jeudi 30 octobre 2008

Jeudi 30 octobre 2008 : Solidaire


Les blogueurs du vin relaient la mobilisation vigneronne sur la toile. Moi aussi.
Vous voulez en savoir plus ?

mercredi 29 octobre 2008

Mercredi 29 octobre 2008 : Il faut cogner fort

Demain, le monde du vin se mobilise. Moi aussi.

Demain, pour montrer que le monde du vin ne "tombera pas dans le panneau", on masque ceux des plus grandes et des plus vinicoles villes de France. Pour encourager Roselyne à maintenir sa ligne favorable à la révision de la loi Evin et pour la dissuader de consentir l'interdiction des dégustations gratuites dans une contrepartie aux associations des pisse-vinaigre réunis.

Demain, à ma petite échelle, je fais pareil. Le panneau de ma résidence, décroché ; l'interdiction de stationner sur mon parking, suspendue (essaie, essaie juste) ; le papier sur la porte du local à poubelle, envolé ; plus aucune indication des étages dans l'escalier ; ma sonnette appelle un grand blanc... Maaaaaaaaaaais je ne me suis pas arrêtée là! J'ai imposé la VO sans sous-titre par défaut à mon lecteur DVD, rangé mes livres et mes bédés dans une boite muette, déchiré tous les emballages des aliments dans mon frigo. Plus un mot, plus une lettre, plus d'écrit. C'est ça, s'engager! C'est total, c'est toute une vie qu'on accepte de voir différemment. C'est un exercice sain, salutaire.

Mais il est des bornes qu'il importe de ne pas franchir, sans quoi y'a plus de limites! Alors quand on m'a fait remarquer que j'aurais du commencer par faire taire mes bouteilles de vin, mon sang n'a fait qu'un tour. Certains ne supportent pas les larmes d'un enfant, d'autres refusent les souffrances infligées aux animaux dans les abbatoirs, les forêts domaniales et jusque sur les banquises. En ce qui me concerne, je sais m'offusquer, souffrir pour, empathiser jusqu'à en pâtir. Quand on maltraite une bouteille de vin. La perspective d'une cave improvisée, trop chaude et trop instable (genre la buanderie, sur le sèche-linge) me tire le sang des membres. Un verre de dégustation tenu à pleine main et ma paupière tique. Un grand cru dans un gobelet en plastique et je dois m'allonger.

Alors je n'ai pu me résoudre à dénuder mes bouteilles. Arracher son étiquette à un beau flacon, c'est comme boire son contenu cul sec ou déchirer les vêtements d'un homme longtemps désiré. On croit que c'est super, que vite et fort c'est mieux, et en fait on passe à côté de quelque chose...

jeudi 23 octobre 2008

Jeudi 23 octobre 2008 : Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii...

Cela fait deux jours que je marche complètement à côté de mes pompes. La chaleur est partie, Montpellier s'enfonce dans l'automne et de violentes pluies orageuses en sont le témoin. L'une d'elle m'a tenue bien occupée il y a deux nuits de ça. Impossible de trouver le sommeil dans la tourmente. Il a fallu tout barricader en catastrophe au milieu de la nuit. Le lendemain, hier, donc, j'étais perdue comme un rorqual commun. Il paraît que les tempêtes déboussolent les petits cétacés et que c'est une des raisons pour lesquelles on en voit parfois s'échouer sur les plages... Et bien depuis deux jours, je fais mon Flipper d'eau douce.

J'ai deux instincts particulièrement développés : une intuition infaillible de l'heure qu'il est, que je dorme ou non et un sens de l'orientation particulièrement aiguisé et qui laisse les hommes pantois ("c'est fou, elle sait lire une carte!" Ben oui quand j'ai vu que c'était à la portée d'un primate, je n'ai plus eu peur et je me suis lancée!).

