Si exquise sois-je (aha! plus facile à lire qu'à dire, s'pas?), je confesse que je tiens scrupuleusement à jour une de "ça c'est non" qui détaille mes intolérances assumées. Pas vous ? Visuelles, olfactives, gustatives, auditives ou épidermiques, elles guident ma vie et mes choix à coups de "tu sors" et de demi-tours sans hésitation. Pourtant, j'excelle à hésiter. Je suis Balance. Mais pas quand ça me dégoûte. Et voici la liste non-exhaustive de mes Inacceptables. J'ai hâte de connaître les vôtres.
L'Inacceptable, homme ou femme, se repère parfois au premier coup d'oeil. A la vue, je n'accepte pas les chaussettes blanches sous pantalon et souliers noirs. C'est un classique et je ne suis pas très originale. On veillera toutefois à accorder la plus grande clémence à ceux qui ne savent pas et la sentence la plus lourde à ceux qui ne connaissent que ça. Ces règles valent pour toutes mes intolérances.
Moins sujette à la nuance, la question de la gourmette et de la chevalière à nom réclame cependant l'exception "souvenir de famille". Mais l'alliance des ingrédients "gourmette de commercial en goguette" et "sourire carnassier multitâche : je vends et j'emballe" vous permet de concocter sans surprise un blaireau ou une quiche. Pour un exemple en chair et en crédit immobilier, cliquez ici. Chez les femmes, c'est le bracelet de cheville qui me révulse. Je me souviens d'un cadeau en forme de ce regrettable bijou ; j'ai dû répondre que ça faisait trop piscine. Sans préciser que je préfère attacher la clé du vestiaire à mon poignet. Mais je me souviens également avoir un jour participé à un cadeau commun qui avait également la forme de ce bijou. Que voulez-vous, on n'offre pas pour soi.
L'Inacceptable accompagne ses mises malheureuses d'expressions telles que "au jour d'aujourd'hui", dont la nouillitude avérée le dispute au regrettable "à l'heure d'aujourd'hui", d'une nouillitude absolue. Parfois, des "mec" ou "man" tiennent lieu de ponctuation dans son discours. C'est curieux car je supporte les "tu vois" et les "comme ça" de mes êtres chers. Mais pour "mec" et "man", mon intolérance doit puiser ses racines dans le même terreau que celui des parfums et des prénoms qu'un autre Inacceptable a rangé un jour et pour toujours dans cette catégorie. Je peux être moins subjective : ainsi, un interlocuteur fermant notre entretien d'un "en vous remerciant", ou son mail d'un "cdlt" pour "cordialement" y gagnera la certitude pour moi que nous n'aurons jamais rien de vrai à nous dire. Il ne s'agit plus de mauvais souvenirs. Prenez "cdlt" : ne pas même prendre le temps d'écrire en entier une formule qui ne demande déjà aucune imagination est à mon sens la preuve d'une insurmontable incorrection. Notez que je n'ai jamais prétendu épargner les mouches.
J'ai fait une petite pause pour regarder le film Veronica Guérin. Je me rends compte que mes désaffections quotidiennes n'ont rien à voir avec le dégoût ultime que m'inspirent les hommes qui violent et l'échec que représente pour la civilastion un imbécile muni d'une arme à feu. Curieusement, cela me donne plutôt envie de vous parler de ce qui me fait adorer les gens au premier coup d'oeil, au premier échange, histoire de ne pas nous complaire plus longtemps dans la petitesse humaine. Je suis tombée amoureuse d'un professeur de droit public intérimaire, qui a voulu dissiper le stress de remplacer quelques jours un grand ponte en lançant dans le grand amphi "Oh! Regardez! Il est 11h11!". En Campanie où j'étais perdue sans interprète pour une semaine dans les vignes en patois napolitain, un responsable du consorzio m'a inventé un sabire que nous avons partagé sans le moindre malentendu à partir du moment où nous avons constaté que nous avions tous deux dans notre portefeuille une photo de Bono. Ainsi, l'humain qui peut vous donner envie de vomir ou de vous enfermer chez vous peut aussi vous faire aimer le droit public et la mondialisation. Etonnant, non ?
vendredi 30 janvier 2009
mardi 20 janvier 2009
Il y a une bête...
