Ami stagiaire qui me rejoint dans ce joli bureau, je te vois venir. Ami stagiaire, il n'y a pas si longtemps, j'étais à ta place. J'ai fait les mêmes bourdes, connu les mêmes malaises, je ne savais pas trop où je créchais moi non plus à l'époque. Ah, les stagiaires ! Il y en a qu'on bénit, il y en a qu'on adopte, il y en a qu'on vomit... Chacun sa croix et son stage.
Le stagiaire mature, autonome et compétent
Mouahahahahaha!
Alors déjà il n'existe pas.
Mais si. Quand il existe, il a 38 ans, dix ans de boite ailleurs, dans un autre métier dont il a voulu changer. Il cerne vite les enjeux, les pour, les contre, ce qui marche et ce qui relève de la flûte. C'est une pierre précieuse.
Le stagiaire au dents qui raient...
le plancher, bien sûr, mais il ne s'arrête pas là. Même le sous-main de votre bureau n'est pas à l'abri.
Que c'est pénible un stagiaire qui affiche sans complexe sa certitude qu'il ferait votre boulot mieux que vous. Parfois c'est surtout pour cacher son manque de confiance en lui. Les complexes de supériorité servent parfois à cacher des complexes d'infériorité qui seraient pourtant beaucoup plus attachants.
Notez que je comprends ces stagiaires : j'ai été de ceux qui arrivent avant leur manager, qui repartent après lui et à qui ce dernier finit par dire "arrête ton zèle, tu mets tout le monde mal à l'aise!". De ces stagiaires qui rappellent aux salariés qu'ils ont un jour été passionnés par leur métier et qu'ils ne le sont plus (personne n'aime ça).
De ces stagiaires aussi qui pêchent par maladresse, par besoin d'affirmer que leur compétence n'attend point le nombre des années alors que si, mes petits. La compétence, comme l'expérience, ça s'acquiert, ça se patine au contact de la vraie vie. Et tout à votre envie de bien faire vous pouvez vous mettre irrémédiablement tout ce qui est né après vous à dos.
Dans ce registre, j'en ai un de toute beauté "Je suis sûr que je pourrai beaucoup vous apporter". Très bien ; n'ajoutez pas "parce que pour le moment on voit bien que vous n'avez pas de spécialiste comme moi dans la boîte". Surtout pas.
Et perdez cette irritante habitude de répondre "Je sais" quand on vous explique. Surtout quand on vous explique que vous avez fait une bêtise : à l'évidence vous ne saviez pas. Attention.
Le stagiaire qui cultive sa paume
Et quel terrain fertile! Baobab, saule pleureur et même une haie de cyprès pour vous accueillir. Celui-là commence par vous demander à quelle heure on mange, à quelle heure on part et si on part plus tôt le vendredi. A peine lui demandez-vous quelque chose qu'il carbure déjà pour trouver un moyen d'y couper. Tant que vous vous tenez à une liste de tâches simples dont vous pouvez vérifier ponctuellement l'avancée, tout va bien. Mais confiez-lui une tâche complexe pour laquelle il lui faut distinguer plusieurs chantiers et les hiérarchiser et vous le perdez dès que vous le lâchez. Il est déjà en train de pianoter comme un fou alors qu'il n'a rien à rédiger. Comme si ces abrutis de stagiaires croyaient que nous n'allons pas nous aussi sur msn ou ... alimenter un blog...
Et quand on lui demande ce qu'il fait, c'est tellement fatiguant de le voir lutter pour noyer des poissons plus gros que lui qu'on a envie de le renvoyer chez lui tout de suite, histoire de gagner du temps.
Parmi les cultivateurs de baobas, je recommande de distinguer l'incapable sans passion, sans culture et sans curiosité de l'incapable que le travail que vous proposez n'intéresse pas. Avec le premier, vous pouvez y aller sans pincettes et lui recommander de toute urgence un boulot de planqué, quel qu'il soit. De préférence un où il ne sera jamais en rapport avec qui que ce soit, car c'est une vraie nuisance. Pour le second, qui s'intéresse, voire se passionne, pour des thématiques qui n'ont rien à voir avec le métier que vous devez lui apprendre, il est de votre responsabilité d'être humain de lui dire qu'il sera plus heureux ailleurs. Et si possible de le guider pour exceller loin de vous. En le voyant se passionner, vous aurez même envie de garder le contact!
mercredi 18 novembre 2009
mercredi 21 octobre 2009
Décodons la Connasse
Vous en connaissez et j'en connais aussi. Ce ne sont pas forcément les mêmes, mais certaines font l'unanimité. Car la vraie Connasse est une espèce repérable. A se demander comment elle ne s'en rend pas compte elle-même. Quoique. La vraie Connasse sait, j'en suis sûre. Femmes qui me lisez, ne vous êtes-vous jamais dite "Ah, tiens ! Là, je suis en train de faire ma connasse !" ? Une fois de temps en temps, ça nous arrive à toutes. Ca ne fait pas de nous une vraie Connasse. La Connasse, c'est pour toute la vie. Mais on ne m'ôtera pas de l'idée que si je m'en rends compte quand ça m'arrive, la Connasse ne peut que savoir qu'elle le fait tout le temps.
Je viens de traiter avec une Connasse, amusante d'amateurisme. Elle m'a rappelé une Connasse de haute volée que j'ai trop connue. Les mêmes expressions. La même obsession de ne pas perdre la face et de faire porter au monde le poids de la haine de soi et de la jalousie des autres. D'une mauvaise foi hallucinante, elle vous culpabilise sur ses oublis et ses erreurs à elle. Quand, d'un ton enjoué parce qu'on ne va pas lui faire le plaisir de s'énerver, vous lui mettez sous le nez la preuve irréfutable de sa responsabilité, la Connasse ne vous accuse pas en frontal de mentir. Elle prend un air pénétré et glisse "C'est bizarre, je l'avais pourtant fait/dit/écrit". Une Connasse trouve beaucoup de choses bizarres, notez le. Et quand une connasse dit "c'est bizarre", vous pouvez traduire par "vous mentez", car elle ne suggère pas autre chose.
Pas plus qu'elle ne vous accuse ouvertement de mentir, la Connasse ne vous dit jamais qu'elle ne veut pas faire ce que vous lui demandez. La Connasse vous dit : "Je ne comprends pas". Sans que vous soyez réellement sûr qu'elle souhaite comprendre. En effet, en général cette réponse intervient alors que vous venez de tout expliquer. Comme vous aurez déjà exposé tous les arguments rationnels et réels, vous êtes démuni(e). Qu'êtes-vous censé expliquer de plus ? Rien. D'abord, résistez à la tentation de répondre "C'est que vous êtes débile", même si cela reste la seule explication rationnelle. Mais il ne s'agit pas d'être rationnelle. Admettez que c'est un nouveau faux-semblant et laissez tomber. Si vous êtes déjà escagacé(e), rien que cet effort peut vous épuiser. Tenez bon. Si vous en avez le coeur et si vous croyez encore au Père Noël, demandez "Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?". Vous n'aurez jamais de vraie réponse, seulement la confirmation qu'elle ne fera pas ce que vous lui demandez.
De la même façon, quand une Connasse rencontre un os et qu'elle demande "Pourquoi ?", ne traduisez pas naïvement que la Connasse cherche à identifier la source d'une erreur pour la réparer. Non. Une Connasse qui vous demande "Pourquoi telle chose n'a pas été faite comme je l'avais exigé ?" vous demande en réalité "Qui n'a pas obéi à mes ordres ?", elle se contrefout de la source de l'erreur, elle se contrefout de réparer l'erreur, elle doit déverser sa colère sur un coupable désigné et le pourrir. Parce qu'elle en a l'opportunité et qu'elle ne la laissera pas passer.
Dernier symptôme qui ne trompe pas : la Connasse ne dit jamais "merci". Pour "s'il vous plaît", elle peut y mettre du sien : au stade du "s'il-vous plaît", sa demande n'est pas encore satisfaite. Or la Connasse est prête à tous les reniements pour avoir ce qu'elle veut. Alors pourquoi pas un peu d'humanité ? Attention, cependant, ne vous méprenez pas, ce n'est pas de la politesse : le "s'il vous plaît" de la Connasse veut dire "et que ça saute" ou "regardez comme je suis bien élevée". Mais elle ne le dit jamais pour de vrai. Et de toute façon elle préfère les périphrases. Notamment pour vous faire faire ce que vous ne voulez pas faire. "Pourriez-vous avoir la gentillesse de...". C'est comme ça que la mienne a réussi a me faire lui faire du thé. Bon, pour finir elle n'a pas bu que du thé au cours de cette année et elle s'est bien habituée au combo lapsang souchong-sauce soja. Pourquoi ne pas avoir rivé le clou alors qu'elle m'avait fourni la parade ? Je me le demande encore. Quel pied c'eût été de répondre simplement "Je ne comprends pas"... Il n'est pas trop tard, d'autres occasions se présenteront. D'autres Connasses. Je les attends. A Connasse, connasse et demie.