Enfin, qui les laissait pantois, parce que depuis la tempête, c'est fini. Je suis collée à ma montre et je ne sais plus où je pose mes lunettes, mes clés, mon téléphone, ma tasse, mon ordinateur... je ne vais pas aborder le sujet de la télécommande là tout de suite, c'est encore un peu frais. Au quotidien, cela me met dans des états de rage inextinguible contre moi-même. Je ne me réveille plus sans réveil à 7h12 précises et hier j'ai passé près d'une demie-heure à retrouver mon chemin dans les ruelles du vieux-Pignan. Cette riante bourgade de la périphérie montpelliéraine compte un clocher, une mairie et deux boulangeries entre Saint Georges d'Orques et Murviel-lès-Montpellier... Et je ne me suis jamais perdue dans Pignan. Jamais. Même un Snoot* ne se perdrait pas dans Pignan

Moi je dis : la tempête a provoqué un déreglement électro-magnétique dommageable à la vie humaine et qui met mes facultés en danger. Et tout le monde veut taire l'affaire. L'homme qui partage ma vie dit que découvrir que tous les épisodes des Simpson sont disponibles en streaming sur chezhomer.com n'est pas une raison pour passer mes nuits à les regarder. Et qu'il ne faut pas que je m'étonne... N'importe quoi. Il est de mèche avec eux!!


* Fruit des amours contre-nature et fort contrariées de Scoobidoo et de Ran-Tan Plan, le Snoot est une figure emblématique du panthéon animalier de ma famille. Il y incarne la stupidité dévouée et le talent pour le léchage forcené des testicules absentes. Son maître adulé l'a plus simplement surnommé "Grosse Truffe".
Pour adhérer au fan club du Snoot, tirez vous une balle dans le pied car il est tout à moi.

lundi 20 octobre 2008

Pour info

Vous pouvez à présent commenter mes écrits quelle que soit votre adresse électronique. Vous n'avez plus besoin d'un compte Google pour le faire, j'ai modifié en ce sens le paramétrage de ce blog. Vous n'avez donc plus aucune excuse ! MOUHAHAHAHAHA!

Lundi 20 Octobre 2008 : Le cri de l'escargot le soir au fond du bois

Il pleut sur Montpellier. Il drache, plutôt. Il est midi, il fait nuit noire et il tombe des cordes à noeuds, des chats obèses et des chiens massifs. Je retrouve ici mes réflexes d'enfant des Fenouillèdes, car, au pays de la cargolade*, le jour de pluie est synonyme jour de chasse. Ce jour là, une traque sans merci oppose en effet le plus commun et le plus encoquillé des rejetons de nos campagnes à son ennemi naturel le plus farouche. J'ai nommé, respectivement, l'escargot et l'enfant.

Alors que la pluie m'entraîne vers ces rêveries champêtres, j'avise ma co-bureliaire, une stagiaire allemande qui nous a accompagnés aux vendanges du 7 octobre et qui nous trouve chaque jour un peu plus étranges, nous, les Français. Là, elle est catastrophée par la violence de la pluie et la noirceur du ciel, bondit chaque fois qu'un cycliste récite l'alphabet de ses insultes à l'automobiliste qui l'a rincé des gerbes de la voiture d'avant.

- Gretchen, tu as pris ton K-Way?
- Mein ? Je te demande parton?
- Ton K-Way. Tu ne vas pas aller à la chasse avec ta petite veste tout de même ?
- La chasse ? Was ?
- Il pleut, Gretchen. L'autre jour, on a fait les vendanges parce qu'il faisait beau. S'il avait plu, on aurait chassé.

J'ai cru comprendre qu'elle avait eu plus de mal que nous tous réunis à se remettre des vendanges, aussi son teint vire-t-il au vert quand je lui reparle de cet épisode pourtant heureux.
- On chasse quoi ? finit-elle par articuler en tremblant.
- On chasse quoi! Quelle question, tu es en France! On chasse l'escargot!

La moue dégoûtée qui marque invariablement le visage de nos voisins saxons à l'évocation de cette coutume culinaire (les Espagnols et les Italiens ne font pas tant d'histoires!) vient s'installer sur le pauvre petit minois de la jeune Gretchen. Elle rassemble cependant ses dernières forces et souffle d'une voix épuisée :
- J'ai goûté escargots de Bourgogne, mais je n'aime pas ça...
- Tatata! Les gros maousses de Bourgogne, mais c'est l'autre escargot, ça! Ici, c'est le royaume du Petit Gris! Pour la chasse, c'est ce qui se fait de mieux! Ils sont plus petits et plus vifs que les Bourgogne, c'est plus sport!

