mercredi 10 juin 2009

A cheval !


Enfin!
Ma balade à cheval, au pied du Pic Saint-Loup : avant même de poser mes valises à Montpellier, je me l'étais promise... Or, vingt et un mois plus tard, le constat est accablant :

Las!
Dans l'oeil du tourbillon de mes nouvelles fonctions, de mes nouvelles amours, de mes nouvelles pénates, j'ai repoussé vingt et un mois durant la tentation de la canassonerie.

Enfin!
Ce week end, je chausse mes bottes et mon jodhpur (traduisez "mes vieilles tennis et mon jean préféré", j'ai mes snobismes et vous avez les vôtres, restons bons amis ! ). Puis je me coiffe d'une bombe et me voici bientôt en selle.
Ma monture, Latifah, une petite reine de sang mélé de mérens et de pur sang arabe. A l'arrivée de la somme, demi-trait + course = un petit bolide au pied sûr. La belle et moi nous sommes fait bien plaisir avec force grands galops sur les chemins caillouteux du piémont de Saint-Loup. Chute interdite, il s'entend! Et comme vous pouvez le voir en photo nous avons même pris le temps de brillantes conversations rien que toutes les deux...

Bonheur!
Je n'ai plus peur à cheval. C'est une grande nouveauté car j'ai monté en club durant un certain nombre de mes jeunes années sans jamais parvenir à faire taire l'angoisse qui me gâchait le plaisir toutes les semaines. Ponctuellement, pas la suite, j'ai eu l'occasion de monter à nouveau à cheval pour des ballades improvisées qui se sont toujours bien passées. Aujourd'hui je n'ai plus peur, du coup je monte mieux et j'en profite pleinement. Elle est pas belle, la vie ?

mardi 26 mai 2009

Pauvre malade!!!!!!!!!!!



Rhââââ... ^^...

A la fois névropathe et psychotique, je partage avec Pierre D. une passion intense pour les droites bien parallèles. Spéciale dédicace à ma Léo, qui a vécu en Allemagne et qui connaît les machines à pain, mais qui surtout partage avec moi le secret des orgasmes jusqu'à 12 (si vous pensez à "Les infirmières font le 12", il est temps de lâcher le câble, vous n'y êtes pas).

Les machines à pain sont nos amies, en particulier quand on peut y lire, comme un miracle, comme un cadeau du ciel et du dieu de la levure en sachets, qu'il reste 1h11 avant l'arrivée du pain tout chaud... Arrétez de penser à des cochonneries, ça suffit maintenant !

lundi 18 mai 2009

Ah les beaux jours !

Mon Aimé et moi-même revenons d'un périple qui nous mené aux environs de Privas (07). Pensez à prononcer "Priva". Sans quoi vous passerez immanquablement pour d'implacables héraultais, intégristes de Pézénas et Palavas. Je suis donc officiellement héraultaise, ma diction confirme le libellé de mes taxes foncières. Youpi.
Ah, l'Ardèche ! Deux jours pleins à l'air libre, en pleine nature, dans un univers aimant, c'est un formidable chargeur pour mes batteries un peu poussives ces derniers temps. Active chasse à la girolle, saucisson, picodon et un merveilleux saint-joseph 2005 de la cave de Tain, course au milieu des fleurs des champs, rien n'a manqué. J'ai pris des photos je vous montre ça demain !

mercredi 15 avril 2009

Corto forever

Peut-être que dans dix jours je vous dirai tout le contraire. Peut être que je craquerai pour un petit minet tout neuf et tout rose du nez. Mais mon vieux matou, croyez-moi, j'ai du mal à y renoncer. Depuis neuf ans, j'appartiens à un chat tout à fait unique. Comme tous les chats, me direz-vous, et je ne pourrai que convenir.

Il est né l'année des R. Or il répond (rarement et avec agacement) au doux nom de Corto. Parce qu'il a un court moignon de queue, qu'il est petit et râblé et parce qu'il a le sens inné de l'escapade sous les couscoussiers en fleurs que lui envieront tous les vrais fils de putain maltaise.