Je viens de traiter avec une Connasse, amusante d'amateurisme. Elle m'a rappelé une Connasse de haute volée que j'ai trop connue. Les mêmes expressions. La même obsession de ne pas perdre la face et de faire porter au monde le poids de la haine de soi et de la jalousie des autres. D'une mauvaise foi hallucinante, elle vous culpabilise sur ses oublis et ses erreurs à elle. Quand, d'un ton enjoué parce qu'on ne va pas lui faire le plaisir de s'énerver, vous lui mettez sous le nez la preuve irréfutable de sa responsabilité, la Connasse ne vous accuse pas en frontal de mentir. Elle prend un air pénétré et glisse "C'est bizarre, je l'avais pourtant fait/dit/écrit". Une Connasse trouve beaucoup de choses bizarres, notez le. Et quand une connasse dit "c'est bizarre", vous pouvez traduire par "vous mentez", car elle ne suggère pas autre chose.
Pas plus qu'elle ne vous accuse ouvertement de mentir, la Connasse ne vous dit jamais qu'elle ne veut pas faire ce que vous lui demandez. La Connasse vous dit : "Je ne comprends pas". Sans que vous soyez réellement sûr qu'elle souhaite comprendre. En effet, en général cette réponse intervient alors que vous venez de tout expliquer. Comme vous aurez déjà exposé tous les arguments rationnels et réels, vous êtes démuni(e). Qu'êtes-vous censé expliquer de plus ? Rien. D'abord, résistez à la tentation de répondre "C'est que vous êtes débile", même si cela reste la seule explication rationnelle. Mais il ne s'agit pas d'être rationnelle. Admettez que c'est un nouveau faux-semblant et laissez tomber. Si vous êtes déjà escagacé(e), rien que cet effort peut vous épuiser. Tenez bon. Si vous en avez le coeur et si vous croyez encore au Père Noël, demandez "Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ?". Vous n'aurez jamais de vraie réponse, seulement la confirmation qu'elle ne fera pas ce que vous lui demandez.
De la même façon, quand une Connasse rencontre un os et qu'elle demande "Pourquoi ?", ne traduisez pas naïvement que la Connasse cherche à identifier la source d'une erreur pour la réparer. Non. Une Connasse qui vous demande "Pourquoi telle chose n'a pas été faite comme je l'avais exigé ?" vous demande en réalité "Qui n'a pas obéi à mes ordres ?", elle se contrefout de la source de l'erreur, elle se contrefout de réparer l'erreur, elle doit déverser sa colère sur un coupable désigné et le pourrir. Parce qu'elle en a l'opportunité et qu'elle ne la laissera pas passer.
Dernier symptôme qui ne trompe pas : la Connasse ne dit jamais "merci". Pour "s'il vous plaît", elle peut y mettre du sien : au stade du "s'il-vous plaît", sa demande n'est pas encore satisfaite. Or la Connasse est prête à tous les reniements pour avoir ce qu'elle veut. Alors pourquoi pas un peu d'humanité ? Attention, cependant, ne vous méprenez pas, ce n'est pas de la politesse : le "s'il vous plaît" de la Connasse veut dire "et que ça saute" ou "regardez comme je suis bien élevée". Mais elle ne le dit jamais pour de vrai. Et de toute façon elle préfère les périphrases. Notamment pour vous faire faire ce que vous ne voulez pas faire. "Pourriez-vous avoir la gentillesse de...". C'est comme ça que la mienne a réussi a me faire lui faire du thé. Bon, pour finir elle n'a pas bu que du thé au cours de cette année et elle s'est bien habituée au combo lapsang souchong-sauce soja. Pourquoi ne pas avoir rivé le clou alors qu'elle m'avait fourni la parade ? Je me le demande encore. Quel pied c'eût été de répondre simplement "Je ne comprends pas"... Il n'est pas trop tard, d'autres occasions se présenteront. D'autres Connasses. Je les attends. A Connasse, connasse et demie.
jeudi 8 octobre 2009
Elvis ate America...
Zoyeux zanniversaire Moa!!!!
Bon, le moral est au beau fixe. Nous avons beaucoup ri, bien mangé et raisonnablement bu, mes collaborateurs ont fêté avec moi mon entrée dans ma 34ème année (sa mèèèère, on peut le dire!).
Mais ma vraie joie c'est de retrouver Elvis, chauffeur de son état, napolitain de naissance, de coeur et de tout (car on ne saurait être autrement napolitain ; ce qui marche à Paris et à New York ne marche pas forcément ailleurs, surtout à Naples... Capisci ?).
Elvis et moi ne parlons pas une seule langue qui nous soit commune. Mais Elvis et moi sommes devenus très amis à Naples par amour pour la mode et un certain nombre de groupes de musique. Rien de si coquin, les amis, seulement Elvis est un gars beau et bien comme l'Italie en fait encore. De ceux qui prient, portent le chapeau et se découvrent. Un art qui se perd.
Elvis fait aujourd'hui partie de mes amis sur Facebook. Elvis m'a retrouvée, je ne sais pas comment. Mais je compte un King parmi mes amis. Et tout le monde ne peut pas en dire autant!

Thanks, Elvis, you made my day !
Hi hi hi! Y'a pas à dire, le 8 octobre, c'est quand même un jour à part !
Bisous à tous
Bon, le moral est au beau fixe. Nous avons beaucoup ri, bien mangé et raisonnablement bu, mes collaborateurs ont fêté avec moi mon entrée dans ma 34ème année (sa mèèèère, on peut le dire!).
Mais ma vraie joie c'est de retrouver Elvis, chauffeur de son état, napolitain de naissance, de coeur et de tout (car on ne saurait être autrement napolitain ; ce qui marche à Paris et à New York ne marche pas forcément ailleurs, surtout à Naples... Capisci ?).
Elvis et moi ne parlons pas une seule langue qui nous soit commune. Mais Elvis et moi sommes devenus très amis à Naples par amour pour la mode et un certain nombre de groupes de musique. Rien de si coquin, les amis, seulement Elvis est un gars beau et bien comme l'Italie en fait encore. De ceux qui prient, portent le chapeau et se découvrent. Un art qui se perd.
Elvis fait aujourd'hui partie de mes amis sur Facebook. Elvis m'a retrouvée, je ne sais pas comment. Mais je compte un King parmi mes amis. Et tout le monde ne peut pas en dire autant!

Thanks, Elvis, you made my day !
Hi hi hi! Y'a pas à dire, le 8 octobre, c'est quand même un jour à part !
Bisous à tous
mercredi 7 octobre 2009
Votre mission, Mr Oz : croître et embellir
Et il s'y attèle. Voyez le matou. Il s'harmonise déjà parfaitement à notre intérieur avec son beau pelage de nuit sans lune, liseré de blanc au bord du cou.
Autant vous le dire, il est invivable, alternant "mode folie" et "mode sommeil sans retour" sans vraie transition. Ca fait parfois "BOUM". Vraiment. Et quand je rentre il a en général usé son quota de mode sommeil en mon absence... A moi les joies des galopades après la ceinture du peignoir. J'ai renoncé aux chaussures à lacets et à détacher mes cheveux en intérieur...
Oz n'est pas très câlin, mais c'est un vrai gentil, alors il parait que les câlins viendront... Premières ébauches de tendresse : il a compris le fonctionnement et le principe du réveil matin. Il prend le relai avec petits coups de nez et toilette des yeux en règle. Bref, on apprend à se connaître.

Et il a déjà de saines lectures ! Sempre en daban, chaton !
Autant vous le dire, il est invivable, alternant "mode folie" et "mode sommeil sans retour" sans vraie transition. Ca fait parfois "BOUM". Vraiment. Et quand je rentre il a en général usé son quota de mode sommeil en mon absence... A moi les joies des galopades après la ceinture du peignoir. J'ai renoncé aux chaussures à lacets et à détacher mes cheveux en intérieur...
Oz n'est pas très câlin, mais c'est un vrai gentil, alors il parait que les câlins viendront... Premières ébauches de tendresse : il a compris le fonctionnement et le principe du réveil matin. Il prend le relai avec petits coups de nez et toilette des yeux en règle. Bref, on apprend à se connaître.
Et il a déjà de saines lectures ! Sempre en daban, chaton !
lundi 14 septembre 2009
J'ai quelqu'un à vous présenter...
mardi 25 août 2009
Les vendanges ont commencé !