Elle en est encore à se demander si elle doit rire ou s'acheter des bottes en caoutchouc. Impitoyable, je lui désigne le petit bois qu'on voit au loin par la fenêtre. Enfin, d'habitude on le voit. Là, à travers les rideaux de pluie, il faut bien se résoudre à l'approximation.
- Chaque fois qu'il pleut, on va dans le petit bois là-bas, tous ensemble, comme on a fait pour la vendange, et on chasse les escargots. On constitue deux équipes et l'une rabat les escargots vers la seconde. Tu préfères rabattre ou capturer?
Après quelques explications sur le vocabulaire, ma Gretchen est pantelante. Elle comprend qu'un rabatteur ne touche pas l'escargot et me dit qu'elle préfère rabattre, cent fois, mille fois, cent mille fois rabattre.

- Tu as raison, c'est plus sûr. Quand il est poursuivi, l'escargot devient agressif. Quand on capture il faut faire bien attention à ne pas se faire mordre.

Elle essaie de rire, pour la première fois. Je la regarde très sérieusement (oui, ce n'est pas évident). J'aimerais dire quelque chose, mais si je parle, c'est fini, je fais pipi partout. Très impressionnée par mon silence outré, elle en conclue qu'il est temps de faire un pas vers moi.
-Mais c'est plus intéressant, de capturer, alors, peut être?

Me voila partie sur les différentes techniques de capture, à la catalane (technique frontale), à la camargaise (au lasso), à la lyonnaise (on appâte au pied de cochon) puis nous débattons sur l'opportunité de porter des gants. Je lui dis que les purs, les vrais ne le tolèrent pas et que j'en suis. Mais que je comprendrai, conclus-je au sortir d'un soupir agacé.

Pendant ce temps, la pluie s'est arrétée. Gretchen lève vers le ciel un regard plein d'espoir tandis que je peste. Je lui dis que d'après Météo France, on gagnerait à programmer ça plutôt pour demain. Elle a mis la page de Yahoo avec les prévisions météo en page d'accueil de son navigateur et jette par la fenêtre des regards apeurés.

Je lui dis que c'était du flan ou j'attends demain ? Non, parce qu'il y a des chances qu'elle suive mes prescriptions et se pointe avec tout l'attirail : ses bottes, son ciré et son épuisette... J'ai pas été complètement réglo dans le descriptif de la tenue réglementaire... Ca vous étonne ?


*Cargolade : Grillade d'escargots que l'on arrose de lard fondu après les avoir trempés dans le sel et le poivre. On mange l'escargot sur sa grille, se brûler fait partie du rituel. Dans la main gauche on tiendra une tartine d'aïoli. Dans ces contrées sauvages, compter deux têtes d'ail pour un oeuf ; comme dit ma grand-mère : "L'ail, tu en mets jusqu'à ce que ça pique".

mardi 14 octobre 2008

Mardi 14 octobre : Viva Italia!

Ah, la chère contrée ! J'aurai l'occasion de vous dire tout mon amour, toute ma passion pour le pays de Luca, de Gabriele, de Laura, des deux Plines (l'Ancêtre et le Minot, un truc comme ça), de la vraie mozzarella, du Sangiovese, du Nebbiolo, de la Fragola (il faut, une fois dans sa vie, sentir et goûter du raisin qu'on prendrait pour de la fraise si on l'approchait les yeux bandés... Oh la coquinette idée... Pardon, je m'égare!), de tous ces cépages qui la rendent si riche et si belle, de ces femmes pleinement femmes et de ces hommes tellement mecs, de ses plaines, de ses rocs, de ses lacs... Je m'en voudrais de me laisser emporter dans une énumération fastidieuse.

Mais j'apprends à l'instant que l'Italie m'émerveillera toujours. C'est seulement une confirmation. Il y a en Italie un sens de la comédie et du drôle, qui n'a d'équivalent que le talent de l'Espagne pour le drame.L'Espagne, c'est le flamenco et la corrida. L'Italie, c'est la Comedia dell'Arte et l'opéra. Point. Et je me contrefous que ton hilarante cousine espagnole imite super bien le poulpe, je généralise à outrance. Si je voulais faire dans le subtil, j'écrirais une thèse. Capisci?

