Le chômage n'est jamais une bonne affaire. Je me souviens pourtant de cette jeune femme qui m'expliquait ainsi son schéma de vie, devant ses deux filles âgées de quatorze et seize ans à l'époque : "Quand je trouve un boulot, j'y reste le temps d'être éligible aux assurances chomages. Ensuite je me mets en arrêt maladie et j'y reste jusqu'à ce qu'on me licencie. Je profite alors de dix-huit mois d'allocations. Et je recommence."
La réforme de l'assurance chômage qui se prépare est-elle de nature à modifier le mode de vie de cette jeune femme ? La droite peut-elle réduire la gauche à un syndicat de défense de ce type de comportements ? Les arguments de la gauche doivent-ils laisser croire qu'elle l'est ?
Le projet proposé :
- la définition d'offres valables d'emploi (les critères qui fâchent : jusqu'à 30 % de salaire en moins que le précédent poste pour un travail situé à maximum une heure de transport du domicile).
- pendant les six premiers mois d'inactivité, on vous laisse tranquille, c'est vous qui cherchez.
- puis l'ANPE (avec les délais de réactivité fantastiques qu'on lui connaît, rajoutez-vous quelques mois de recherche par vous-même sans trop vous faire de bile), vous propose un, puis deux, puis trois offres valables (vous avez défini votre profil, vos compétences, vos aspirations; il reste le salaire inférieur de 30 % max à celui de votre précédent emploi pour un job à une heure de trajet de chez vous qui vous pend au nez... notez que, si vous n'avez pas trouvé en six mois et que l'ANPE fait mieux que vous, il faut se poser des questions...).
J'ai été au chomage plusieurs fois, jamais plus de trois mois et j'avoue que ça ne me paraît pas choquant comme dispositif. Je crains d'avoir remis la barre à droite. Peut-être pas par adhésion mais par réaction. Réaction à la traduction du dispositif ci-dessus évoqué par un de mes collaborateurs, ségolèniste patenté :
"La réforme du chômage de Sarko c'est qu'on te propose trois boulots même à une heure de chez toi, même au SMIC -30 %, même sans rien à voir avec tes compétences, tu dois en accepter un sinon t'as plus droit au chômage."
Ouïe, ouïe, ouïe...
Pour revenir à mon aventurière du premier paragraphe, je crains qu'aucune loi ne lui fasse changer sa façon de voir la vie et ses sources de revenus. Ce n'est pas le rôle du législateur. Le rôle du législateur c'est de protéger la collectivité contre ce genre d'abus. C'est de faire en sorte que les 25 % de mon salaire qui partent alimenter les différentes assurances sociales ne soient pas pompés par les dévieurs permanents du système au point que les transitoires dans mon genre, qui ont recours aux assurances chômages deux mois tous les trois ans, ne soient pas moins bien soutenus au moment de remettre le pied à l'étrier.
Mais attention, le rôle du législateur n'est pas non plus de pousser les salariés sur la voie de la régression. Lui d'ordinaire si favorable à ce statut qu'on peut fliquer fiscalement (tellement mieux que les indépendants), il pose une limite dans la réduction de salaire qui me fait froid dans le dos à moi aussi. Comment être motivé avec 30 % de salaire en moins ? Surtout pour un salaire déjà moyen, voire bas. Comment réduire davantage l'intérêt pour le travail ? Comment présenter des salariés moins motivés aux chefs d'entreprise ? Comment croire encore en l'ascension sociale ?
Et puisqu'on en est là, digressons sur l'ascension sociale : comment se pardonner de n'avoir pas fait médecine, comme Papa ? La vraie question devient alors "c'est quoi réussir sa vie ?". L'argent ? La célébrité ? La considération sociale ? L'amour ? Comme me l'a répété un ami ce matin : "L'amour, bien sûr. Mais sous les ponts, l'hiver, ça le fait moins quand même."
lundi 14 avril 2008
lundi 7 avril 2008
Lundi 7 avril 2008 : Pas la moindre...
"On peut parfaitement vivre sans la moindre espèce de culture" disait mon cher et tendre amour, Pierre D. Il faut être vachement cultivé pour affirmer un truc pareil. Car, vous avez remarqué, moins on en a, plus on l'étale... C'est donc qu'il doit être très difficile, en réalité, de vivre sans la moindre espèce de culture. Que dis-je, de survivre, et avec quelle agressivité...
Les gens sans culture, il s'en croise des fourgons entiers. A ne pas confondre avec ces gens qui se disent sans culture mais qui savent encore les animaux malades de la peste et qui vous confient soudain leur passion pour les portraits de Fabre ou les bronzes de Pompon... en pleins résultats de la Nouvelle Star Académy!! On peut toujours espérer la surprise en matière de culture.
Sauf chez les petits coqs. Mais, si, les petits coqs. Les merdeux, les petits cons, les crétins qui se croient beaux. Les connards qui ont décidé qu'ils allaient vous apprendre la vie. Parfois ce sont des connasses. Mais dans mon milieu professionel essentiellement masculin et viscéralement machiste, ce sont majoritairement des connards. Vous n'aviez pas encore remarqué que j'adore les adverbes ? Bien, ça, c'est fait.