... Depuis une quinzaine de jours pour les terroirs et les cépages les plus précoces ! Pourquoi parler au pluriel alors que je parles de Rivesaltes (home sweet home) et du muscat ("quand je serai grand je veux être comme Muscator", un jour de je vous parlerai de Muscator, le héros très incorrect des bals de village sur la place du Foyer Rural). Or, surprise, toute à ma quête d'une pause bienvenue dans une journée de travail bien chargée, j'ai trouvé cette blague sur le site pourtant généraliste de blagues.com ou je ne sais quoi. On remet donc ça avec les blagues professionnelles !
Cela se passe en France dans la région alsacienne, par manque de main d’œuvre les vignerons ont engagé des étrangers pour les vendanges et parmi eux un Africain surnommé Janvier qui parle peu le français.
Après la première journée, la dame du vigneron inquiète demande donc à Janvier comment cela s’est passé.
- Oh très bien madame; il y a une bonne ambiance et aujourd’hui nous avons coupé la riesling.
- Mais non on ne dit pas LA riesling, mais LE riesling.
- Ah bon ? J'ai fait une erreur sur le.
La seconde journée de nouveau la dame lui demande donc comment la journée s’est-elle passée :
- Oh très bien madame, l’ambiance est très bonne malgré le travail dur, je me plais bien, les copains sont chouettes aujourd’hui nous avons coupé la Gewurztraminer.
- Mais non Janvier, on dit LE Gewurztraminer et pas LA Gewurztraminer.
Le lendemain janvier est absent au départ du matin et la dame du vigneron est donc très inquiète pour lui, mais vers 10 heures, elle rencontre Janvier, assis sur le banc près de l’église et elle l’interroge :
- Mais Janvier pourquoi n’es-tu pas venu au travail aujourd’hui ?
- Oh non madame, car aujourd’hui mes copains ont dit qu’ils coupaient LE pinot noir ! J'ai eu peur qu'ils se soient trompés eux aussi !
Adorable, s'pas ?
Cela se passe en France dans la région alsacienne, par manque de main d’œuvre les vignerons ont engagé des étrangers pour les vendanges et parmi eux un Africain surnommé Janvier qui parle peu le français.
Après la première journée, la dame du vigneron inquiète demande donc à Janvier comment cela s’est passé.
- Oh très bien madame; il y a une bonne ambiance et aujourd’hui nous avons coupé la riesling.
- Mais non on ne dit pas LA riesling, mais LE riesling.
- Ah bon ? J'ai fait une erreur sur le.
La seconde journée de nouveau la dame lui demande donc comment la journée s’est-elle passée :
- Oh très bien madame, l’ambiance est très bonne malgré le travail dur, je me plais bien, les copains sont chouettes aujourd’hui nous avons coupé la Gewurztraminer.
- Mais non Janvier, on dit LE Gewurztraminer et pas LA Gewurztraminer.
Le lendemain janvier est absent au départ du matin et la dame du vigneron est donc très inquiète pour lui, mais vers 10 heures, elle rencontre Janvier, assis sur le banc près de l’église et elle l’interroge :
- Mais Janvier pourquoi n’es-tu pas venu au travail aujourd’hui ?
- Oh non madame, car aujourd’hui mes copains ont dit qu’ils coupaient LE pinot noir ! J'ai eu peur qu'ils se soient trompés eux aussi !
Adorable, s'pas ?
jeudi 20 août 2009
"Allez, à poil là-dedans!"
Ce n'est pas de moi, c'est du Schmoll heureux dans le pré... Mais si, souvenez-vous!

Vous n'avez pas pu oublier... Non, ce n'est pas au moment du film qui est sur la photo, car à ce moment du film, Schmoll sort une réplique autrement plus inoubliable et qui me donne des regrets de n'être point née homme pour pouvoir la sortir à tout bout de champ! "Depuis des années tu me regardes d'un air de dire ... " Je vous laisse retrouver la suite !
Tout ça pour dire qu'on gambaderait bien tout nu par les canicules qui sévissent (je vous laisse chercher un peu la contrepétrie, des fois qu'il y en ait une...*). Et sévissent sévère, je vous prie de me croire : au bureau, la clim à fond, l'impression de sortir de l'avion à Dakar chaque fois qu'on prend la porte (20° secs dans le bureau, 34° lourds dans le couloir...) et impossible d'improviser un déplacement sans voiture climatisée; à la maison, Chéri reste au frais, toutes fenêtres fermées, et émerge le soir venu, façon oiseau de nuit, d'un flambant "trop chaud, vivement novembre!" Et je l'envie... Pas de malheur, pas de tristesse, il fait beau et je sais que pour ma part, je haïrai encore novembre, comme tous les ans, d'ici environ trois mois... Mais là c'est vrai qu'il fait chaud.
*to counterpete or not to counterpete, that is the question (poor Pete..)

Vous n'avez pas pu oublier... Non, ce n'est pas au moment du film qui est sur la photo, car à ce moment du film, Schmoll sort une réplique autrement plus inoubliable et qui me donne des regrets de n'être point née homme pour pouvoir la sortir à tout bout de champ! "Depuis des années tu me regardes d'un air de dire ... " Je vous laisse retrouver la suite !
Tout ça pour dire qu'on gambaderait bien tout nu par les canicules qui sévissent (je vous laisse chercher un peu la contrepétrie, des fois qu'il y en ait une...*). Et sévissent sévère, je vous prie de me croire : au bureau, la clim à fond, l'impression de sortir de l'avion à Dakar chaque fois qu'on prend la porte (20° secs dans le bureau, 34° lourds dans le couloir...) et impossible d'improviser un déplacement sans voiture climatisée; à la maison, Chéri reste au frais, toutes fenêtres fermées, et émerge le soir venu, façon oiseau de nuit, d'un flambant "trop chaud, vivement novembre!" Et je l'envie... Pas de malheur, pas de tristesse, il fait beau et je sais que pour ma part, je haïrai encore novembre, comme tous les ans, d'ici environ trois mois... Mais là c'est vrai qu'il fait chaud.
*to counterpete or not to counterpete, that is the question (poor Pete..)
mercredi 8 juillet 2009
Le jour d'Après
Hier soir, mardi 7 juillet, ce jour tant attendu qui a fini par arriver, Metallica jouait aux Arènes de Nîmes. Il se trouve que j'en fus.
Je n'ai pas de photos à vous montrer pour l'instant, mais c'était fou. Entre la magie des Arènes, Mass Hysteria qui appelle la sueur à effacer le sang qui coulait là il y a 2000 ans, James Hetfield qui appelle la foule à faire de ce concert un événement dont on se souviendra encore dans 2000 ans... C'était magique. C'est magique : deux Texans et deux Californiens en sueur, en rythme et en triomphe dans un lieu d'Histoire... (L'égo n'en sort pas dégonflé, hein, mais bon, on ne bâtit pas d'empires avec de petits égos...)
Sans rire ? Incroyable. Fantastique. Fantasmatique. Des jets de flammes, quatre cavaliers dans l'orage... Je me suis aperçue que je ne connaissais que très peu Metallica... A part le Black Album. Le rythme, les riffs, les mélodies en écho lointain de vieux souvenirs, les paroles qui reviennent de nulle part, qu'on se surprend à hurler... Metallica, c'est un dieu tutélaire de nos rocks abâtardis, omniprésente référence. On se laisse emporter... Jusqu'au combo gagnant "Nothing Else Matters" + " Enter Sandman"... Rhâââââââââ ^^...
Du coup, Metallica a sonné dans ma tête tout ce lendemain et j'ai voulu frimer... Extrait de conversation msn avec un mien ami entre midi et deux:
" Anne dit :
EEXIT LIIIIIIIIIIIIIIGHT!!!
Anne dit :
EENTER NIIIIIIIIIIIIIIIIIIGHT!!!!!!!!!!
Stéf dit :
salope "
Hi! Hi!
Je n'ai pas de photos à vous montrer pour l'instant, mais c'était fou. Entre la magie des Arènes, Mass Hysteria qui appelle la sueur à effacer le sang qui coulait là il y a 2000 ans, James Hetfield qui appelle la foule à faire de ce concert un événement dont on se souviendra encore dans 2000 ans... C'était magique. C'est magique : deux Texans et deux Californiens en sueur, en rythme et en triomphe dans un lieu d'Histoire... (L'égo n'en sort pas dégonflé, hein, mais bon, on ne bâtit pas d'empires avec de petits égos...)