L'Italie de Rigoletto, l'Italie du sourire et de la beauté m'appelle à toute force par une de ces petites nouvelles à mourir de rire dont elle a le secret. Dimanche 5 octobre, c'était jour de fête à Marino, riante bourgade de la périphérie romaine. Jour de fête des vendanges. Tous les premiers dimanche d'octobre, Marino se lâche. Tous les ans, pendant cette journée magique, une fontaine de la ville, la fontaine des Quatre Maures, crache du vin. Un astucieux système permet en effet de raccorder l'alimentation de la fontaine à des citernes de vin blanc. Lassés de se relever la nuit pour effectuer les branchements sans jamais y gagner un merci, les agents de la voirie municipale ont trouvé cette année à se faire remarquer. Ou ont-il fait un petit tour dans la citerne avant de procéder aux raccordements ? Toujours est-il que les Marinais (appellation non contrôlée) se sont trouvés bien déconcertés avant d'endosser leurs habits du dimanche. Entre le lit et l'église, il y avait la salle de bain. Or tous les robinets crachaient du vin blanc. Certains se sont fait couler d'inoubliables bains avant que la mairie ne rétablisse les connexions habituelles. Il a fallu attendre pour cela que le maire s'arrête de rire. Et ça a considérablement ralenti le déroulement des opérations.

En France, on aurait monté un comité de réflexion, avec un sous-comité pour décider de la procédure de vote au sein du comité. Des visages graves auraient rayonné autour d'une table (ronde, donc) en noyer sous les ors de la République. Très vite, des scissions irréversibles auraient déchiré cette docte et digne assemblée entre les partisans du rouge et les défenseurs du blanc. Profitant de leur désunion, pieux et cul pincé, un ancien alcoolique converti à l'aquaphilie et donneur de leçons, tel ces anciennes courtisanes qui se piquent de bigoterie, en aurait profité pour interdire la fête des vendanges. Au nom de la protection des mineurs et de la préservation des pigeons qui souillent les fontaines. On s'y retrouve bien, non ?

lundi 13 octobre 2008

Lundi 13 Octobre 2008 : Invicible

Ma recette du bonheur : un dimanche à midi à la Réserve Rimbaud et pour le vin on ne se trompe pas...

Laurent Vaillé est de ces hommes qu'on croise une fois et qui vous marquent à vie. Vous les rencontrez et vous les voulez comme mentor. Ils lâchent des phrases qui vous reviennent encore et encore, que vous n'oubliez jamais. Vous saoulez votre entourage à leur raconter encore et encore les mots du maître.
Alors étudiante, j'ai eu le privilège d'être accueillie chez lui à Aniane pour une visite de ses chais. Le temps ne se prêtait pas à une visite dans les vignes... Hélas! Il nous avait fait goûter sur fût un Mourvèdre rayonnant de complexité épicée. Tandis que nous vantions sa richesse et sa fraîcheur aussi, il avait souri, goguenard : non, le vin ne faisait pas ses 16°. Une claque !
Depuis, je n'avais pas regoûté ses vins, tant ils sont rares et tant l'Italie m'a tenue loin des grands vins du Languedoc. On ne peut pas être partout.
Sur la carte des vins de la Réserve Rimbaud, la Grange des Pères 2004 trônait, irrésistible tentatrice. Je n'ai pas résisté. Une petite conversation avec la sommelière, délicieuse d'à propos, et la voila partie vérifier si d'autres millésimes ne seraient pas disponibles. Elle est revenue avec cette rareté, cette splendeur. On débouche, on carafe, on finit le champagne, le temps que la Grange respire un peu. Une explosion nous attend. Une explosion d'harmonie dans le fondu de tous les éléments. Monolithique? oh non! Mais quelle puissance et quelle parfaite intégration du bois, du fruit, des épices et des tannins. Impossible de vous le décrire en "notes de prune du Japon et de mure sauvage du Kansas" (croyez moi, pourtant, j'adorerais!). Car sur des vins d'une telle finesse et de cette maturité, on a passé le stade de décrire le boisé côté vanille ou toast et les épices par le poivre et la cannelle. On est dans un autre registre de complexité où le vin goûte des images et respire des textures. Les composants du vin sont fondus et les sens qui les perçoivent se répondent et s'emmêlent aussi.
Vieux reflexe de dégustatrice à l'aveugle, j'écoute les mots que crie le vin, qui me guideraient si je ne savais déjà d'où il vient. Il me parle d'ailleurs, du côté d'Alba. Laurent m'en voudrait sans doute. Et c'est un affront fait à Aniane. Mais pardon, je n'ai jamais rien goûté de tel en Languedoc. Je n'ai jamais rien goûté de tel tout court. En rédigeant ce post, je le sens encore. Hier, alors que tombait sous les pins un soir tiède et moite, je le sentais autour de moi, encore dans mon nez, encore dans ma bouche. Tu parles d'une longueur phénoménale ! On parle de retours d'acide, je parle de retour de Grange! Et l'invite à revenir quand elle veut, dès qu'elle peut, j'y serai.
Vous l'aurez compris, après un déjeuner comme celui-ci, on se sent forcément béni et invincible.