On reconnaît le médiocre à sa véhémence à vous montrer qu'il a raison à n'importe quel prix. J'appelle "médiocres" les gens sans culture parce que sans curiosité. Je ne suis pas un puits de science et, au beau milieu de mon intense amour de moi-même, je trouve encore la force de n'avoir pas la prétention de l'être. Remarquable, non ? Car nous autres, gens de culture, avons en commun cette humilité face à ce qu'on ne sait pas et la curiosité d'en apprendre plus. Les petits coqs présentent la démoniaque particularité d'être démunis de ces deux qualités. Et l'assommant besoin d'en mettre plein la vue, en particulier lorsqu'il s'agit de ne pas reconnaître qu'ils ne savent pas. Ils sont chinois dans leur rage de ne pas perdre la face. Et carrément huns dans leur volonté de vous écrabouiller de leur peu de science. Mais n'est pas Attila qui veut.
Mon apprenti Attila du jour s'appelle Cyprien. Un prénom dont la douceur ment. J'ai tout de suite flairé chez lui le coquelet de batterie. Il est chez nous pour participer au développement d'un de nos supports. Il doit relire notre lettre électronique et notamment mon edito. Je n'aime pas qu'on relise mon edito. Je suis humble et curieuse, certes, mais je suis aussi SUSCEPTIBLE.
Je veux savoir si je me suis trompée sur Cyprien. Je lui tends un piège infâme. Je signale dans mon édito qu'un "débat sourd sur la légalité de l'information sur la dive bouteille". Depuis la loi Evin il est en effet de plus en plus difficile de parler pinard jusque sur le net. En employant la troisième personne du singulier du très inusité verbe "sourdre", j'ai tendu un vilain piège à Cyprien car je me doute qu'il tiquera sur ce mot qu'il ne connaît pas et qu'il déduira de son ignorance qu'elle ne peut venir que d'une erreur de ma part. Et qu'il ne vérifiera même pas. Et ça marche. Trois clics plus loin, la réponse de Cyprien me parvient. Il note trois corrections à effectuer dans les plus brefs délais. TROIS? Oui, car en ouverture de mon edito, j'ai laissé passer "les occasions de d'ouvrir"... Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon... Il fallait que le reste de l'edito soit irréprochable pour pouvoir faire une réponse méprisante... Nous voila en match nul!! Mais non... il dit "trois" corrections... La deuxième concerne "sourdre", ça ne loupe pas. Il ne sait pas ce que c'est, c'est donc incorrect. Mais là où il dépasse mes espoirs, c'est pour la "dive bouteille" qu'il range également parmi les erreurs. Je lui soigne donc la réponse qui suit.
Bonjour Cyprien et un grand merci de votre attention pour l’édito de [la lettre]. J’ai bien corrigé la faute de frappe « de d’ouvrir » et vous remercie beaucoup de nous l’avoir signalée. En revanche « sourd » est bien la troisième personne du verbe « sourdre » au présent de l’indicatif. Quant à « la dive bouteille », cette expression vient d’un traité de Rabelais du même nom. Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous remercie encore de votre vigilance.Cordialement,
Classieux tout de même ? Bon alors leçon numéro 2, puisqu'on sait que le petit con est, par essence, dépourvu d'humilité et ne craindra pas de braver le ridicule pour avoir l'air de ne pas perdre la face, pourquoi continuer à espérer qu'il admettra avoir eu tort ? Cyprien m'en fournit une illustration d'une perfection irréelle.
Bonjour,
Pas de pb pour les fautes de frappe, et pour le même prix je vous en signale même qui n’en sont pas !! Donc profitez-en !
J’ai appris un nouveau terme aujourd’hui : sourdre = jaillir d’après mon dico en ligne. Et pour la dive bouteille je me doutais qu’il y a avait quelque chose ayant déjà entendu l’expression quelque part… J’ai lu le court passage dans le cinquième livre !
Mes excuses pour ces mauvaises compréhensions, je pense ne pas être le seul, ou alors c’est mon manque d’expérience de vos éditos !
J'ai félicité Cyprien de prendre ainsi sa culture en main (faut pas pousser) mais n'ai pas davantage relevé. Une réponse sans rien à voir et blessante pour le plaisir devrait me parvenir sous sept minutes trente. Il faudra alors trouver la force de ne pas répondre. De ne pas se laisser gagner par le petit-coquisme primaire et viscéral. Par manque de testostérone en vadrouille. Fort heureusement, j'ai sur Cyprien un avantage considérable en la matière : quand un connard veut me faire jouer au plus con, je me régale de le laisser gagner.
Les gens sans culture, il s'en croise des fourgons entiers. A ne pas confondre avec ces gens qui se disent sans culture mais qui savent encore les animaux malades de la peste et qui vous confient soudain leur passion pour les portraits de Fabre ou les bronzes de Pompon... en pleins résultats de la Nouvelle Star Académy!! On peut toujours espérer la surprise en matière de culture.
Sauf chez les petits coqs. Mais, si, les petits coqs. Les merdeux, les petits cons, les crétins qui se croient beaux. Les connards qui ont décidé qu'ils allaient vous apprendre la vie. Parfois ce sont des connasses. Mais dans mon milieu professionel essentiellement masculin et viscéralement machiste, ce sont majoritairement des connards. Vous n'aviez pas encore remarqué que j'adore les adverbes ? Bien, ça, c'est fait.