Sans rire ? Incroyable. Fantastique. Fantasmatique. Des jets de flammes, quatre cavaliers dans l'orage... Je me suis aperçue que je ne connaissais que très peu Metallica... A part le Black Album. Le rythme, les riffs, les mélodies en écho lointain de vieux souvenirs, les paroles qui reviennent de nulle part, qu'on se surprend à hurler... Metallica, c'est un dieu tutélaire de nos rocks abâtardis, omniprésente référence. On se laisse emporter... Jusqu'au combo gagnant "Nothing Else Matters" + " Enter Sandman"... Rhâââââââââ ^^...
Du coup, Metallica a sonné dans ma tête tout ce lendemain et j'ai voulu frimer... Extrait de conversation msn avec un mien ami entre midi et deux:
" Anne dit :
EEXIT LIIIIIIIIIIIIIIGHT!!!
Anne dit :
EENTER NIIIIIIIIIIIIIIIIIIGHT!!!!!!!!!!
Stéf dit :
salope "
Hi! Hi!
mercredi 10 juin 2009
A cheval !

Enfin!
Ma balade à cheval, au pied du Pic Saint-Loup : avant même de poser mes valises à Montpellier, je me l'étais promise... Or, vingt et un mois plus tard, le constat est accablant :
Las!
Dans l'oeil du tourbillon de mes nouvelles fonctions, de mes nouvelles amours, de mes nouvelles pénates, j'ai repoussé vingt et un mois durant la tentation de la canassonerie.
Enfin!
Ce week end, je chausse mes bottes et mon jodhpur (traduisez "mes vieilles tennis et mon jean préféré", j'ai mes snobismes et vous avez les vôtres, restons bons amis ! ). Puis je me coiffe d'une bombe et me voici bientôt en selle.
Ma monture, Latifah, une petite reine de sang mélé de mérens et de pur sang arabe. A l'arrivée de la somme, demi-trait + course = un petit bolide au pied sûr. La belle et moi nous sommes fait bien plaisir avec force grands galops sur les chemins caillouteux du piémont de Saint-Loup. Chute interdite, il s'entend! Et comme vous pouvez le voir en photo nous avons même pris le temps de brillantes conversations rien que toutes les deux...
Bonheur!
Je n'ai plus peur à cheval. C'est une grande nouveauté car j'ai monté en club durant un certain nombre de mes jeunes années sans jamais parvenir à faire taire l'angoisse qui me gâchait le plaisir toutes les semaines. Ponctuellement, pas la suite, j'ai eu l'occasion de monter à nouveau à cheval pour des ballades improvisées qui se sont toujours bien passées. Aujourd'hui je n'ai plus peur, du coup je monte mieux et j'en profite pleinement. Elle est pas belle, la vie ?
mardi 26 mai 2009
Pauvre malade!!!!!!!!!!!
Rhââââ... ^^...
A la fois névropathe et psychotique, je partage avec Pierre D. une passion intense pour les droites bien parallèles. Spéciale dédicace à ma Léo, qui a vécu en Allemagne et qui connaît les machines à pain, mais qui surtout partage avec moi le secret des orgasmes jusqu'à 12 (si vous pensez à "Les infirmières font le 12", il est temps de lâcher le câble, vous n'y êtes pas).
Les machines à pain sont nos amies, en particulier quand on peut y lire, comme un miracle, comme un cadeau du ciel et du dieu de la levure en sachets, qu'il reste 1h11 avant l'arrivée du pain tout chaud... Arrétez de penser à des cochonneries, ça suffit maintenant !
lundi 18 mai 2009
Ah les beaux jours !
Mon Aimé et moi-même revenons d'un périple qui nous mené aux environs de Privas (07). Pensez à prononcer "Priva". Sans quoi vous passerez immanquablement pour d'implacables héraultais, intégristes de Pézénas et Palavas. Je suis donc officiellement héraultaise, ma diction confirme le libellé de mes taxes foncières. Youpi.
Ah, l'Ardèche ! Deux jours pleins à l'air libre, en pleine nature, dans un univers aimant, c'est un formidable chargeur pour mes batteries un peu poussives ces derniers temps. Active chasse à la girolle, saucisson, picodon et un merveilleux saint-joseph 2005 de la cave de Tain, course au milieu des fleurs des champs, rien n'a manqué. J'ai pris des photos je vous montre ça demain !
Ah, l'Ardèche ! Deux jours pleins à l'air libre, en pleine nature, dans un univers aimant, c'est un formidable chargeur pour mes batteries un peu poussives ces derniers temps. Active chasse à la girolle, saucisson, picodon et un merveilleux saint-joseph 2005 de la cave de Tain, course au milieu des fleurs des champs, rien n'a manqué. J'ai pris des photos je vous montre ça demain !
mercredi 15 avril 2009
Corto forever
Peut-être que dans dix jours je vous dirai tout le contraire. Peut être que je craquerai pour un petit minet tout neuf et tout rose du nez. Mais mon vieux matou, croyez-moi, j'ai du mal à y renoncer. Depuis neuf ans, j'appartiens à un chat tout à fait unique. Comme tous les chats, me direz-vous, et je ne pourrai que convenir.
Il est né l'année des R. Or il répond (rarement et avec agacement) au doux nom de Corto. Parce qu'il a un court moignon de queue, qu'il est petit et râblé et parce qu'il a le sens inné de l'escapade sous les couscoussiers en fleurs que lui envieront tous les vrais fils de putain maltaise.
Il ne craint rien mais il a peur de tout. Comme tous les chats, me direz-vous. Sauf qu'il met des mandales à un labrador qui fait dix fois son poids et mange dans son écuelle quand nous n'y pourrions pas toucher. Corto sait quand je suis triste (cela arrive) et quand je lui appartiens (tout le temps). Quand Corto a faim, Corto réclame et on le nourrit. Quand Corto veut son fauteuil, Corto réclame et on se lève. Corto a plié à sa volonté une famille qui m'a répété "tu as demandé : tu as réclamé. Tu ne l'auras pas". Corto, c'est mon adolescence. C'est réaliser qu'un petit peut devenir chef à deux conditions : n'en pas douter pour ignorer la peur et avoir assez mauvais caractère pour ignorer la vergogne.
Corto m'a appris que le bonheur c'est simple comme un coup de patte. Ca se miaule, se râle, se ronronne et se déguste en passant la patte derrière l'oreille.
Quand j'ai présenté Corto à mon nouvel appartement, il m'a demandé où se trouvaient l'étage, le jardin et le chien. Quand Corto a voulu passer sa première nuit avec moi dans le nouvel appartement, on lui a dit que le lit lui était interdit. Il a répondu à ces provocations avec une dignité outragée dont il a le secret, mais qui ne nous a épargné aucune mesquinerie (l'attaque aux pieds en pleine nuit est un classique du chat). Je n'ai donc pas gardé Corto avec nous. Pour autant, j'aurais l'impression de trahir le seul être qui m'ait aimée sans rien en attendre et que j'ai aimé sans rien en attendre, le seul avec qui j'ai appris l'amour et le bonheur tout égoïsme et sans dépendance.
Au jeu du bonheur les chats sont nos maîtres et Corto les éclate tous!
Il est né l'année des R. Or il répond (rarement et avec agacement) au doux nom de Corto. Parce qu'il a un court moignon de queue, qu'il est petit et râblé et parce qu'il a le sens inné de l'escapade sous les couscoussiers en fleurs que lui envieront tous les vrais fils de putain maltaise.
Il ne craint rien mais il a peur de tout. Comme tous les chats, me direz-vous. Sauf qu'il met des mandales à un labrador qui fait dix fois son poids et mange dans son écuelle quand nous n'y pourrions pas toucher. Corto sait quand je suis triste (cela arrive) et quand je lui appartiens (tout le temps). Quand Corto a faim, Corto réclame et on le nourrit. Quand Corto veut son fauteuil, Corto réclame et on se lève. Corto a plié à sa volonté une famille qui m'a répété "tu as demandé : tu as réclamé. Tu ne l'auras pas". Corto, c'est mon adolescence. C'est réaliser qu'un petit peut devenir chef à deux conditions : n'en pas douter pour ignorer la peur et avoir assez mauvais caractère pour ignorer la vergogne.
Corto m'a appris que le bonheur c'est simple comme un coup de patte. Ca se miaule, se râle, se ronronne et se déguste en passant la patte derrière l'oreille.
Quand j'ai présenté Corto à mon nouvel appartement, il m'a demandé où se trouvaient l'étage, le jardin et le chien. Quand Corto a voulu passer sa première nuit avec moi dans le nouvel appartement, on lui a dit que le lit lui était interdit. Il a répondu à ces provocations avec une dignité outragée dont il a le secret, mais qui ne nous a épargné aucune mesquinerie (l'attaque aux pieds en pleine nuit est un classique du chat). Je n'ai donc pas gardé Corto avec nous. Pour autant, j'aurais l'impression de trahir le seul être qui m'ait aimée sans rien en attendre et que j'ai aimé sans rien en attendre, le seul avec qui j'ai appris l'amour et le bonheur tout égoïsme et sans dépendance.
