mercredi 18 mars 2009

Ah si !

A ma gauche, Bono, le seul, l'unique, l'amour de ma vie et celui de tant d'autres, distingué pour la paix par un collège suédois, pourfendeur des dettes du Tiers Monde et chasseur de cauchemars jusque dans les miens. Fan absolue, je n'ai jamais assisté à un concert de U2 : je n'ai jamais pu le partager avec une foule... (tarée, mégalo, oui bon, il va falloir trouver mieux, on se répète).

A ma droite, Pierre D., son univers griffu et l'intelligence de sa haine ordinaire, du calembour vaseux au douzième degré, ses expressions, ses adverbes, ses valeurs aussi (Audiard, Vialatte et Saint-Emilion, voilà ce que j'appelle une sainte trinité!)... Cet homme a parachevé mon cursus universitaire, ma formation d'honnête homme (et ne le/me/nous lancez pas sur les femmes honnêtes !)

Soyez objectifs.


Non ?

Y'a quelque chose, vous ne trouvez pas ? Dans le nez et la bouche. Le front aussi. Les oreilles pas du tout, je suis d'accord. Et qui d'autre mêle grand nez aquilin, émotion à fleur de peau et humour massacrant ? En toute modestie comme d'habitude ?...

Moralité : pourquoi rencontrer ses héros quand on sait qu'un jour on fera des enfants qui leur ressemblent ?

jeudi 12 mars 2009

Ah les gnères !

Vieilles peaux! A-t-on idée de faciliter ainsi le transit intestinal de la terre en tiers (une part pour moi, une part pour mon chat, une part pour les cons et là c'est ma pomme qu'on escagoince) dès le point du jour ? Incident dans la ruelle que surplombe la fenêtre de mon bureau : le stationnement y est impossible après 9h tant le bâtiment abrite de bureaux et ses alentours peu de parkings, or ce matin Zizi Genette, Odette Michu et Jacqueline Berlingue ont décidé de mettre de l'ordre.

Ah l'inutilité de ces dames amères et sans amour ! Quelle peur panique de mes vieux jours s'empare de moi à leur seule vue ! Que leurs odeurs et leurs haleines me révulsent ! Ajoutez-y une crise d'autorité où elles vous ordonnent de déplacer votre Audi bleue séance tenante, sans vous laisser en placer une et vous avez tout ce que j'aime. Car, vous pouvez les croire, vous n'y couperez pas. Vous ne vous en sortirez pas comme ça. Et n'essayez pas de les faire passer pour des hystériques, si elles crient chez vous c'est leur droit, elles sont chez elles et vous, qui êtes-vous ?

Dans l'entrée de nos bureaux, elles pestent et gesticulent. Leur mise porte les stigmates indélébiles d'une fidélité sans faille à la rayonne contractée dans les années 50. Elles sont jupées de laines, blousées à hurler dans les champs et giletées-tricotées comme des concierges un soir de bal des pompiers (t'inquiète de ce que ça dit et écoute si ça sonne, andouille). Et toutes colère. Leurs voix éraillées disent leur soif de justice. Votre voiture, cette Audi, est garée contre un mur, elle n'obstrue nullement le passage, elle ne gène aucune manoeuvre, mais aujourd'hui personne ne se gare ici parce que le panneau le répète tous les jours, malgré la constance des salariés qui se garent là quand même, faute de mieux, mais sans géner personne, notez bien.

Aujourd'hui, Zizi, Odette et Jacqueline ont jugé que les bornes étaient franchies et qu'il n'y avait plus de limites. Tout à leur propre dévouement à cette noble entreprise, elles n'ont pas noté qu'elles ont copieusement insulté toute une équipe qui ne compte aucun propriétaire d'Audi. Les vieux sont parfois étourdis. Elles sont ensuite retournées chanter la sérénade à trois voix dans l'allée, près du bolide allemand qui est toujours là en cette fin d'après-midi. Tout ça pour ça et sous mes fenêtres. Ah les gnères !

lundi 9 mars 2009

La te-hon du lundi matin

Il n'est pas 10h en ce lundi qui me nargue. Humeur de chien, un boss d'une humeur de chien, une connexion internet d'une humeur de chien qui nous pète à la figure toutes les trente secondes. Desespérée car fataliste, je me résigne à écrire un petit mot à un mien ami avec qui je partage une passion sans borne pour les délires de Michel A. et de Frédéric D. Nos conversations sont en réalité de grands champs de citations où nous nous ébattons joyeusement à coup de "moi, tu me connais" et de "si je lui tends la main ça sera pour lui mettre dans la gueule; ça la redressera, c'te salope".

