Sur les coups de 2h28 ce matin, au nom des expérimentations préparatoires au scellage définitif des sanitaires de la salle de bains, mon amoureux et moi-même nous sommes trouvés nantis d'une baignoire en pleine possession de tous ses moyens. Avec des raccords de canalisations d'alimentation et d'évacuation en parfait état de fonctionnement, chacuns de leur côté (^^), sans fuites. Nous avions au préalable pris toutes les mesures pour la peinture, le carrelage, les autres meubles...
"Ca, c'est fait," nous sommes nous dit, "maintenant y'a plus qu'à". Une phrase qui revient souvent dans nos conversations récentes, tant il est vrai qu'un chantier est une somme d'aboutissements en prélude à d'autres chantiers.
Il aurait pu être l'heure d'aller se coucher en remettant à demain le reste des travaux et, pour l'heure, tout ce qui reste à faire dans la salle de bains : mettre un coup de blanc au mur, dégommer les plinthes, poser le carrelage, poser d'autres plinthes... En attendant, du moins, prendre un repos bien mérité et nous défaire de nos habits de gala bien blanchis...
Au lieu de ça, mon amoureux et moi-même avons échangé un regard coquin d'écoliers devant un paquet de boules puantes oublié par le surveillant. Nous avons rempli la baignoire, encore recouverte de sa housse de protection par endroits, à dessein, et nous avons pris notre premier bain. Nous avons lavé nos cheveux desséchés par le plâtre, nous nous sommes frottés au savon de marseille, nous avons contemplé le plafond avec des regards béats et nous nous sommes dit que ça allait être pas mal de vivre ici !
Inutile de vous dire qu'on a ensuite dormi comme des bébés (tout propres)!
Les photos suivent mais je poste sur ma pause déjeuner depuis que je n'ai plus d'internet chez moi ! Alors un peu de patience !
mardi 24 juin 2008
lundi 23 juin 2008
L'eau chaude, telle l'hirondelle, nous annonce des jours meilleurs
Je n'ai pas été assez précise dans ma précédente chronique : "on a de l'eau". Oui, mais de l'eau froide. Car le grand progrès enregistré samedi soir sur les coups de 21h45, c'est l'arrivée de l'eau chaude. Ca ne bouleverse pas notre vie quotidienne pour le moment. Mais cela change tout quand même !
Quand on se lave de toute façon au lavabo, qui est le seul sanitaire survivant de l'ère antérieure à noussssssss, le faire à l'eau chaude apparaît comme un luxe éhonté. La survie impose seulement d'avoir l'eau (froide) dans le lavabo et les toilettes. L'eau froide, c'est l'hygiène. Oui mais l'eau chaude, c'est la civilisation.
Quand l'eau chaude paraît, ce n'est pas pour se laver, c'est pour espérer. C'est le signe que la baignoire arrive car la plomberie ne fuit plus nulle part. Le cri de l'eau chaude dans le robinet, c'est le clin d'oeil discret de la maison qui t'encourage à acheter enfin le carrelage pour mettre sous la baignoire, parce que le moment approche de la faire paraître au monde.
C'est la promesse de petites tablettes en teck pour les sels de bains et la mousse. Ce sera propre. On ne verra plus que faïence, gant de crin et bois précieux, huiles essentielles et crême au miel. Adieu béton, truelles, briquettes... Adieu cuivre, plomb, étain... Adieu savon, serviettes, qui servent aussi bien au nettoyage des outils, des assiettes que des parties intimes (bien repérer sa serviette et ne jamais la laisser en libre service, au risque de la retrouver enroulée sur une canalisation, au chevet d'une soudure chancelante).
On n'y est pas mais on approche. On approche...
Quand on se lave de toute façon au lavabo, qui est le seul sanitaire survivant de l'ère antérieure à noussssssss, le faire à l'eau chaude apparaît comme un luxe éhonté. La survie impose seulement d'avoir l'eau (froide) dans le lavabo et les toilettes. L'eau froide, c'est l'hygiène. Oui mais l'eau chaude, c'est la civilisation.