On reconnaît le médiocre à sa véhémence à vous montrer qu'il a raison à n'importe quel prix. J'appelle "médiocres" les gens sans culture parce que sans curiosité. Je ne suis pas un puits de science et, au beau milieu de mon intense amour de moi-même, je trouve encore la force de n'avoir pas la prétention de l'être. Remarquable, non ? Car nous autres, gens de culture, avons en commun cette humilité face à ce qu'on ne sait pas et la curiosité d'en apprendre plus. Les petits coqs présentent la démoniaque particularité d'être démunis de ces deux qualités. Et l'assommant besoin d'en mettre plein la vue, en particulier lorsqu'il s'agit de ne pas reconnaître qu'ils ne savent pas. Ils sont chinois dans leur rage de ne pas perdre la face. Et carrément huns dans leur volonté de vous écrabouiller de leur peu de science. Mais n'est pas Attila qui veut.
Mon apprenti Attila du jour s'appelle Cyprien. Un prénom dont la douceur ment. J'ai tout de suite flairé chez lui le coquelet de batterie. Il est chez nous pour participer au développement d'un de nos supports. Il doit relire notre lettre électronique et notamment mon edito. Je n'aime pas qu'on relise mon edito. Je suis humble et curieuse, certes, mais je suis aussi SUSCEPTIBLE.
Je veux savoir si je me suis trompée sur Cyprien. Je lui tends un piège infâme. Je signale dans mon édito qu'un "débat sourd sur la légalité de l'information sur la dive bouteille". Depuis la loi Evin il est en effet de plus en plus difficile de parler pinard jusque sur le net. En employant la troisième personne du singulier du très inusité verbe "sourdre", j'ai tendu un vilain piège à Cyprien car je me doute qu'il tiquera sur ce mot qu'il ne connaît pas et qu'il déduira de son ignorance qu'elle ne peut venir que d'une erreur de ma part. Et qu'il ne vérifiera même pas. Et ça marche. Trois clics plus loin, la réponse de Cyprien me parvient. Il note trois corrections à effectuer dans les plus brefs délais. TROIS? Oui, car en ouverture de mon edito, j'ai laissé passer "les occasions de d'ouvrir"... Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon... Il fallait que le reste de l'edito soit irréprochable pour pouvoir faire une réponse méprisante... Nous voila en match nul!! Mais non... il dit "trois" corrections... La deuxième concerne "sourdre", ça ne loupe pas. Il ne sait pas ce que c'est, c'est donc incorrect. Mais là où il dépasse mes espoirs, c'est pour la "dive bouteille" qu'il range également parmi les erreurs. Je lui soigne donc la réponse qui suit.
Bonjour Cyprien et un grand merci de votre attention pour l’édito de [la lettre]. J’ai bien corrigé la faute de frappe « de d’ouvrir » et vous remercie beaucoup de nous l’avoir signalée. En revanche « sourd » est bien la troisième personne du verbe « sourdre » au présent de l’indicatif. Quant à « la dive bouteille », cette expression vient d’un traité de Rabelais du même nom. Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous remercie encore de votre vigilance.Cordialement,
Classieux tout de même ? Bon alors leçon numéro 2, puisqu'on sait que le petit con est, par essence, dépourvu d'humilité et ne craindra pas de braver le ridicule pour avoir l'air de ne pas perdre la face, pourquoi continuer à espérer qu'il admettra avoir eu tort ? Cyprien m'en fournit une illustration d'une perfection irréelle.
Bonjour,
Pas de pb pour les fautes de frappe, et pour le même prix je vous en signale même qui n’en sont pas !! Donc profitez-en !
J’ai appris un nouveau terme aujourd’hui : sourdre = jaillir d’après mon dico en ligne. Et pour la dive bouteille je me doutais qu’il y a avait quelque chose ayant déjà entendu l’expression quelque part… J’ai lu le court passage dans le cinquième livre !
Mes excuses pour ces mauvaises compréhensions, je pense ne pas être le seul, ou alors c’est mon manque d’expérience de vos éditos !
J'ai félicité Cyprien de prendre ainsi sa culture en main (faut pas pousser) mais n'ai pas davantage relevé. Une réponse sans rien à voir et blessante pour le plaisir devrait me parvenir sous sept minutes trente. Il faudra alors trouver la force de ne pas répondre. De ne pas se laisser gagner par le petit-coquisme primaire et viscéral. Par manque de testostérone en vadrouille. Fort heureusement, j'ai sur Cyprien un avantage considérable en la matière : quand un connard veut me faire jouer au plus con, je me régale de le laisser gagner.
Lundi 7 avril 2008 (matin) : Avis de tempête
Sur les bords de la Méditerranée, le mois d'avril commence sous le soleil. Un peu de vent, donc il fait frais, mais c'est grand beau temps, je suis en t-shirt sous ma jolie veste. A Paris, il neige. Une amie m'appelle pour me raconter son week end. Chaud-bouillant, n'en déplaise au climat. Cette amie est seule depuis un petit moment. Ce week end fut un feu d'artifice...