En proie à cette matinée ennemie, je m'empresse de lui virguler une citation retrouvée ce week end à la faveur d'un après-midi de farniente, le San-A à la main :

"Mon Dabe,
j'y adresse, n'oublie pas la parole du sage : "faut pas confondre blennoragie et première communion, c'est pas le même cierge qui coule" Gros bisous, ta Pauline".

Mauvais goût, mon bonjour au cureton, tout y était. Un doute furieux m'assaille cependant au moment d'envoyer ma bafouille : je sais le Dabe intransigeant sur l'orthographe, les virgules et les sept croûtes du cassoulet. Je m'en voudrais de lui faire subir une blenno mal épelée. Question de signature, tu me connais. Je vérifie donc "blennoragie" dans un moteur de recherche à double O. L'orthographe est bonne mais pas la connection, qui plante, qui hurle, qui appelle notre technicien informatique de choc, ce dernier se rue sur mon ordi, je n'ai pas le temps d'effacer ma recherche et quand il obtient la reconnexion du biniou, la blennoragie est elle aussi de retour, triomphale, en grosses lettres, purulente de bonheur sur mon écran blanc-bleu sous le regard attendri de notre connecteur en cape. Salope. L'autre, ni une ni deux, explose de rire avant de se contenir et de m'adresser un regard contrit. J'avais le choix entre accuser une amie et avouer mes penchants machistes. J'ai choisi. Tout le monde a adoré la citation. Mais ils m'appellent tous Béru maintenant.

mardi 3 mars 2009

On me pose la question...

Ras le bol des questions débiles. J'ai fourbi quelques réponses saignantes. Prêtes les gnères ? Dodelinez plus du valseur, v'la les ennuis.

- "Alors, qu'est ce que tu deviens ?"
  • version la cité de la peur : "j'ai le sida et toi?"
  • version Nanou : "j'ai changé de vie. Ca fait un an et demie que je vis dans le sud, que je suis amoureuse, que j'ai acheté un appart, que je suis heureuse. Et toi ?"
  • version Nanou d'humeur taquine : "je roules des pelles aux nanas, je monte des yourtes mongoles et je vendange à la main" (et c'est rigoureusement exact... enfin, ça l'a été au moins une fois dans ma vie... sauf un truc que j'ai fait plusieurs fois... à votre avis?)
- "Tu es sûre ?"
  • version cha-bd.com : "*violent kick in the nuts*"
  • version Nanou en co-dépendance : "Fais moi confiaaaaaaaaaaaance... je t'en suppliiiiiiiiie"
  • version Nanou d'humeur taquine : "Non. Jamais. De rien. C'est une torture... Mouhahahaha!"
  • version Nanou aujourd'hui : "Va te faire foutre"
- "Mais sans indiscrétion vous avez quel âge ?"
  • Version du berger à la bergère : "Je viens de fêter mes T'huit ans! En grande pompe, je vous prie de me croire!"
  • Version Nanou, le San-A à la main "dis donc t'étais aux gogues le jour qui z'ont distribué la vergogne pour en manquer autant ?"
  • Version Nanou aujourd'hui : "Toi divisé par deux, vieux bouc"
- "T'arrives à bosser, moi j'ai pas la motive... t'as vu comme il fait beau ?"
  • Version sous couverture : "Tu plaisantes, je ne m'arrête même pas pour faire un petit pipi"
  • Version rouge et noire : "Oh non moi je suis à fond... L'était bon le Carignan du boss à midi, s'pas ? Alleeeez, viens t'asseoir deux minutes au soleil, qu'on médite stratégie!"
  • Version Meeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde, putain, faut que je retourne bosser TOUT DE SUITE!!!!!!!!
Gros bisous