Je vous ai déjà parlé de mes folles aventures à travers Pignan*, riante bourgade de la proche banlieue montpelliéraine. Je ne pensais pas vous en entretenir à nouveau si tôt. Mais l'actualité m'y contraint. Le cirque Idéal est à Pignan. Il n'a d'idéal que le nom. J'ai horreur du cirque. Les animaux y tournent en rond dans des cages carrées, les hommes s'y pavanent en habits de lumière élimés, il y fait trop froid l'hiver et trop chaud l'été, bref, je n'aime pas le cirque. Mais il me faut admettre qu'un petit cirque au coin de la rue, il n'y a rien de tel pour égayer Pignan et y réveiller un jour d'égarement ordinaire...
Visualisez la scène : à l'entrée de Pignan, j'hésite encore entre les trois seules directions possibles. L'une me mène à mon but, l'autre à la cave coopérative, la troisième au marché. Les deux dernières sont fléchées. Par un procédé d'élimination somme toute assez simple, je devrais être capable de finir par prendre à gauche, tout simplement et une fois pour toute sans faire mon Snoot... Et ben non, je prends tout droit. Bon, je passe devant la cave coopérative, je râle contre moi-même, même si au final ça me fait beaucoup rire et je reprends à gauche pour rejoindre mon itinéraire rêvé. Je dresse un petit plan de Pignan dans ma tête, je retrace dessus le chemin parcouru et place mentalement un petit drapeau rouge sur ma destination. Il faudra retourner à gauche à un moment ou à un autre... Que ce feu est long...
Devant la voiture, accroché au feu, je n'ai pas noté le poster qui indique que le cirque est en ville. Je n'ai pas noté non plus que les têtes qui dépassent du muret qui borde la route n'appartiennent pas qu'à des poneys, qu'il y a aussi des lamas, des alpacas, des vigognes et tout un tas d'autres rongeurs sud-américains juchés sur des corps de poneys. Celui que je finis pas noter du coin de l'oeil avant de me retourner et de pousser un grand cri, c'est lui.

Un zébu. Ben oui, naturellement, en plein Pignan. Un bébé-zébu, certes, mais un zébu malgré tout. J'ai cru mourir de peur. Il a beaucoup ri, comme vous pouvez le constater...
*...mais si, souvenez-vous, j'apparaissais sous les traits d'un rorqual commun... allez, si vous voulez un rappel, cliquez ici.
Visualisez la scène : à l'entrée de Pignan, j'hésite encore entre les trois seules directions possibles. L'une me mène à mon but, l'autre à la cave coopérative, la troisième au marché. Les deux dernières sont fléchées. Par un procédé d'élimination somme toute assez simple, je devrais être capable de finir par prendre à gauche, tout simplement et une fois pour toute sans faire mon Snoot... Et ben non, je prends tout droit. Bon, je passe devant la cave coopérative, je râle contre moi-même, même si au final ça me fait beaucoup rire et je reprends à gauche pour rejoindre mon itinéraire rêvé. Je dresse un petit plan de Pignan dans ma tête, je retrace dessus le chemin parcouru et place mentalement un petit drapeau rouge sur ma destination. Il faudra retourner à gauche à un moment ou à un autre... Que ce feu est long...
Devant la voiture, accroché au feu, je n'ai pas noté le poster qui indique que le cirque est en ville. Je n'ai pas noté non plus que les têtes qui dépassent du muret qui borde la route n'appartiennent pas qu'à des poneys, qu'il y a aussi des lamas, des alpacas, des vigognes et tout un tas d'autres rongeurs sud-américains juchés sur des corps de poneys. Celui que je finis pas noter du coin de l'oeil avant de me retourner et de pousser un grand cri, c'est lui.

Un zébu. Ben oui, naturellement, en plein Pignan. Un bébé-zébu, certes, mais un zébu malgré tout. J'ai cru mourir de peur. Il a beaucoup ri, comme vous pouvez le constater...