Ca m'a ramenée quelques mois et années en arrière et à la vieille querelle des princes et des voyous. Des Charlotte et des Samantha, pour les fans de Sex&theCity. Je me suis trouvée à nouveau confrontée à la question de savoir s'il faut renoncer à la flamme des premiers instants dès qu'on est heureux trop longtemps... Mes copains Monica et Chandler concluent qu'il le faut mais que c'est bien agréable. Comment garder intacte la magie ? Comment la rendre encore plus belle quand elle se fane ?
Nombre de couples autour de moi vivent leur amour à distance, ce qui semble en préserver la fraîcheur. Cependant, pour l'avoir vécu, je me félicite aujourd'hui, et tous les jours, de ne pas être à 500 kilomètres de l'homme que j'aime. Et bien sûr j'ai peur quand nous passons deux jours entiers ensemble et que nous finissons par n'avoir plus grand chose à nous dire, par nous répéter... Je crains que nous ne communiquions pas assez. Qu'il s'ennuie.
Cette femme que je suis près de lui n'a rien à voir avec la Samantha que j'ai été. Rien à voir avec cette amazone qui a fait dire à mon amie " Ce week end, j'étais toi! La guerrière, c'était moi!".
Une Amazone méprise profondément les hommes, les femmes et le sexe. Un regard de braise et de la glace dans le sang, ce chaud-froid extrême est apparemment irrésistible. Réellement dure, elle soumet, domine, écrase, physiquement et verbalement. Elle n'a besoin de personne, personne ne trouve grâce à ses yeux. Elle est là pour le challenge. C'est une personnalité profondément insensible, qui ne croit pas aux sentiments et qui a décidé d'en rire. Férocement. L'histoire sera toujours drôle à raconter à ses amis. Et personne n'en mourra. Dit-elle.
Parce que, bien évidemment, les insensibles s'éprennent d'elle. Ils croient avoir trouvé celle qui permettra à leur sensibilité de s'exprimer,puisqu'ils n'ont rien à lui prouver en matière de cruauté. C'est là qu'elle les attend et ils n'ont aucune chance contre elle. Même pas tout contre. Surtout pas. Elle ne supporte pas les mains tendres et les lèvres douces. Elle étreint pour mordre. Ils finissent par s'en rendre compte, certains en profitent pour y voir plus clair sur eux-mêmes. Mais l'homme qui ne sait pas vous retenir ne sait pas davantage vous dire merci. C'est un jeu perdant-perdant, perdu d'avance, perdu pour tous.
Je souhaite à mon amie de s'éclater un max et en toute sécurité, puis de redevenir ce qu'elle était et ce que j'ai fini par admettre que je suis moi aussi : une gourde (c'est l'amazone qui parle). Une de ces femmes qui croient qu'il est possible d'aimer l'homme qu'elles aiment toute leur vie. Et qui feront tout pour ne jamais se laisser s'ennuyer près de lui. Parce que c'est l'ennui, l'appel de l'Amazone.
Ca m'a ramenée quelques mois et années en arrière et à la vieille querelle des princes et des voyous. Des Charlotte et des Samantha, pour les fans de Sex&theCity. Je me suis trouvée à nouveau confrontée à la question de savoir s'il faut renoncer à la flamme des premiers instants dès qu'on est heureux trop longtemps... Mes copains Monica et Chandler concluent qu'il le faut mais que c'est bien agréable. Comment garder intacte la magie ? Comment la rendre encore plus belle quand elle se fane ?
Nombre de couples autour de moi vivent leur amour à distance, ce qui semble en préserver la fraîcheur. Cependant, pour l'avoir vécu, je me félicite aujourd'hui, et tous les jours, de ne pas être à 500 kilomètres de l'homme que j'aime. Et bien sûr j'ai peur quand nous passons deux jours entiers ensemble et que nous finissons par n'avoir plus grand chose à nous dire, par nous répéter... Je crains que nous ne communiquions pas assez. Qu'il s'ennuie.
Cette femme que je suis près de lui n'a rien à voir avec la Samantha que j'ai été. Rien à voir avec cette amazone qui a fait dire à mon amie " Ce week end, j'étais toi! La guerrière, c'était moi!".
Une Amazone méprise profondément les hommes, les femmes et le sexe. Un regard de braise et de la glace dans le sang, ce chaud-froid extrême est apparemment irrésistible. Réellement dure, elle soumet, domine, écrase, physiquement et verbalement. Elle n'a besoin de personne, personne ne trouve grâce à ses yeux. Elle est là pour le challenge. C'est une personnalité profondément insensible, qui ne croit pas aux sentiments et qui a décidé d'en rire. Férocement. L'histoire sera toujours drôle à raconter à ses amis. Et personne n'en mourra. Dit-elle.
Parce que, bien évidemment, les insensibles s'éprennent d'elle. Ils croient avoir trouvé celle qui permettra à leur sensibilité de s'exprimer,puisqu'ils n'ont rien à lui prouver en matière de cruauté. C'est là qu'elle les attend et ils n'ont aucune chance contre elle. Même pas tout contre. Surtout pas. Elle ne supporte pas les mains tendres et les lèvres douces. Elle étreint pour mordre. Ils finissent par s'en rendre compte, certains en profitent pour y voir plus clair sur eux-mêmes. Mais l'homme qui ne sait pas vous retenir ne sait pas davantage vous dire merci. C'est un jeu perdant-perdant, perdu d'avance, perdu pour tous.
