Tous mes ordinateurs s'appellent Peter. Oui. Peter l'Ordinateur. Un jour peut-être je vous raconterai mon petit peuple de fauteuils, de cafetière et d'écumoire tous vivants.
En attendant, Peter est là devant moi, son calme olympien ne fait qu'attiser ma haine de lui. J'ai ripé sur "fermer la fenêtre" au lieu de seulement la réduire. Sans sauvegarder. Je travaillais depuis deux heures sur un dossier des plus fastidieux. Je l'ai dans l'os. C'est tout. C'est ça le drame de Peter: son inflexibilité, qui échappe aux notions de méchanceté et de gentillesse, par-delà Bien et Mal (petit clin d'oeil à Friedrich, ça va, couille d'Ubermensch?). Mais si je le traite de primaire, il me répond que je n'utilise que 6 % de ses capacités et me demande qui est la plus primaire des deux... A partir de maintenant je le traite de binaire, au moins, il ferme sa mouille.
Là, je ne vous le cache pas, il se marre bien de ma bourdasse. Il sait que je ne peux m'en prendre qu'à moi. Il sait que ma mauvaise foi est ma seule planche de salut face à ma faible estime de moi couvrant mon égo sur-dimensionné. Traduisez: pour ne pas regarder en face la gourde que je suis, je vais trouver un moyen de tout lui mettre sur le dos. Bêtement mais avec tout l'aplomb du monde. Comme font les lâches.
Or, à lâcheté, lâcheté et demie : je ne peux pas m'en prendre à Peter, lui-même. Non ! Il faut remonter plus loin ! Suivre le fil ! Je n'ai pas été la victime isolée d'un ordinateur idiot, mais l'un des nombreux sacrifiés sur l'autel du progrès et du profit, dans un temple érigé par le plus grand coupable du plus grand nombre de maux attribués à un être humain ou à une mécanique infernale, j'ai nommé: Bill Gates!
Donc, pour illustrer l'infâme plantage dont j'ai été la malheureuse victime innocente et qui a réduit à néant des heures de travail acharné malgré toutes mes précautions de sauvegarde, je vous présente un petit dicton qui me paraît fort à propos, tout droit sorti de la planète Geek 12 :
"Si Microsoft inventait un truc qui plante pas, ce serait un clou"
PS : j'ai pris des cours accélérés pour maîtriser la mauvaise foi au plus vite lors de mon entrée dans la vie professionnelle. C'est venu tout seul, comme vous pouvez le lire, on arrive très vite à une pratique courante de ce langage au départ rebutant, faute de la plus petite trace d'honnêteté, intellectuelle ou tout court. Le tout est de la parler couramment sans la confondre une seule seconde avec sa langue maternelle. Car n'oubliez pas : la mauvaise foi, ce n'est pas une langue, c'est de la flûte !
mercredi 12 novembre 2008
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1 commentaire:
Je pourrais bien sûr te dire à quel point tout ça est injuste, qu'à l'inverse tes mots, eux, sonnent justes. Mais finalement je te dirais qu'une seule chose ... Achète toi un mac. Parce que "Si ton mac plante c'est parce que c'est un PC"
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