*...mais si, souvenez-vous, j'apparaissais sous les traits d'un rorqual commun... allez, si vous voulez un rappel, cliquez ici.
jeudi 8 janvier 2009
Il neige !
En ce mercredi 7 janvier (si! ne vous fiez pas au titre, fiez-vous à moi!), et depuis des semaines déjà, Paris est en proie à un temps glacial et connaît la neige. A Montpellier, elle vient d'arriver. Elle est tombée tout l'après-midi. Tout le monde est perdu. Le marquage au sol des routes est plus que jamais une approximation. Les automobilistes ont peur. Les piétons prient. Les vélos sont au garage. Demain, les écoles seront fermées. Du bureau, je vous envois cette petite vue depuis mon fauteuil de ministre pourri-gâté par la vie.
En proie à de graves débats intérieurs sur mon avenir professionnel, j'en oublie que mon amoureux livre ce soir ses pizze sous la neige et que, décidément, pauvre petite fille riche, si tes chaussures en diamant sont si petites, mets des Moon Boots!!... Emmerdeuse!
Graves débats intérieurs sur mon avenir professionnel, donc, comme vous pouvez le voir. Nous sommes colère et doute. Car j'ai quinze jours pour choisir entre renforcer mon activité salariée dans un temps plein ou passer pigiste, ce qui me permettrait de lancer à côté une foultitude d'activités en indépendante. Plus de hiérarchie, plus d'horaires : mon chez moi et la route. Cela fait des années que je me tâte, que je recule pour mieux sauter sans jamais franchir le premier pas, celui qui coûte tant. Car oui, je suis une flippette doublée d'une incorrigible paresseuse... Et cela ne me paraît pas être un bon mix pour une profession libérale. D'où, encore plus peur. Mais serait-il temps d'y aller quand même ? D'enfiler mes Moon Boots et de partir à la conquête du vaste monde en laissant mes chaussures en diamant dans un bureau loin derrière ?
lundi 5 janvier 2009
Bonne année à tous !
Premier message pour un nouvel an tout 9 ! (c'est le calembour préféré de mon boss en ce moment, et j'aime beaucoup aussi)
Tous mes voeux à mes fidèles lecteurs, avec une spéciale dédicace à ces deux héros au fronton de mon panthéon masculin, j'ai nommé Fafane et Renaud. Je vous souhaite à tous une année en bonne santé et pleine de bonheur à ras bord, dans la vie et dans le verre.
Dernières nouvelles du front : j'ai à présent un appartement tout neuf et (presque) tout fini. Il n'y a plus que quelques finitions à peaufiner mais nous avons la peau très fine, le verbe haut et le geste leste. Et tout le confort moderne à présent. Ou presque. Notre salle de bains est une réussite parfaite, vous aurez des photos dès que j'aurai retrouvé mon appareil photo, enfoui quelque part, avec la moitié du reste de l'appartement, sous un tas de linge gargantuesque : vivement que nous ayons récupéré l'usage de notre machine à laver...
De grosses bises, donc, mais pas de billet d'humeur car il fait trop froid.
Tous mes voeux à mes fidèles lecteurs, avec une spéciale dédicace à ces deux héros au fronton de mon panthéon masculin, j'ai nommé Fafane et Renaud. Je vous souhaite à tous une année en bonne santé et pleine de bonheur à ras bord, dans la vie et dans le verre.
Dernières nouvelles du front : j'ai à présent un appartement tout neuf et (presque) tout fini. Il n'y a plus que quelques finitions à peaufiner mais nous avons la peau très fine, le verbe haut et le geste leste. Et tout le confort moderne à présent. Ou presque. Notre salle de bains est une réussite parfaite, vous aurez des photos dès que j'aurai retrouvé mon appareil photo, enfoui quelque part, avec la moitié du reste de l'appartement, sous un tas de linge gargantuesque : vivement que nous ayons récupéré l'usage de notre machine à laver...
De grosses bises, donc, mais pas de billet d'humeur car il fait trop froid.
Inscription à :
Articles (Atom)