jeudi 9 octobre 2008

Jeudi 9 octobre 2008 : (Yesterday's) Birthday Girl

Le 9 octobre s'obstine. Tout les ans, ce triste sire revient montrer son groin. Ce jour lambda dont je n'attend aucun geste ni sourire. Un jour de rien après une date tant attendue. Un 2 janvier. Le jour du retour à la normale, de la fin de la magie. La fête est finie, nous revenons dans le temps après en être sortis 24 heures seulement. Le 9 octobre, c'est le quotidien. Le 9 octobre, c'est le lendemain de mon anniversaire. Il a toujours pour moi un arrière goût de lendemain de fête. Appelée, choyée, embrassée, gâtée pourrie, je voulais rester dans mes 24 heures du 8 octobre encore un peu... Mais l'infâme est arrivé subrepticement dans la nuit, profitant de mon sommeil.

Je l'accueille avec d'autant plus de mauvaise grâce que mon 32ème anniversaire a vraisemblablement été l'un des plus heureux de ma (si) jeune vie. Alors pour ressusciter ces heures parfaites, je vous en fais le récit. C'est parti.

L'histoire commence le 7 octobre, car le 7 octobre a été particulièrement féroce : baptême de vendanges pour moi. Départ 6h30, retour 22h et à l'arrivée un rêve, un appel, un besoin : un bain. La surprise était à la sortie du robinet : problème de canalisation, l'eau est coupée et le reste jusqu'au lendemain... Pas de chasse d'eau, même pas de quoi rincer mes doigts noirs et collants. J'ai une demie bouteille de coca pour me décrasser d'une journée à quatre pattes dans les vignes...

Desespérée, je m'endors comme une brique sur le canapé et mon amoureux rentre à pas de loup quelques quarts d'heures plus tard. C'est ainsi que, dès les premières heures du 8 octobre, à moitié endormie, j'ai senti deux bras forts m'enserrer tendrement et sa voix chaude et basse et de luxure assouvie murmurer à mon oreille "Il est minuit passé, nous sommes le 8 octobre, bon anniversaire mon amour". Quelques heures plus tard, le soleil se levait sur cette journée qui n'arrive qu'une fois par an (à une vache près, hein, c'est pas une science exacte).

Le 8, crados (toujours pas d'eau), mais souriants, nous avons décidé d'en avoir cure (thermale, ha ha ha) et sommes sortis profiter de la ville et de ses attraits sans attendre le rétablissement canalisatoire.

Quelques emplettes au programme et un déjeuner enchanteur sur une place pluvieuse le long de la Rue des Ecoles Laïques. Arrivent la très belle bavette et le rognon flambé sublimissime du Bistrot Gourmand, accompagnés d'un Pic Saint Loup de chez Cazeneuve qui allait rondement bien. Je regarde mon homme manger et je l'aime. Nous parlons de plus tard, d'ailleurs tout en étant pleinement heureux d'être ici et maintenant. Nous flânons dans l'Ecusson, bras dessus-bras dessous, sous un grand parapluie. Quelques emplettes de plus, ici et là, sels de bains, galets effervescents, je prie pour que l'eau soit rétablie quand nous remontons l'allée qui nous ramène chez nous.

Nous croisons en chemin l'agent immobilier qui nous a vendu l'appartement. Il n'a pas vu le résultat des travaux et nous accompagne. Sur place, il s'esbaudit, nous affirme qu'il a vu des travaux similaires réalisés par des professionnels et bien moins bien exécutés. Exagère-t-il ? Qu'importe... L'eau est de retour, nous sommes meilleurs que des pros, mon amoureux part travailler, je prépare l'apéritif familial du soir au son de l'eau du bain qui coule. Je prends mon bain avec Bruce. Willis. Si. Sur l'écran de mon ordi, John McClane n'en finit pas de râler entre deux rafales au coin de ma baignoire.