Je souhaite à mon amie de s'éclater un max et en toute sécurité, puis de redevenir ce qu'elle était et ce que j'ai fini par admettre que je suis moi aussi : une gourde (c'est l'amazone qui parle). Une de ces femmes qui croient qu'il est possible d'aimer l'homme qu'elles aiment toute leur vie. Et qui feront tout pour ne jamais se laisser s'ennuyer près de lui. Parce que c'est l'ennui, l'appel de l'Amazone.
mercredi 2 avril 2008
Mardi 1er Avril 2008 : Moisson de poissons
Avez-vous survécu au 1er Avril ? Moi, oui, même si je dois avouer ma profonde déception. Pas de poissons dans le dos, pas de seau d'eau sur la porte, pas de sel dans mon thé... Pfffffffff... Tout fout le camp. Ma banquière furieuse que je parte ailleurs m'a bien arrosée de propos fielleux, histoire de m'ôter tout scrupule, mais voilà tout ce que j'ai récolté.
Jusqu'à ce que je rende visite à ma boîte mail à la pause-déjeuner. Une hilarante hilettre m'attendait, celle de L'internaute qui s'est vraiment mis en quatre, je dis "bravo le gars Linternaute!". Des titres comme Tirez parti de tous vos défauts : la mode est au naturel, montrer vos cernes et vos boutons..., ou "Nouvio : Cht'Internaute en Ch'timi L'Inchtiernaute a chingé pu ed' 892 miyons ed' pach' et d'artik en Ch'timi, tout cha pour vot' pu grin bonheur"... Rien de tout ça ne m'avait alertée. Mais je suis tombée en arrêt devant un article consacré à l'engagement de Sébastien Chabal, parrain de la Journée du Poil le 6 Août prochain...
J'ai cliqué, l'oeil plein d'espoir et le doigt tremblant de désir sur ma souris. Qu'on me comprenne : pour sa rutilante chevelure et ses puissantes épaules, mon amoureux a été surnommé "Chabal" pendant toute la coupe du monde de rugby, qui coïncidait avec notre rencontre. Certes, l'usage de ce surnom a été limité à mon oncle et aux ouaich-ouaich ("racaille" en montpelliérain) des alentours de la gare (quartier qui, comme chacun sait, craint dans toutes les villes du monde). Mais n'empêche. Quand je vois Chabal, je me sens tendre.
Au demeurant, je trouvais l'idée excellente. L'anti-poilisme primaire et viscéral qui sévit dans nos contrées m'irrite autant que la vue de mes jambes mal épilées. On ne peut pas tout sacrifier pour ses idées alors je le crie haut et fort, j'aime le poil autant que j'aime être lisse. Et puis zut si c'est pas cohérent, je suis une fille, je ne suis pas cohérente. J'ai cliqué, donc. Un gros poisson hilare est apparu sur l'écran. Tout était faux. Je suis vite partie aux toilettes rebarbouiller de fond de teint mes cernes et mes boutons...
Le meilleur poisson a été pêché dans nos filets quelques heures plus tard, quand mon boss m'a transféré un message envoyé par une source apparemment fiable 364 jours par an (365 les années bisextiles). Je vous le livre en entier :
La zone d'appellation d'origine contrôlée (AOC) du champagne va être étendue à 38 communes supplémentaires*. En liaison et en complément avec la révision, le Civc (Comité interprofessionnel des vins de champagne) étudie les moyens de mettre un terme au conflit qui l'oppose à quelques viticulteurs du canton de Vaud, en Suisse, où se trouve une commune appelée "Champagne". La Cour de Justice Européenne leur a interdit d'utiliser cette référence.
Le CIVC doit, aujourd'hui mardi, examiner, avant transmission à l'Inao, un projet d'accord pour prendre en compte dans l'aire d'appellation Champagne, sept parcelles d'une superficie totale de 4,79 hectares de vigne situées sur la commune de Champagne (canton de Vaud)."
Mon bien-aimé patron trouvait l'idée délicieuse. Je crois l'avoir férocement déçu en suggérant quatre possibilité d'interprétation, à savoir qu'il s'agissait, au choix :
Jusqu'à ce que je rende visite à ma boîte mail à la pause-déjeuner. Une hilarante hilettre m'attendait, celle de L'internaute qui s'est vraiment mis en quatre, je dis "bravo le gars Linternaute!". Des titres comme Tirez parti de tous vos défauts : la mode est au naturel, montrer vos cernes et vos boutons..., ou "Nouvio : Cht'Internaute en Ch'timi L'Inchtiernaute a chingé pu ed' 892 miyons ed' pach' et d'artik en Ch'timi, tout cha pour vot' pu grin bonheur"... Rien de tout ça ne m'avait alertée. Mais je suis tombée en arrêt devant un article consacré à l'engagement de Sébastien Chabal, parrain de la Journée du Poil le 6 Août prochain...