Au jeu du bonheur les chats sont nos maîtres et Corto les éclate tous!
mercredi 18 mars 2009
Ah si !
A ma gauche, Bono, le seul, l'unique, l'amour de ma vie et celui de tant d'autres, distingué pour la paix par un collège suédois, pourfendeur des dettes du Tiers Monde et chasseur de cauchemars jusque dans les miens. Fan absolue, je n'ai jamais assisté à un concert de U2 : je n'ai jamais pu le partager avec une foule... (tarée, mégalo, oui bon, il va falloir trouver mieux, on se répète).
A ma droite, Pierre D., son univers griffu et l'intelligence de sa haine ordinaire, du calembour vaseux au douzième degré, ses expressions, ses adverbes, ses valeurs aussi (Audiard, Vialatte et Saint-Emilion, voilà ce que j'appelle une sainte trinité!)... Cet homme a parachevé mon cursus universitaire, ma formation d'honnête homme (et ne le/me/nous lancez pas sur les femmes honnêtes !)
Soyez objectifs.

Non ?
Y'a quelque chose, vous ne trouvez pas ? Dans le nez et la bouche. Le front aussi. Les oreilles pas du tout, je suis d'accord. Et qui d'autre mêle grand nez aquilin, émotion à fleur de peau et humour massacrant ? En toute modestie comme d'habitude ?...
Moralité : pourquoi rencontrer ses héros quand on sait qu'un jour on fera des enfants qui leur ressemblent ?
A ma droite, Pierre D., son univers griffu et l'intelligence de sa haine ordinaire, du calembour vaseux au douzième degré, ses expressions, ses adverbes, ses valeurs aussi (Audiard, Vialatte et Saint-Emilion, voilà ce que j'appelle une sainte trinité!)... Cet homme a parachevé mon cursus universitaire, ma formation d'honnête homme (et ne le/me/nous lancez pas sur les femmes honnêtes !)
Soyez objectifs.

Non ?
Y'a quelque chose, vous ne trouvez pas ? Dans le nez et la bouche. Le front aussi. Les oreilles pas du tout, je suis d'accord. Et qui d'autre mêle grand nez aquilin, émotion à fleur de peau et humour massacrant ? En toute modestie comme d'habitude ?...
Moralité : pourquoi rencontrer ses héros quand on sait qu'un jour on fera des enfants qui leur ressemblent ?
jeudi 12 mars 2009
Ah les gnères !
Vieilles peaux! A-t-on idée de faciliter ainsi le transit intestinal de la terre en tiers (une part pour moi, une part pour mon chat, une part pour les cons et là c'est ma pomme qu'on escagoince) dès le point du jour ? Incident dans la ruelle que surplombe la fenêtre de mon bureau : le stationnement y est impossible après 9h tant le bâtiment abrite de bureaux et ses alentours peu de parkings, or ce matin Zizi Genette, Odette Michu et Jacqueline Berlingue ont décidé de mettre de l'ordre.
Ah l'inutilité de ces dames amères et sans amour ! Quelle peur panique de mes vieux jours s'empare de moi à leur seule vue ! Que leurs odeurs et leurs haleines me révulsent ! Ajoutez-y une crise d'autorité où elles vous ordonnent de déplacer votre Audi bleue séance tenante, sans vous laisser en placer une et vous avez tout ce que j'aime. Car, vous pouvez les croire, vous n'y couperez pas. Vous ne vous en sortirez pas comme ça. Et n'essayez pas de les faire passer pour des hystériques, si elles crient chez vous c'est leur droit, elles sont chez elles et vous, qui êtes-vous ?
Dans l'entrée de nos bureaux, elles pestent et gesticulent. Leur mise porte les stigmates indélébiles d'une fidélité sans faille à la rayonne contractée dans les années 50. Elles sont jupées de laines, blousées à hurler dans les champs et giletées-tricotées comme des concierges un soir de bal des pompiers (t'inquiète de ce que ça dit et écoute si ça sonne, andouille). Et toutes colère. Leurs voix éraillées disent leur soif de justice. Votre voiture, cette Audi, est garée contre un mur, elle n'obstrue nullement le passage, elle ne gène aucune manoeuvre, mais aujourd'hui personne ne se gare ici parce que le panneau le répète tous les jours, malgré la constance des salariés qui se garent là quand même, faute de mieux, mais sans géner personne, notez bien.
Aujourd'hui, Zizi, Odette et Jacqueline ont jugé que les bornes étaient franchies et qu'il n'y avait plus de limites. Tout à leur propre dévouement à cette noble entreprise, elles n'ont pas noté qu'elles ont copieusement insulté toute une équipe qui ne compte aucun propriétaire d'Audi. Les vieux sont parfois étourdis. Elles sont ensuite retournées chanter la sérénade à trois voix dans l'allée, près du bolide allemand qui est toujours là en cette fin d'après-midi. Tout ça pour ça et sous mes fenêtres. Ah les gnères !
Ah l'inutilité de ces dames amères et sans amour ! Quelle peur panique de mes vieux jours s'empare de moi à leur seule vue ! Que leurs odeurs et leurs haleines me révulsent ! Ajoutez-y une crise d'autorité où elles vous ordonnent de déplacer votre Audi bleue séance tenante, sans vous laisser en placer une et vous avez tout ce que j'aime. Car, vous pouvez les croire, vous n'y couperez pas. Vous ne vous en sortirez pas comme ça. Et n'essayez pas de les faire passer pour des hystériques, si elles crient chez vous c'est leur droit, elles sont chez elles et vous, qui êtes-vous ?
Dans l'entrée de nos bureaux, elles pestent et gesticulent. Leur mise porte les stigmates indélébiles d'une fidélité sans faille à la rayonne contractée dans les années 50. Elles sont jupées de laines, blousées à hurler dans les champs et giletées-tricotées comme des concierges un soir de bal des pompiers (t'inquiète de ce que ça dit et écoute si ça sonne, andouille). Et toutes colère. Leurs voix éraillées disent leur soif de justice. Votre voiture, cette Audi, est garée contre un mur, elle n'obstrue nullement le passage, elle ne gène aucune manoeuvre, mais aujourd'hui personne ne se gare ici parce que le panneau le répète tous les jours, malgré la constance des salariés qui se garent là quand même, faute de mieux, mais sans géner personne, notez bien.
Aujourd'hui, Zizi, Odette et Jacqueline ont jugé que les bornes étaient franchies et qu'il n'y avait plus de limites. Tout à leur propre dévouement à cette noble entreprise, elles n'ont pas noté qu'elles ont copieusement insulté toute une équipe qui ne compte aucun propriétaire d'Audi. Les vieux sont parfois étourdis. Elles sont ensuite retournées chanter la sérénade à trois voix dans l'allée, près du bolide allemand qui est toujours là en cette fin d'après-midi. Tout ça pour ça et sous mes fenêtres. Ah les gnères !
lundi 9 mars 2009
La te-hon du lundi matin
Il n'est pas 10h en ce lundi qui me nargue. Humeur de chien, un boss d'une humeur de chien, une connexion internet d'une humeur de chien qui nous pète à la figure toutes les trente secondes. Desespérée car fataliste, je me résigne à écrire un petit mot à un mien ami avec qui je partage une passion sans borne pour les délires de Michel A. et de Frédéric D. Nos conversations sont en réalité de grands champs de citations où nous nous ébattons joyeusement à coup de "moi, tu me connais" et de "si je lui tends la main ça sera pour lui mettre dans la gueule; ça la redressera, c'te salope".
En proie à cette matinée ennemie, je m'empresse de lui virguler une citation retrouvée ce week end à la faveur d'un après-midi de farniente, le San-A à la main :
"Mon Dabe, j'y adresse, n'oublie pas la parole du sage : "faut pas confondre blennoragie et première communion, c'est pas le même cierge qui coule" Gros bisous, ta Pauline".
Mauvais goût, mon bonjour au cureton, tout y était. Un doute furieux m'assaille cependant au moment d'envoyer ma bafouille : je sais le Dabe intransigeant sur l'orthographe, les virgules et les sept croûtes du cassoulet. Je m'en voudrais de lui faire subir une blenno mal épelée. Question de signature, tu me connais. Je vérifie donc "blennoragie" dans un moteur de recherche à double O. L'orthographe est bonne mais pas la connection, qui plante, qui hurle, qui appelle notre technicien informatique de choc, ce dernier se rue sur mon ordi, je n'ai pas le temps d'effacer ma recherche et quand il obtient la reconnexion du biniou, la blennoragie est elle aussi de retour, triomphale, en grosses lettres, purulente de bonheur sur mon écran blanc-bleu sous le regard attendri de notre connecteur en cape. Salope. L'autre, ni une ni deux, explose de rire avant de se contenir et de m'adresser un regard contrit. J'avais le choix entre accuser une amie et avouer mes penchants machistes. J'ai choisi. Tout le monde a adoré la citation. Mais ils m'appellent tous Béru maintenant.