Il ne craint rien mais il a peur de tout. Comme tous les chats, me direz-vous. Sauf qu'il met des mandales à un labrador qui fait dix fois son poids et mange dans son écuelle quand nous n'y pourrions pas toucher. Corto sait quand je suis triste (cela arrive) et quand je lui appartiens (tout le temps). Quand Corto a faim, Corto réclame et on le nourrit. Quand Corto veut son fauteuil, Corto réclame et on se lève. Corto a plié à sa volonté une famille qui m'a répété "tu as demandé : tu as réclamé. Tu ne l'auras pas". Corto, c'est mon adolescence. C'est réaliser qu'un petit peut devenir chef à deux conditions : n'en pas douter pour ignorer la peur et avoir assez mauvais caractère pour ignorer la vergogne.

Corto m'a appris que le bonheur c'est simple comme un coup de patte. Ca se miaule, se râle, se ronronne et se déguste en passant la patte derrière l'oreille.

Quand j'ai présenté Corto à mon nouvel appartement, il m'a demandé où se trouvaient l'étage, le jardin et le chien. Quand Corto a voulu passer sa première nuit avec moi dans le nouvel appartement, on lui a dit que le lit lui était interdit. Il a répondu à ces provocations avec une dignité outragée dont il a le secret, mais qui ne nous a épargné aucune mesquinerie (l'attaque aux pieds en pleine nuit est un classique du chat). Je n'ai donc pas gardé Corto avec nous. Pour autant, j'aurais l'impression de trahir le seul être qui m'ait aimée sans rien en attendre et que j'ai aimé sans rien en attendre, le seul avec qui j'ai appris l'amour et le bonheur tout égoïsme et sans dépendance.

Au jeu du bonheur les chats sont nos maîtres et Corto les éclate tous!

mercredi 18 mars 2009

Ah si !

A ma gauche, Bono, le seul, l'unique, l'amour de ma vie et celui de tant d'autres, distingué pour la paix par un collège suédois, pourfendeur des dettes du Tiers Monde et chasseur de cauchemars jusque dans les miens. Fan absolue, je n'ai jamais assisté à un concert de U2 : je n'ai jamais pu le partager avec une foule... (tarée, mégalo, oui bon, il va falloir trouver mieux, on se répète).

A ma droite, Pierre D., son univers griffu et l'intelligence de sa haine ordinaire, du calembour vaseux au douzième degré, ses expressions, ses adverbes, ses valeurs aussi (Audiard, Vialatte et Saint-Emilion, voilà ce que j'appelle une sainte trinité!)... Cet homme a parachevé mon cursus universitaire, ma formation d'honnête homme (et ne le/me/nous lancez pas sur les femmes honnêtes !)

Soyez objectifs.


Non ?

Y'a quelque chose, vous ne trouvez pas ? Dans le nez et la bouche. Le front aussi. Les oreilles pas du tout, je suis d'accord. Et qui d'autre mêle grand nez aquilin, émotion à fleur de peau et humour massacrant ? En toute modestie comme d'habitude ?...

Moralité : pourquoi rencontrer ses héros quand on sait qu'un jour on fera des enfants qui leur ressemblent ?

jeudi 12 mars 2009

Ah les gnères !

Vieilles peaux! A-t-on idée de faciliter ainsi le transit intestinal de la terre en tiers (une part pour moi, une part pour mon chat, une part pour les cons et là c'est ma pomme qu'on escagoince) dès le point du jour ? Incident dans la ruelle que surplombe la fenêtre de mon bureau : le stationnement y est impossible après 9h tant le bâtiment abrite de bureaux et ses alentours peu de parkings, or ce matin Zizi Genette, Odette Michu et Jacqueline Berlingue ont décidé de mettre de l'ordre.