J'ai cliqué, l'oeil plein d'espoir et le doigt tremblant de désir sur ma souris. Qu'on me comprenne : pour sa rutilante chevelure et ses puissantes épaules, mon amoureux a été surnommé "Chabal" pendant toute la coupe du monde de rugby, qui coïncidait avec notre rencontre. Certes, l'usage de ce surnom a été limité à mon oncle et aux ouaich-ouaich ("racaille" en montpelliérain) des alentours de la gare (quartier qui, comme chacun sait, craint dans toutes les villes du monde). Mais n'empêche. Quand je vois Chabal, je me sens tendre.
Au demeurant, je trouvais l'idée excellente. L'anti-poilisme primaire et viscéral qui sévit dans nos contrées m'irrite autant que la vue de mes jambes mal épilées. On ne peut pas tout sacrifier pour ses idées alors je le crie haut et fort, j'aime le poil autant que j'aime être lisse. Et puis zut si c'est pas cohérent, je suis une fille, je ne suis pas cohérente. J'ai cliqué, donc. Un gros poisson hilare est apparu sur l'écran. Tout était faux. Je suis vite partie aux toilettes rebarbouiller de fond de teint mes cernes et mes boutons...
Le meilleur poisson a été pêché dans nos filets quelques heures plus tard, quand mon boss m'a transféré un message envoyé par une source apparemment fiable 364 jours par an (365 les années bisextiles). Je vous le livre en entier :
La zone d'appellation d'origine contrôlée (AOC) du champagne va être étendue à 38 communes supplémentaires*. En liaison et en complément avec la révision, le Civc (Comité interprofessionnel des vins de champagne) étudie les moyens de mettre un terme au conflit qui l'oppose à quelques viticulteurs du canton de Vaud, en Suisse, où se trouve une commune appelée "Champagne". La Cour de Justice Européenne leur a interdit d'utiliser cette référence.
Le CIVC doit, aujourd'hui mardi, examiner, avant transmission à l'Inao, un projet d'accord pour prendre en compte dans l'aire d'appellation Champagne, sept parcelles d'une superficie totale de 4,79 hectares de vigne situées sur la commune de Champagne (canton de Vaud)."
Mon bien-aimé patron trouvait l'idée délicieuse. Je crois l'avoir férocement déçu en suggérant quatre possibilité d'interprétation, à savoir qu'il s'agissait, au choix :
- d'une truite d'avril
- d'un saumon d'avril
- d'un silure d'avril
- d'une bonite d'avril
Il a opté pour la truite, poisson qui fréquente les cours d'eau suisse...
* Ca, pour le coup, c'est bien vrai. Pour les gars du coin, l'extension de l'appellation "Champagne" signifie que des centaines d'hectares de terre, aujourd'hui terre à blé (vendue à peine plus de 2000 euros l'hectare) vont pouvoir être vendues au prix de la vigne à champagne, qui coûte 1 million d'euros l'hectare. Pour les heureux propriétaires de ces parcelles, leur valeur va être multipliée par environ 500... Belle plus value, s'pas? Y'a pas à dire, l'immobilier...
lundi 31 mars 2008
C'est lundi... je m'y mets ?
J'apprends sur le blog de mon Fafane que ce dernier arrête de fumer. Comme avant lui mes amies Léo et Gégé. Je me sens soudain atrocement seule. Et mon actualité n'a eu de cesse de me placer en situation de me faire houspiller pour cette regrettable habitude. En premier lieu par moi-même. Car, toute à ma joie de comparer les taux d'intérêt des crédits, je n'avais pas prévu la négociation sur l'assurance du crédit. C'est si bon pourtant de voir un banquier vous sourire toujours plus largement, parce que, oui vous avez bon à toutes les questions :
- En CDI ?
- Oui.
- Des crédits en cours ?
- Non.
- Vous êtes parfaite. Pour l'assurance on va pouvoir négocier féroce. Quel âge avez-vous ?
- 31 ans.
- Parfait, parfait. Vous ne fumez pas ?
Si. Si, fuckbuggerwankshittingarseheadandhole, je fume. Mine consternée, le banquier se ferme comme une huitre. Et ce matin, en visite médicale d'embauche (six mois après mon embauche effective, c'est pas marre!), la doctoresse me toise aussi :
- Vous faites du sport ?
- Non.
- Vous fumez ?
- Peu.
- Mais vous fumez. Vous devez faire l'inverse. Ne fumez plus. Faites du sport.
Alors, d'abord, je t'emmerde, même si tu as raison. Ensuite, je le note dans un coin de ma petite tête jolie, je suis beaucoup plus à l'aise dans mes réponses à un banquier que face aux questions d'un médecin. C'est pas bon, ça, hein ?
- En CDI ?
- Oui.
- Des crédits en cours ?
- Non.
- Vous êtes parfaite. Pour l'assurance on va pouvoir négocier féroce. Quel âge avez-vous ?
- 31 ans.
- Parfait, parfait. Vous ne fumez pas ?
Si. Si, fuckbuggerwankshittingarseheadandhole, je fume. Mine consternée, le banquier se ferme comme une huitre. Et ce matin, en visite médicale d'embauche (six mois après mon embauche effective, c'est pas marre!), la doctoresse me toise aussi :
- Vous faites du sport ?
- Non.
- Vous fumez ?
- Peu.
