais ma vraie joie c'est de retrouver Elvis, chauffeur de son état, napolitain de naissance, de coeur et de tout (car on ne saurait être autrement napolitain ; ce qui marche à Paris et à New York ne marche pas forcément ailleurs, surtout à Naples... Capisci ?).

Elvis et moi ne parlons pas une seule langue qui nous soit commune. Mais Elvis et moi sommes devenus très amis à Naples par amour pour la mode et un certain nombre de groupes de musique. Rien de si coquin, les amis, seulement Elvis est un gars beau et bien comme l'Italie en fait encore. De ceux qui prient, portent le chapeau et se découvrent. Un art qui se perd.

Elvis fait aujourd'hui partie de mes amis sur Facebook. Elvis m'a retrouvée, je ne sais pas comment. Mais je compte un King parmi mes amis. Et tout le monde ne peut pas en dire autant!


Thanks, Elvis, you made my day !
Hi hi hi! Y'a pas à dire, le 8 octobre, c'est quand même un jour à part !

Bisous à tous

mercredi 7 octobre 2009

Votre mission, Mr Oz : croître et embellir

Et il s'y attèle. Voyez le matou. Il s'harmonise déjà parfaitement à notre intérieur avec son beau pelage de nuit sans lune, liseré de blanc au bord du cou.

Autant vous le dire, il est invivable, alternant "mode folie" et "mode sommeil sans retour" sans vraie transition. Ca fait parfois "BOUM". Vraiment. Et quand je rentre il a en général usé son quota de mode sommeil en mon absence... A moi les joies des galopades après la ceinture du peignoir. J'ai renoncé aux chaussures à lacets et à détacher mes cheveux en intérieur...

Oz n'est pas très câlin, mais c'est un vrai gentil, alors il parait que les câlins viendront... Premières ébauches de tendresse : il a compris le fonctionnement et le principe du réveil matin. Il prend le relai avec petits coups de nez et toilette des yeux en règle. Bref, on apprend à se connaître.


Et il a déjà de saines lectures ! Sempre en daban, chaton !

lundi 14 septembre 2009

J'ai quelqu'un à vous présenter...


Il s'appelle Oz, Ozzy, Osiris. Nous sommes allés le voir plusieurs fois depuis sa naissance, nous avons voulu être sûrs qu'il n'était pas trop tôt pour l'emmener avec nous. Hier il est arrivé... et je suis gaga!

mardi 25 août 2009

Les vendanges ont commencé !

... Depuis une quinzaine de jours pour les terroirs et les cépages les plus précoces ! Pourquoi parler au pluriel alors que je parles de Rivesaltes (home sweet home) et du muscat ("quand je serai grand je veux être comme Muscator", un jour de je vous parlerai de Muscator, le héros très incorrect des bals de village sur la place du Foyer Rural). Or, surprise, toute à ma quête d'une pause bienvenue dans une journée de travail bien chargée, j'ai trouvé cette blague sur le site pourtant généraliste de blagues.com ou je ne sais quoi. On remet donc ça avec les blagues professionnelles !

Cela se passe en France dans la région alsacienne, par manque de main d’œuvre les vignerons ont engagé des étrangers pour les vendanges et parmi eux un Africain surnommé Janvier qui parle peu le français.
Après la première journée, la dame du vigneron inquiète demande donc à Janvier comment cela s’est passé.
- Oh très bien madame; il y a une bonne ambiance et aujourd’hui nous avons coupé la riesling.
- Mais non on ne dit pas LA riesling, mais LE riesling.
- Ah bon ? J'ai fait une erreur sur le.
La seconde journée de nouveau la dame lui demande donc comment la journée s’est-elle passée :
- Oh très bien madame, l’ambiance est très bonne malgré le travail dur, je me plais bien, les copains sont chouettes aujourd’hui nous avons coupé la Gewurztraminer.
- Mais non Janvier, on dit LE Gewurztraminer et pas LA Gewurztraminer.

Le lendemain janvier est absent au départ du matin et la dame du vigneron est donc très inquiète pour lui, mais vers 10 heures, elle rencontre Janvier, assis sur le banc près de l’église et elle l’interroge :
- Mais Janvier pourquoi n’es-tu pas venu au travail aujourd’hui ?
- Oh non madame, car aujourd’hui mes copains ont dit qu’ils coupaient LE pinot noir ! J'ai eu peur qu'ils se soient trompés eux aussi !


Adorable, s'pas ?

jeudi 20 août 2009

"Allez, à poil là-dedans!"

Ce n'est pas de moi, c'est du Schmoll heureux dans le pré... Mais si, souvenez-vous!


Vous n'avez pas pu oublier... Non, ce n'est pas au moment du film qui est sur la photo, car à ce moment du film, Schmoll sort une réplique autrement plus inoubliable et qui me donne des regrets de n'être point née homme pour pouvoir la sortir à tout bout de champ! "Depuis des années tu me regardes d'un air de dire ... " Je vous laisse retrouver la suite !

Tout ça pour dire qu'on gambaderait bien tout nu par les canicules qui sévissent (je vous laisse chercher un peu la contrepétrie, des fois qu'il y en ait une...*). Et sévissent sévère, je vous prie de me croire : au bureau, la clim à fond, l'impression de sortir de l'avion à Dakar chaque fois qu'on prend la porte (20° secs dans le bureau, 34° lourds dans le couloir...) et impossible d'improviser un déplacement sans voiture climatisée; à la maison, Chéri reste au frais, toutes fenêtres fermées, et émerge le soir venu, façon oiseau de nuit, d'un flambant "trop chaud, vivement novembre!" Et je l'envie... Pas de malheur, pas de tristesse, il fait beau et je sais que pour ma part, je haïrai encore novembre, comme tous les ans, d'ici environ trois mois... Mais là c'est vrai qu'il fait chaud.

*to counterpete or not to counterpete, that is the question (poor Pete..)