Quand l'eau chaude paraît, ce n'est pas pour se laver, c'est pour espérer. C'est le signe que la baignoire arrive car la plomberie ne fuit plus nulle part. Le cri de l'eau chaude dans le robinet, c'est le clin d'oeil discret de la maison qui t'encourage à acheter enfin le carrelage pour mettre sous la baignoire, parce que le moment approche de la faire paraître au monde.
C'est la promesse de petites tablettes en teck pour les sels de bains et la mousse. Ce sera propre. On ne verra plus que faïence, gant de crin et bois précieux, huiles essentielles et crême au miel. Adieu béton, truelles, briquettes... Adieu cuivre, plomb, étain... Adieu savon, serviettes, qui servent aussi bien au nettoyage des outils, des assiettes que des parties intimes (bien repérer sa serviette et ne jamais la laisser en libre service, au risque de la retrouver enroulée sur une canalisation, au chevet d'une soudure chancelante).
On n'y est pas mais on approche. On approche...
jeudi 19 juin 2008
Home sweet home
La date du 6 juin est passée. C'est signé. Je suis propriétaire à la Roseraie.
La date du 15 juin est passée. J'ai rendu mes clés. Je ne vis plus à Odysseum.
La date du 20 juin approche, mais nous sommes loin d'avoir véritablement emménagé à la Roseraie. Nous avons cassé des murs, des éviers, des baignoires, refait une partie de la plomberie, détapissé mais il reste à monter, poser, enduire, peindre... Il nous manque un sol et des murs. Cruellement. Déjà, on a de l'eau, au lavabo et dans les toilettes. Une rude absence de quatre jours m'a rappelé que le luxe, c'est peu de chose.
On tient bien le coup. On apprend à déjouer les pièges de la facilité, à ne plus jamais dire "eh les mecs d'Ikéa ils se sont plantés sur le plan". Non. Les plans d'Ikéa c'est comme les ordinateurs, si ça plante, c'est toujours ta faute. Cherche pas, qu'on te dit !
On apprend qu'il faut tenir les autres à distance. Ceux qui ont beaucoup de conseils à donner mais pas beaucoup de temps car ils sont loin. On apprend qu'il faudrait se taire et ne rien leur dire pour avoir la paix. Ou sortir très vite Un Singe en Hiver de ses cartons. Et adapter à un public choisi cette réplique qui m'est chère : "Suzanne, tu es une épouse modèle (...). Mais tu m'emmerdes. Tu m'emmerdes affectueusement, tendrement, avec amour, mais tu m'emmerdes."
La date du 15 juin est passée. J'ai rendu mes clés. Je ne vis plus à Odysseum.
La date du 20 juin approche, mais nous sommes loin d'avoir véritablement emménagé à la Roseraie. Nous avons cassé des murs, des éviers, des baignoires, refait une partie de la plomberie, détapissé mais il reste à monter, poser, enduire, peindre... Il nous manque un sol et des murs. Cruellement. Déjà, on a de l'eau, au lavabo et dans les toilettes. Une rude absence de quatre jours m'a rappelé que le luxe, c'est peu de chose.
On tient bien le coup. On apprend à déjouer les pièges de la facilité, à ne plus jamais dire "eh les mecs d'Ikéa ils se sont plantés sur le plan". Non. Les plans d'Ikéa c'est comme les ordinateurs, si ça plante, c'est toujours ta faute. Cherche pas, qu'on te dit !
On apprend qu'il faut tenir les autres à distance. Ceux qui ont beaucoup de conseils à donner mais pas beaucoup de temps car ils sont loin. On apprend qu'il faudrait se taire et ne rien leur dire pour avoir la paix. Ou sortir très vite Un Singe en Hiver de ses cartons. Et adapter à un public choisi cette réplique qui m'est chère : "Suzanne, tu es une épouse modèle (...). Mais tu m'emmerdes. Tu m'emmerdes affectueusement, tendrement, avec amour, mais tu m'emmerdes."
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