- Mais vous fumez. Vous devez faire l'inverse. Ne fumez plus. Faites du sport.
Alors, d'abord, je t'emmerde, même si tu as raison. Ensuite, je le note dans un coin de ma petite tête jolie, je suis beaucoup plus à l'aise dans mes réponses à un banquier que face aux questions d'un médecin. C'est pas bon, ça, hein ?
dimanche 30 mars 2008
Un placard pour deux
Ca y est. Il y a des caleçons dans mon placard. Ce ne sont pas les miens. Il y a aussi des chaussettes taille 43-46, des chaussures sans talons, pleines de lacets, des t-shirts plus grands que mes robes, des jeans où je rentre à une moi-même et demie... Je crois qu'il y a un homme qui vit chez moi.
Je ne bois pas de soda mais je me suis résolue au Coca dans le frigo, à côté de son pote l'Orangina Rouge, si méchant. Je ne mange rien de tout préparé, (quand j'achète du fait-en-usine, j'y ajoute toujours ma touche perso : goûtez ma pizza Lidl à 0,70 € agrémentée de gorgonzola et d'huile de noix), mais j'ai du pousser mes os à moëlle, écarter mon Mont d'Or fermier pour concéder sur le Yop et les Kinder Pingui. Je n'achète que du salé. Ou du nature, comme mes yahourts, mon café, que je bois sans sucre. (Seule exception, le chocolat Côte d'Or, celui au lait! miam miam! en grosses tablettes! oh pute borgne, que c'est bon! ) Sinon, quand je me fais un plaisir gourmand au supermarché, c'est pour m'acheter un rognon de veau ou une boite de brandade Couderc. Et oui. Or, des M&M's figurent à présent sur ma liste définitive de courses de la semaine.
Mais mon amoureux et moi savons trouver des terrains d'entente résolument exquis. Comme les quenelles de brochet que nous napperons de sauce Nantua comme au bon temps de notre premier dîner gastronomique, chez les Eleveurs du grand Andy de Brouwer, à Hal, près de Bruxelles... En retour, mon amoureux consent à mes caprices d'eau pure, à mon café matinal, à mes appels de nourriture verte (salade, épinards, courgettes... ), il ne râle pas quand je lui pique du Yop et des M&M's et il me mange parfois un carré de Côte d'Or.
Nos trois consoles (sa Play Station 2, ma Wii et notre Super Nes) cohabitent dans la plus parfaite harmonie sur l'étagère où trônaient jadis Les Meilleurs Vins du Monde et l'album photo de l'exposition consacrée à Nicolas de Staël à Beaubourg en 2003 (non, je ne regrette pas les musées parisiens, je n'y foutais jamais les pieds! En revanche, quand j'y allais, je marquais le coup, j'achetais le livre...).
Dans la salle de bain, le choc de la cohabitation se fait plus feutré. Je recommande aux angoissées du passage à la vie à deux de tomber, comme moi, sous le charme d'un métalleux à longue crinière. Ses après-shampoings et masques capillaires font merveille au bord de ma baignoire. Comme je me laisse pousser les cheveux pour mieux lui plaire, sa brosse à cheveux a plus de place dans ma nouvelle vie que le peigne de mes années parisiennes de femme active aux cheveux courts faute de temps à perdre.
Nous avons déplacé les meubles pour gagner un peu de place ici et là. Objectivement ça le fait.
Parce que figurez-vous que Mademoiselle Flipette de l'Engagement (vieille noblesse bourguignone) est sur un nuage! Aux anges, la p'tite!! Et à croquer!
Je ne bois pas de soda mais je me suis résolue au Coca dans le frigo, à côté de son pote l'Orangina Rouge, si méchant. Je ne mange rien de tout préparé, (quand j'achète du fait-en-usine, j'y ajoute toujours ma touche perso : goûtez ma pizza Lidl à 0,70 € agrémentée de gorgonzola et d'huile de noix), mais j'ai du pousser mes os à moëlle, écarter mon Mont d'Or fermier pour concéder sur le Yop et les Kinder Pingui. Je n'achète que du salé. Ou du nature, comme mes yahourts, mon café, que je bois sans sucre. (Seule exception, le chocolat Côte d'Or, celui au lait! miam miam! en grosses tablettes! oh pute borgne, que c'est bon! ) Sinon, quand je me fais un plaisir gourmand au supermarché, c'est pour m'acheter un rognon de veau ou une boite de brandade Couderc. Et oui. Or, des M&M's figurent à présent sur ma liste définitive de courses de la semaine.
Mais mon amoureux et moi savons trouver des terrains d'entente résolument exquis. Comme les quenelles de brochet que nous napperons de sauce Nantua comme au bon temps de notre premier dîner gastronomique, chez les Eleveurs du grand Andy de Brouwer, à Hal, près de Bruxelles... En retour, mon amoureux consent à mes caprices d'eau pure, à mon café matinal, à mes appels de nourriture verte (salade, épinards, courgettes... ), il ne râle pas quand je lui pique du Yop et des M&M's et il me mange parfois un carré de Côte d'Or.