Arrivent mon cousin, son aimée, ma cousine, ma marraine et tout ce petit monde me couvre de cadeaux, de bisous tandis que je relis les messages envoyés sur mon téléphone. Mes frères et belle-soeur, mes parents, ma grand-mère, tout le monde est là pour me souhaiter tout le bonheur du monde et me recommander d'être heureuse.

Forcément, le 9 octobre est un peu fade... La douleur des courbatures, le rhume naissant (et déjà en super forme avec son lot de toux âcre et de nez plein) ne sont plus cachés sous ma joie d'être au centre de toutes les attentions. Pénélope Jolicoeur vient cependant éclairer ce jour funeste. Nous traversons les mêmes affres, voyez plutôt. Et puis j'ai mon rayon de soleil velu pour tous les jours avec et sans pluie : vivement ce soir que mon chéri et moi-même soyons tous les deux rentrés de nos boulots respectifs!

Merci à tous ceux qui étaient là, en pensée, en parole et en action.

lundi 6 octobre 2008

Lundi 5 octobre 2008 : l'art délicat de la manipulation

A bout de ressources et à court de souffle pour lui hurler ma rage, je dois prendre la tangente et trouver d'autres mots pour convaincre mon plus proche collaborateur. Avec lui, c'est le même schéma qui revient, d'une semaine sur l'autre, ses reproches passent de tout à son contraire. Il est intelligent, moi aussi ; ce n'est pas un méchant, moi non plus. Alors ? Pourquoi ce mur ? Ras le bol des situations qui se reproduisent : ni une ni deux, je me jette sur Internet pour lire un peu de psychologie comportementale. Ca n'épargne pas les mouches mais au moins ça lui épargne une lampe halogène dans la tronche, à l'autre là!

Parce que convaincre les gens, ce n'est pas forcément mon point fort. Il paraît que j'ai tendance à manquer un tout petit peu de souplesse. Ca vous étonne, vous aussi, n'est-ce pas? Me mettre à la place de mon interlocuteur pour profiter d'un max d'empathie, ça je sais faire. Chercher les arguments qui répondent à ses besoins et pas seulement aux miens, c'est la suite logique et je cerne bien la différence. Mais parfois, je ne cerne rien, je ne perçois pas la raison qui pousse un être intelligent à refuser d'adopter le point de vue le plus rationel pour tous, le plus avantageux pour lui et le plus violemment défendu par moi... Alors?

Quelques principes que j'ai pu glaner ici et là : il existe principes de vie en société qui valident des arguments dans la tête de notre auditeur. On retiendra :
- le besoin de faire comme les autres. Oui, Panurge nous tient et il est votre allié pour convaincre un interlocuteur de faire ce que vous et d'autres spécialistes de votre domaine ont choisi de faire avant lui. Si vous ne pouvez pas le convaincre que vous êtes suffisamment proche ou semblable à lui pour que votre choix soit une référence, faites passer votre message par un autre, dans lequel votre interlocuteur se reconnaîtra. En l'espèce, ça part mal, il me faut donc un babouin avec des fesses écarlates... mais où vais-je trouver ça à cette heure-ci un lundi?
A contrario, le besoin de faire comme les autres joue contre l'effet escompté du message lorsqu'on met trop en avant les choses à ne pas faire comme étant "encore" le comportement d'un trop grand nombre. Ainsi encouragé, le mouton applique avec bonheur le principe bien connu du "ça pue, c'est moche et ça va se casser la figure, mais puisque tout le monde le fait, j'y mets ma petite pierre aussi." Les exemples vous viennent en tête tous seuls... Postez-en donc quelques uns dans vos commentaires...

- le besoin d'être cohérent avec ses engagements antérieurs : si vos réunions ne sont pas assez suivies, associez davantage les participants à la conception et à la prise de décision. Ils reviendront défendre leurs projets.

- le besoin d'être considéré et entendu : personnalisez vos messages. Un post it, un petit mot à l'appui de l'argument fait la différence, surtout si vous le terminez par "Merci". Chantage affectif ? Avec un babouin ?...

- le principe de réciprocité : vous engage à rendre la pareille à votre interlocuteur, un pas en avant pour un pas en avant. Si vous associez ça à la personnalisation sur le mode "ah toi, pour toi, rien que pour toi", c'est de la bombe, Bébé!

Instructif mais... je ne suis pas plus avancée. Pourquoi il me dit encore tout et son contraire, Donkey Kong ?