En proie à cette matinée ennemie, je m'empresse de lui virguler une citation retrouvée ce week end à la faveur d'un après-midi de farniente, le San-A à la main :
"Mon Dabe, j'y adresse, n'oublie pas la parole du sage : "faut pas confondre blennoragie et première communion, c'est pas le même cierge qui coule" Gros bisous, ta Pauline".
Mauvais goût, mon bonjour au cureton, tout y était. Un doute furieux m'assaille cependant au moment d'envoyer ma bafouille : je sais le Dabe intransigeant sur l'orthographe, les virgules et les sept croûtes du cassoulet. Je m'en voudrais de lui faire subir une blenno mal épelée. Question de signature, tu me connais. Je vérifie donc "blennoragie" dans un moteur de recherche à double O. L'orthographe est bonne mais pas la connection, qui plante, qui hurle, qui appelle notre technicien informatique de choc, ce dernier se rue sur mon ordi, je n'ai pas le temps d'effacer ma recherche et quand il obtient la reconnexion du biniou, la blennoragie est elle aussi de retour, triomphale, en grosses lettres, purulente de bonheur sur mon écran blanc-bleu sous le regard attendri de notre connecteur en cape. Salope. L'autre, ni une ni deux, explose de rire avant de se contenir et de m'adresser un regard contrit. J'avais le choix entre accuser une amie et avouer mes penchants machistes. J'ai choisi. Tout le monde a adoré la citation. Mais ils m'appellent tous Béru maintenant.
mardi 3 mars 2009
On me pose la question...
Ras le bol des questions débiles. J'ai fourbi quelques réponses saignantes. Prêtes les gnères ? Dodelinez plus du valseur, v'la les ennuis.
- "Alors, qu'est ce que tu deviens ?"
- "Alors, qu'est ce que tu deviens ?"
- version la cité de la peur : "j'ai le sida et toi?"
- version Nanou : "j'ai changé de vie. Ca fait un an et demie que je vis dans le sud, que je suis amoureuse, que j'ai acheté un appart, que je suis heureuse. Et toi ?"
- version Nanou d'humeur taquine : "je roules des pelles aux nanas, je monte des yourtes mongoles et je vendange à la main" (et c'est rigoureusement exact... enfin, ça l'a été au moins une fois dans ma vie... sauf un truc que j'ai fait plusieurs fois... à votre avis?)
- version cha-bd.com : "*violent kick in the nuts*"
- version Nanou en co-dépendance : "Fais moi confiaaaaaaaaaaaance... je t'en suppliiiiiiiiie"
- version Nanou d'humeur taquine : "Non. Jamais. De rien. C'est une torture... Mouhahahaha!"
- version Nanou aujourd'hui : "Va te faire foutre"
- Version du berger à la bergère : "Je viens de fêter mes T'huit ans! En grande pompe, je vous prie de me croire!"
- Version Nanou, le San-A à la main "dis donc t'étais aux gogues le jour qui z'ont distribué la vergogne pour en manquer autant ?"
- Version Nanou aujourd'hui : "Toi divisé par deux, vieux bouc"
- Version sous couverture : "Tu plaisantes, je ne m'arrête même pas pour faire un petit pipi"
- Version rouge et noire : "Oh non moi je suis à fond... L'était bon le Carignan du boss à midi, s'pas ? Alleeeez, viens t'asseoir deux minutes au soleil, qu'on médite stratégie!"
- Version Meeeeeeeeeeeeeeeeeeeerde, putain, faut que je retourne bosser TOUT DE SUITE!!!!!!!!
mardi 10 février 2009
Le manque à gagner du gentil
Vous connaissez cette chanson de Mickey 3D sur les gens trop gentils qui ne grillent pas les fils d'attente ou ne négocient pas dans les magasins ? Ceux-là qui paient leurs aggios sans pleurnicher? (Vous vous souvenez de Cyprien ? Cyprien est un ancier banquier. Cyprien avoue très sérieusement s'en vouloir mais n'avoir jamais autrement : ceux qui casquent pour ceux qui ne s'excusent pas, ce sont ceux qui s'excusent)
Ah! Les gentils ! La façon dont ils trépignent, impuissants et muets, en pouvant seulement feindre de ne pas voir qu'on les gruge parce que ça leur évite le déshonneur de ne pas protester. Car, quoiqu'il arrive, ils ne protestent pas. Par politesse, par peur de déranger. Bon ben voila, vous connaissez mon drame.
Difficile de reconnaître la gentillesse dans la rue, où on la confond avec un besoin incontrôlé d'amour qui fait fuir. "Me tenir la porte ? Mais dégagez de là, sale malade!!!". Dans les rapports humains, et notamment les rapports de travail, elle ressemble à s'y méprendre à de la faiblesse. En société, elle peut aussi cacher une bonne dose d'indifférence et de lâcheté. On se pardonne d'être trop bien élevé quand cela évite de reconnaître qu'on ne riposte pas (par principe) aux propos insultants d'un quidam, non pour ne pas faire d'esclandre, mais parce qu'on a peur de prendre un (par)pain(g) dans l'oignon. Ou parce qu'on a la flemme et/ou qu'on s'en fout.
Le gentil rêve d'une musculature de Terminator, des menottes de Robocop et de l'humour de John McClane pour casser les méchants en deux, les attacher et les humilier. Le gentil rêve. Le gentil ferait mieux de se constituer une base de données de vannes qui sèchent l'interlocuteur. Net.
Attention, les gentils pourront se permettre beaucoup plus de liberté de parole et de ton que les gentilles. J'ai un jour eu le malheur de répondre à un quidam qui me demandait "T'es mignonne, comment tu t'appelles ? Tu veux discuter ?", que je ne tutoyais que les gens avec qui j'ai des relations sexuelles et qu'il n'était donc pas concerné. Peu de gens connaissent Pierre Desproges. C'est ce qui m'est apparu alors que je croyais la vanne connue. Je vous épargne la suite d'une conversation vibrante d'insultes copieusement arrosées et un peu contradictoires (de "mignonne", j'ai très vite majoré en "boudin"... Voyez où nous mène le trou de la sécu et le prix des mutuelles : plus personne ne voit qu'à sa vue! ) Je ne le referai plus. Car d'une manière générale, les femmes ne devraient parler de sexe qu'entre elles. Surtout dans la rue. Mais c'est encore un autre sujet.
J'ai écrit ce poste pour tous les gentils qui trépignent. Qui n'ont jamais connu une colère heureuse. Ces colères libératrices dont les "autres" vous disent qu'elles font un bien fou mais que nous, les gentils, nous nous interdisons. Parce que lorsque nous nous mettons en colère c'est sans retour et que nous finissons par le regretter. Je voudrais leur rappeler que c'est pas grave. Que la ligneà ne pas franchir c'est celle de l'indifférence. Mais que pour le reste, la vie avec les pinailleurs, les scandaleux qui crient et qui réclament au restaurant et dans les magasins, les bagarreurs qui ont l'honneur sauf et la tronche en quinconce, c'est un calvaire et on la leur laisse, cette vie là. C'est vrai, quoi merde!
Non ?
Ah! Les gentils ! La façon dont ils trépignent, impuissants et muets, en pouvant seulement feindre de ne pas voir qu'on les gruge parce que ça leur évite le déshonneur de ne pas protester. Car, quoiqu'il arrive, ils ne protestent pas. Par politesse, par peur de déranger. Bon ben voila, vous connaissez mon drame.
Difficile de reconnaître la gentillesse dans la rue, où on la confond avec un besoin incontrôlé d'amour qui fait fuir. "Me tenir la porte ? Mais dégagez de là, sale malade!!!". Dans les rapports humains, et notamment les rapports de travail, elle ressemble à s'y méprendre à de la faiblesse. En société, elle peut aussi cacher une bonne dose d'indifférence et de lâcheté. On se pardonne d'être trop bien élevé quand cela évite de reconnaître qu'on ne riposte pas (par principe) aux propos insultants d'un quidam, non pour ne pas faire d'esclandre, mais parce qu'on a peur de prendre un (par)pain(g) dans l'oignon. Ou parce qu'on a la flemme et/ou qu'on s'en fout.