Nos trois consoles (sa Play Station 2, ma Wii et notre Super Nes) cohabitent dans la plus parfaite harmonie sur l'étagère où trônaient jadis Les Meilleurs Vins du Monde et l'album photo de l'exposition consacrée à Nicolas de Staël à Beaubourg en 2003 (non, je ne regrette pas les musées parisiens, je n'y foutais jamais les pieds! En revanche, quand j'y allais, je marquais le coup, j'achetais le livre...).
Dans la salle de bain, le choc de la cohabitation se fait plus feutré. Je recommande aux angoissées du passage à la vie à deux de tomber, comme moi, sous le charme d'un métalleux à longue crinière. Ses après-shampoings et masques capillaires font merveille au bord de ma baignoire. Comme je me laisse pousser les cheveux pour mieux lui plaire, sa brosse à cheveux a plus de place dans ma nouvelle vie que le peigne de mes années parisiennes de femme active aux cheveux courts faute de temps à perdre.
Nous avons déplacé les meubles pour gagner un peu de place ici et là. Objectivement ça le fait.
Parce que figurez-vous que Mademoiselle Flipette de l'Engagement (vieille noblesse bourguignone) est sur un nuage! Aux anges, la p'tite!! Et à croquer!
jeudi 27 mars 2008
On oublie rien de rien... Mais on a besoin de quelques post-it quand même.
Vous l'ignorez peut-être encore mais j'ai eu la langue percée pendant près de trois ans il y a près de trois ans. Je ne l'ai pas fait pour faire la coquine, ni pour être à la mode. Je l'ai fait pour ma Maman. Si elle lit ça, elle doit déjà être tombée de l'armoire. Ma maman a eu un cancer du sein et quand tout a été terminé, je me suis dit que je ne devais jamais oublier à quel point la vie peut vous échapper, à quel point vos peurs peuvent vous rattraper quoique vous fassiez. Un an plus tard, nous avons craint une rechute. Et j'ai réalisé que j'avais oublié mes serments de ne plus m'emmerder pour rien alors que tout passe si vite et pourrait être tellement pire. Et pour être sûre de m'en souvenir je me suis fais faire ce piercing, caché, rien que pour moi, pour me rappeler qu'il y a des peurs bien plus terribles que celle-là, que je croyais insurmontable, qui se réalisent alors qu'on ne les veut pas dans sa vie, contrairement à cette peur de me faire trouer la langue. Le fait de surmonter une peur de plus, qui confinait chez moi à la phobie, ne faisait que renforcer l'héroïsme du symbole...
Et bien mes amis, le type aux grandes dents qui chantait qu'on n'oublie rien de rien, qu'on n'oublie rien du tout, qu'on oublie rien de rien, qu'on s'habitue c'est tout, j'aurais deux ou trois mots à lui dire. Parce que si, on oublie. Et se souvenir de ne pas se laisser emmerder par soi-même est un combat quotidien. En particulier pour les gens qui, comme moi, sont facilement sujets à la dépression et qui n'ont plus de Percevalve à chérir (j'aimerais que vous suiviez un peu, c'est dans la note juste en-dessous, c'est pas comme si j'alimentais ce cher journal tous les jours...).
Mais la féroce ironie de la vie a à coeur de placer sur mon chemin des exemples criants de son impensable pouvoir. Regardez autour de vous, vous ne pourrez que convenir. Aujourd'hui dès que je me suis pris la tête, un paralytique a traversé derrière moi, un accident de voiture s'est produti sous mes yeux, un interlocuteur s'est mis à pleurer un drame inracontable. Et mentait peut-être.
Alors croyez-moi, ce soir, je quitte le bureau avec le sentiment du devoir accompli, un crédit conclu, une famille pas si loin que ça, une maison presqu'à moi et un amoureux qui va prendre cher parce qu'il le vaut bien. Si je pouvais l'avoir tous les jours planté dans la langue celui-là... (Il sait que je suis une psychopathe). Ca le fait non ?
Et bien mes amis, le type aux grandes dents qui chantait qu'on n'oublie rien de rien, qu'on n'oublie rien du tout, qu'on oublie rien de rien, qu'on s'habitue c'est tout, j'aurais deux ou trois mots à lui dire. Parce que si, on oublie. Et se souvenir de ne pas se laisser emmerder par soi-même est un combat quotidien. En particulier pour les gens qui, comme moi, sont facilement sujets à la dépression et qui n'ont plus de Percevalve à chérir (j'aimerais que vous suiviez un peu, c'est dans la note juste en-dessous, c'est pas comme si j'alimentais ce cher journal tous les jours...).
Mais la féroce ironie de la vie a à coeur de placer sur mon chemin des exemples criants de son impensable pouvoir. Regardez autour de vous, vous ne pourrez que convenir. Aujourd'hui dès que je me suis pris la tête, un paralytique a traversé derrière moi, un accident de voiture s'est produti sous mes yeux, un interlocuteur s'est mis à pleurer un drame inracontable. Et mentait peut-être.
Alors croyez-moi, ce soir, je quitte le bureau avec le sentiment du devoir accompli, un crédit conclu, une famille pas si loin que ça, une maison presqu'à moi et un amoureux qui va prendre cher parce qu'il le vaut bien. Si je pouvais l'avoir tous les jours planté dans la langue celui-là... (Il sait que je suis une psychopathe). Ca le fait non ?
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