Ah l'inutilité de ces dames amères et sans amour ! Quelle peur panique de mes vieux jours s'empare de moi à leur seule vue ! Que leurs odeurs et leurs haleines me révulsent ! Ajoutez-y une crise d'autorité où elles vous ordonnent de déplacer votre Audi bleue séance tenante, sans vous laisser en placer une et vous avez tout ce que j'aime. Car, vous pouvez les croire, vous n'y couperez pas. Vous ne vous en sortirez pas comme ça. Et n'essayez pas de les faire passer pour des hystériques, si elles crient chez vous c'est leur droit, elles sont chez elles et vous, qui êtes-vous ?

Dans l'entrée de nos bureaux, elles pestent et gesticulent. Leur mise porte les stigmates indélébiles d'une fidélité sans faille à la rayonne contractée dans les années 50. Elles sont jupées de laines, blousées à hurler dans les champs et giletées-tricotées comme des concierges un soir de bal des pompiers (t'inquiète de ce que ça dit et écoute si ça sonne, andouille). Et toutes colère. Leurs voix éraillées disent leur soif de justice. Votre voiture, cette Audi, est garée contre un mur, elle n'obstrue nullement le passage, elle ne gène aucune manoeuvre, mais aujourd'hui personne ne se gare ici parce que le panneau le répète tous les jours, malgré la constance des salariés qui se garent là quand même, faute de mieux, mais sans géner personne, notez bien.

Aujourd'hui, Zizi, Odette et Jacqueline ont jugé que les bornes étaient franchies et qu'il n'y avait plus de limites. Tout à leur propre dévouement à cette noble entreprise, elles n'ont pas noté qu'elles ont copieusement insulté toute une équipe qui ne compte aucun propriétaire d'Audi. Les vieux sont parfois étourdis. Elles sont ensuite retournées chanter la sérénade à trois voix dans l'allée, près du bolide allemand qui est toujours là en cette fin d'après-midi. Tout ça pour ça et sous mes fenêtres. Ah les gnères !

lundi 9 mars 2009

La te-hon du lundi matin

Il n'est pas 10h en ce lundi qui me nargue. Humeur de chien, un boss d'une humeur de chien, une connexion internet d'une humeur de chien qui nous pète à la figure toutes les trente secondes. Desespérée car fataliste, je me résigne à écrire un petit mot à un mien ami avec qui je partage une passion sans borne pour les délires de Michel A. et de Frédéric D. Nos conversations sont en réalité de grands champs de citations où nous nous ébattons joyeusement à coup de "moi, tu me connais" et de "si je lui tends la main ça sera pour lui mettre dans la gueule; ça la redressera, c'te salope".

En proie à cette matinée ennemie, je m'empresse de lui virguler une citation retrouvée ce week end à la faveur d'un après-midi de farniente, le San-A à la main :

"Mon Dabe,
j'y adresse, n'oublie pas la parole du sage : "faut pas confondre blennoragie et première communion, c'est pas le même cierge qui coule" Gros bisous, ta Pauline".

Mauvais goût, mon bonjour au cureton, tout y était. Un doute furieux m'assaille cependant au moment d'envoyer ma bafouille : je sais le Dabe intransigeant sur l'orthographe, les virgules et les sept croûtes du cassoulet. Je m'en voudrais de lui faire subir une blenno mal épelée. Question de signature, tu me connais. Je vérifie donc "blennoragie" dans un moteur de recherche à double O. L'orthographe est bonne mais pas la connection, qui plante, qui hurle, qui appelle notre technicien informatique de choc, ce dernier se rue sur mon ordi, je n'ai pas le temps d'effacer ma recherche et quand il obtient la reconnexion du biniou, la blennoragie est elle aussi de retour, triomphale, en grosses lettres, purulente de bonheur sur mon écran blanc-bleu sous le regard attendri de notre connecteur en cape. Salope. L'autre, ni une ni deux, explose de rire avant de se contenir et de m'adresser un regard contrit. J'avais le choix entre accuser une amie et avouer mes penchants machistes. J'ai choisi. Tout le monde a adoré la citation. Mais ils m'appellent tous Béru maintenant.