Le gentil rêve d'une musculature de Terminator, des menottes de Robocop et de l'humour de John McClane pour casser les méchants en deux, les attacher et les humilier. Le gentil rêve. Le gentil ferait mieux de se constituer une base de données de vannes qui sèchent l'interlocuteur. Net.
Attention, les gentils pourront se permettre beaucoup plus de liberté de parole et de ton que les gentilles. J'ai un jour eu le malheur de répondre à un quidam qui me demandait "T'es mignonne, comment tu t'appelles ? Tu veux discuter ?", que je ne tutoyais que les gens avec qui j'ai des relations sexuelles et qu'il n'était donc pas concerné. Peu de gens connaissent Pierre Desproges. C'est ce qui m'est apparu alors que je croyais la vanne connue. Je vous épargne la suite d'une conversation vibrante d'insultes copieusement arrosées et un peu contradictoires (de "mignonne", j'ai très vite majoré en "boudin"... Voyez où nous mène le trou de la sécu et le prix des mutuelles : plus personne ne voit qu'à sa vue! ) Je ne le referai plus. Car d'une manière générale, les femmes ne devraient parler de sexe qu'entre elles. Surtout dans la rue. Mais c'est encore un autre sujet.
J'ai écrit ce poste pour tous les gentils qui trépignent. Qui n'ont jamais connu une colère heureuse. Ces colères libératrices dont les "autres" vous disent qu'elles font un bien fou mais que nous, les gentils, nous nous interdisons. Parce que lorsque nous nous mettons en colère c'est sans retour et que nous finissons par le regretter. Je voudrais leur rappeler que c'est pas grave. Que la ligneà ne pas franchir c'est celle de l'indifférence. Mais que pour le reste, la vie avec les pinailleurs, les scandaleux qui crient et qui réclament au restaurant et dans les magasins, les bagarreurs qui ont l'honneur sauf et la tronche en quinconce, c'est un calvaire et on la leur laisse, cette vie là. C'est vrai, quoi merde!
Non ?
vendredi 30 janvier 2009
Les Inacceptables
Si exquise sois-je (aha! plus facile à lire qu'à dire, s'pas?), je confesse que je tiens scrupuleusement à jour une de "ça c'est non" qui détaille mes intolérances assumées. Pas vous ? Visuelles, olfactives, gustatives, auditives ou épidermiques, elles guident ma vie et mes choix à coups de "tu sors" et de demi-tours sans hésitation. Pourtant, j'excelle à hésiter. Je suis Balance. Mais pas quand ça me dégoûte. Et voici la liste non-exhaustive de mes Inacceptables. J'ai hâte de connaître les vôtres.
L'Inacceptable, homme ou femme, se repère parfois au premier coup d'oeil. A la vue, je n'accepte pas les chaussettes blanches sous pantalon et souliers noirs. C'est un classique et je ne suis pas très originale. On veillera toutefois à accorder la plus grande clémence à ceux qui ne savent pas et la sentence la plus lourde à ceux qui ne connaissent que ça. Ces règles valent pour toutes mes intolérances.
Moins sujette à la nuance, la question de la gourmette et de la chevalière à nom réclame cependant l'exception "souvenir de famille". Mais l'alliance des ingrédients "gourmette de commercial en goguette" et "sourire carnassier multitâche : je vends et j'emballe" vous permet de concocter sans surprise un blaireau ou une quiche. Pour un exemple en chair et en crédit immobilier, cliquez ici. Chez les femmes, c'est le bracelet de cheville qui me révulse. Je me souviens d'un cadeau en forme de ce regrettable bijou ; j'ai dû répondre que ça faisait trop piscine. Sans préciser que je préfère attacher la clé du vestiaire à mon poignet. Mais je me souviens également avoir un jour participé à un cadeau commun qui avait également la forme de ce bijou. Que voulez-vous, on n'offre pas pour soi.
L'Inacceptable accompagne ses mises malheureuses d'expressions telles que "au jour d'aujourd'hui", dont la nouillitude avérée le dispute au regrettable "à l'heure d'aujourd'hui", d'une nouillitude absolue. Parfois, des "mec" ou "man" tiennent lieu de ponctuation dans son discours. C'est curieux car je supporte les "tu vois" et les "comme ça" de mes êtres chers. Mais pour "mec" et "man", mon intolérance doit puiser ses racines dans le même terreau que celui des parfums et des prénoms qu'un autre Inacceptable a rangé un jour et pour toujours dans cette catégorie. Je peux être moins subjective : ainsi, un interlocuteur fermant notre entretien d'un "en vous remerciant", ou son mail d'un "cdlt" pour "cordialement" y gagnera la certitude pour moi que nous n'aurons jamais rien de vrai à nous dire. Il ne s'agit plus de mauvais souvenirs. Prenez "cdlt" : ne pas même prendre le temps d'écrire en entier une formule qui ne demande déjà aucune imagination est à mon sens la preuve d'une insurmontable incorrection. Notez que je n'ai jamais prétendu épargner les mouches.
J'ai fait une petite pause pour regarder le film Veronica Guérin. Je me rends compte que mes désaffections quotidiennes n'ont rien à voir avec le dégoût ultime que m'inspirent les hommes qui violent et l'échec que représente pour la civilastion un imbécile muni d'une arme à feu. Curieusement, cela me donne plutôt envie de vous parler de ce qui me fait adorer les gens au premier coup d'oeil, au premier échange, histoire de ne pas nous complaire plus longtemps dans la petitesse humaine. Je suis tombée amoureuse d'un professeur de droit public intérimaire, qui a voulu dissiper le stress de remplacer quelques jours un grand ponte en lançant dans le grand amphi "Oh! Regardez! Il est 11h11!". En Campanie où j'étais perdue sans interprète pour une semaine dans les vignes en patois napolitain, un responsable du consorzio m'a inventé un sabire que nous avons partagé sans le moindre malentendu à partir du moment où nous avons constaté que nous avions tous deux dans notre portefeuille une photo de Bono. Ainsi, l'humain qui peut vous donner envie de vomir ou de vous enfermer chez vous peut aussi vous faire aimer le droit public et la mondialisation. Etonnant, non ?
L'Inacceptable, homme ou femme, se repère parfois au premier coup d'oeil. A la vue, je n'accepte pas les chaussettes blanches sous pantalon et souliers noirs. C'est un classique et je ne suis pas très originale. On veillera toutefois à accorder la plus grande clémence à ceux qui ne savent pas et la sentence la plus lourde à ceux qui ne connaissent que ça. Ces règles valent pour toutes mes intolérances.
Moins sujette à la nuance, la question de la gourmette et de la chevalière à nom réclame cependant l'exception "souvenir de famille". Mais l'alliance des ingrédients "gourmette de commercial en goguette" et "sourire carnassier multitâche : je vends et j'emballe" vous permet de concocter sans surprise un blaireau ou une quiche. Pour un exemple en chair et en crédit immobilier, cliquez ici. Chez les femmes, c'est le bracelet de cheville qui me révulse. Je me souviens d'un cadeau en forme de ce regrettable bijou ; j'ai dû répondre que ça faisait trop piscine. Sans préciser que je préfère attacher la clé du vestiaire à mon poignet. Mais je me souviens également avoir un jour participé à un cadeau commun qui avait également la forme de ce bijou. Que voulez-vous, on n'offre pas pour soi.
L'Inacceptable accompagne ses mises malheureuses d'expressions telles que "au jour d'aujourd'hui", dont la nouillitude avérée le dispute au regrettable "à l'heure d'aujourd'hui", d'une nouillitude absolue. Parfois, des "mec" ou "man" tiennent lieu de ponctuation dans son discours. C'est curieux car je supporte les "tu vois" et les "comme ça" de mes êtres chers. Mais pour "mec" et "man", mon intolérance doit puiser ses racines dans le même terreau que celui des parfums et des prénoms qu'un autre Inacceptable a rangé un jour et pour toujours dans cette catégorie. Je peux être moins subjective : ainsi, un interlocuteur fermant notre entretien d'un "en vous remerciant", ou son mail d'un "cdlt" pour "cordialement" y gagnera la certitude pour moi que nous n'aurons jamais rien de vrai à nous dire. Il ne s'agit plus de mauvais souvenirs. Prenez "cdlt" : ne pas même prendre le temps d'écrire en entier une formule qui ne demande déjà aucune imagination est à mon sens la preuve d'une insurmontable incorrection. Notez que je n'ai jamais prétendu épargner les mouches.
J'ai fait une petite pause pour regarder le film Veronica Guérin. Je me rends compte que mes désaffections quotidiennes n'ont rien à voir avec le dégoût ultime que m'inspirent les hommes qui violent et l'échec que représente pour la civilastion un imbécile muni d'une arme à feu. Curieusement, cela me donne plutôt envie de vous parler de ce qui me fait adorer les gens au premier coup d'oeil, au premier échange, histoire de ne pas nous complaire plus longtemps dans la petitesse humaine. Je suis tombée amoureuse d'un professeur de droit public intérimaire, qui a voulu dissiper le stress de remplacer quelques jours un grand ponte en lançant dans le grand amphi "Oh! Regardez! Il est 11h11!". En Campanie où j'étais perdue sans interprète pour une semaine dans les vignes en patois napolitain, un responsable du consorzio m'a inventé un sabire que nous avons partagé sans le moindre malentendu à partir du moment où nous avons constaté que nous avions tous deux dans notre portefeuille une photo de Bono. Ainsi, l'humain qui peut vous donner envie de vomir ou de vous enfermer chez vous peut aussi vous faire aimer le droit public et la mondialisation. Etonnant, non ?
mardi 20 janvier 2009
Il y a une bête...
Je vous ai déjà parlé de mes folles aventures à travers Pignan*, riante bourgade de la proche banlieue montpelliéraine. Je ne pensais pas vous en entretenir à nouveau si tôt. Mais l'actualité m'y contraint. Le cirque Idéal est à Pignan. Il n'a d'idéal que le nom. J'ai horreur du cirque. Les animaux y tournent en rond dans des cages carrées, les hommes s'y pavanent en habits de lumière élimés, il y fait trop froid l'hiver et trop chaud l'été, bref, je n'aime pas le cirque. Mais il me faut admettre qu'un petit cirque au coin de la rue, il n'y a rien de tel pour égayer Pignan et y réveiller un jour d'égarement ordinaire...
Visualisez la scène : à l'entrée de Pignan, j'hésite encore entre les trois seules directions possibles. L'une me mène à mon but, l'autre à la cave coopérative, la troisième au marché. Les deux dernières sont fléchées. Par un procédé d'élimination somme toute assez simple, je devrais être capable de finir par prendre à gauche, tout simplement et une fois pour toute sans faire mon Snoot... Et ben non, je prends tout droit. Bon, je passe devant la cave coopérative, je râle contre moi-même, même si au final ça me fait beaucoup rire et je reprends à gauche pour rejoindre mon itinéraire rêvé. Je dresse un petit plan de Pignan dans ma tête, je retrace dessus le chemin parcouru et place mentalement un petit drapeau rouge sur ma destination. Il faudra retourner à gauche à un moment ou à un autre... Que ce feu est long...
Devant la voiture, accroché au feu, je n'ai pas noté le poster qui indique que le cirque est en ville. Je n'ai pas noté non plus que les têtes qui dépassent du muret qui borde la route n'appartiennent pas qu'à des poneys, qu'il y a aussi des lamas, des alpacas, des vigognes et tout un tas d'autres rongeurs sud-américains juchés sur des corps de poneys. Celui que je finis pas noter du coin de l'oeil avant de me retourner et de pousser un grand cri, c'est lui.

Un zébu. Ben oui, naturellement, en plein Pignan. Un bébé-zébu, certes, mais un zébu malgré tout. J'ai cru mourir de peur. Il a beaucoup ri, comme vous pouvez le constater...
*...mais si, souvenez-vous, j'apparaissais sous les traits d'un rorqual commun... allez, si vous voulez un rappel, cliquez ici.
Visualisez la scène : à l'entrée de Pignan, j'hésite encore entre les trois seules directions possibles. L'une me mène à mon but, l'autre à la cave coopérative, la troisième au marché. Les deux dernières sont fléchées. Par un procédé d'élimination somme toute assez simple, je devrais être capable de finir par prendre à gauche, tout simplement et une fois pour toute sans faire mon Snoot... Et ben non, je prends tout droit. Bon, je passe devant la cave coopérative, je râle contre moi-même, même si au final ça me fait beaucoup rire et je reprends à gauche pour rejoindre mon itinéraire rêvé. Je dresse un petit plan de Pignan dans ma tête, je retrace dessus le chemin parcouru et place mentalement un petit drapeau rouge sur ma destination. Il faudra retourner à gauche à un moment ou à un autre... Que ce feu est long...
Devant la voiture, accroché au feu, je n'ai pas noté le poster qui indique que le cirque est en ville. Je n'ai pas noté non plus que les têtes qui dépassent du muret qui borde la route n'appartiennent pas qu'à des poneys, qu'il y a aussi des lamas, des alpacas, des vigognes et tout un tas d'autres rongeurs sud-américains juchés sur des corps de poneys. Celui que je finis pas noter du coin de l'oeil avant de me retourner et de pousser un grand cri, c'est lui.

Un zébu. Ben oui, naturellement, en plein Pignan. Un bébé-zébu, certes, mais un zébu malgré tout. J'ai cru mourir de peur. Il a beaucoup ri, comme vous pouvez le constater...
*...mais si, souvenez-vous, j'apparaissais sous les traits d'un rorqual commun... allez, si vous voulez un rappel, cliquez ici.
jeudi 8 janvier 2009
Il neige !
En ce mercredi 7 janvier (si! ne vous fiez pas au titre, fiez-vous à moi!), et depuis des semaines déjà, Paris est en proie à un temps glacial et connaît la neige. A Montpellier, elle vient d'arriver. Elle est tombée tout l'après-midi. Tout le monde est perdu. Le marquage au sol des routes est plus que jamais une approximation. Les automobilistes ont peur. Les piétons prient. Les vélos sont au garage. Demain, les écoles seront fermées. Du bureau, je vous envois cette petite vue depuis mon fauteuil de ministre pourri-gâté par la vie.
En proie à de graves débats intérieurs sur mon avenir professionnel, j'en oublie que mon amoureux livre ce soir ses pizze sous la neige et que, décidément, pauvre petite fille riche, si tes chaussures en diamant sont si petites, mets des Moon Boots!!... Emmerdeuse!
Graves débats intérieurs sur mon avenir professionnel, donc, comme vous pouvez le voir. Nous sommes colère et doute. Car j'ai quinze jours pour choisir entre renforcer mon activité salariée dans un temps plein ou passer pigiste, ce qui me permettrait de lancer à côté une foultitude d'activités en indépendante. Plus de hiérarchie, plus d'horaires : mon chez moi et la route. Cela fait des années que je me tâte, que je recule pour mieux sauter sans jamais franchir le premier pas, celui qui coûte tant. Car oui, je suis une flippette doublée d'une incorrigible paresseuse... Et cela ne me paraît pas être un bon mix pour une profession libérale. D'où, encore plus peur. Mais serait-il temps d'y aller quand même ? D'enfiler mes Moon Boots et de partir à la conquête du vaste monde en laissant mes chaussures en diamant dans un bureau loin derrière ?
lundi 5 janvier 2009
Bonne année à tous !
Premier message pour un nouvel an tout 9 ! (c'est le calembour préféré de mon boss en ce moment, et j'aime beaucoup aussi)
Tous mes voeux à mes fidèles lecteurs, avec une spéciale dédicace à ces deux héros au fronton de mon panthéon masculin, j'ai nommé Fafane et Renaud. Je vous souhaite à tous une année en bonne santé et pleine de bonheur à ras bord, dans la vie et dans le verre.
Dernières nouvelles du front : j'ai à présent un appartement tout neuf et (presque) tout fini. Il n'y a plus que quelques finitions à peaufiner mais nous avons la peau très fine, le verbe haut et le geste leste. Et tout le confort moderne à présent. Ou presque. Notre salle de bains est une réussite parfaite, vous aurez des photos dès que j'aurai retrouvé mon appareil photo, enfoui quelque part, avec la moitié du reste de l'appartement, sous un tas de linge gargantuesque : vivement que nous ayons récupéré l'usage de notre machine à laver...
De grosses bises, donc, mais pas de billet d'humeur car il fait trop froid.
Tous mes voeux à mes fidèles lecteurs, avec une spéciale dédicace à ces deux héros au fronton de mon panthéon masculin, j'ai nommé Fafane et Renaud. Je vous souhaite à tous une année en bonne santé et pleine de bonheur à ras bord, dans la vie et dans le verre.
Dernières nouvelles du front : j'ai à présent un appartement tout neuf et (presque) tout fini. Il n'y a plus que quelques finitions à peaufiner mais nous avons la peau très fine, le verbe haut et le geste leste. Et tout le confort moderne à présent. Ou presque. Notre salle de bains est une réussite parfaite, vous aurez des photos dès que j'aurai retrouvé mon appareil photo, enfoui quelque part, avec la moitié du reste de l'appartement, sous un tas de linge gargantuesque : vivement que nous ayons récupéré l'usage de notre machine à laver...
De grosses bises, donc, mais pas de billet d'humeur car il fait trop froid.
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