J'apprends sur le blog de mon Fafane que ce dernier arrête de fumer. Comme avant lui mes amies Léo et Gégé. Je me sens soudain atrocement seule. Et mon actualité n'a eu de cesse de me placer en situation de me faire houspiller pour cette regrettable habitude. En premier lieu par moi-même. Car, toute à ma joie de comparer les taux d'intérêt des crédits, je n'avais pas prévu la négociation sur l'assurance du crédit. C'est si bon pourtant de voir un banquier vous sourire toujours plus largement, parce que, oui vous avez bon à toutes les questions :
- En CDI ?
- Oui.
- Des crédits en cours ?
- Non.
- Vous êtes parfaite. Pour l'assurance on va pouvoir négocier féroce. Quel âge avez-vous ?
- 31 ans.
- Parfait, parfait. Vous ne fumez pas ?
Si. Si, fuckbuggerwankshittingarseheadandhole, je fume. Mine consternée, le banquier se ferme comme une huitre. Et ce matin, en visite médicale d'embauche (six mois après mon embauche effective, c'est pas marre!), la doctoresse me toise aussi :
- Vous faites du sport ?
- Non.
- Vous fumez ?
- Peu.
- Mais vous fumez. Vous devez faire l'inverse. Ne fumez plus. Faites du sport.
Alors, d'abord, je t'emmerde, même si tu as raison. Ensuite, je le note dans un coin de ma petite tête jolie, je suis beaucoup plus à l'aise dans mes réponses à un banquier que face aux questions d'un médecin. C'est pas bon, ça, hein ?
lundi 31 mars 2008
dimanche 30 mars 2008
Un placard pour deux
Ca y est. Il y a des caleçons dans mon placard. Ce ne sont pas les miens. Il y a aussi des chaussettes taille 43-46, des chaussures sans talons, pleines de lacets, des t-shirts plus grands que mes robes, des jeans où je rentre à une moi-même et demie... Je crois qu'il y a un homme qui vit chez moi.
Je ne bois pas de soda mais je me suis résolue au Coca dans le frigo, à côté de son pote l'Orangina Rouge, si méchant. Je ne mange rien de tout préparé, (quand j'achète du fait-en-usine, j'y ajoute toujours ma touche perso : goûtez ma pizza Lidl à 0,70 € agrémentée de gorgonzola et d'huile de noix), mais j'ai du pousser mes os à moëlle, écarter mon Mont d'Or fermier pour concéder sur le Yop et les Kinder Pingui. Je n'achète que du salé. Ou du nature, comme mes yahourts, mon café, que je bois sans sucre. (Seule exception, le chocolat Côte d'Or, celui au lait! miam miam! en grosses tablettes! oh pute borgne, que c'est bon! ) Sinon, quand je me fais un plaisir gourmand au supermarché, c'est pour m'acheter un rognon de veau ou une boite de brandade Couderc. Et oui. Or, des M&M's figurent à présent sur ma liste définitive de courses de la semaine.
Mais mon amoureux et moi savons trouver des terrains d'entente résolument exquis. Comme les quenelles de brochet que nous napperons de sauce Nantua comme au bon temps de notre premier dîner gastronomique, chez les Eleveurs du grand Andy de Brouwer, à Hal, près de Bruxelles... En retour, mon amoureux consent à mes caprices d'eau pure, à mon café matinal, à mes appels de nourriture verte (salade, épinards, courgettes... ), il ne râle pas quand je lui pique du Yop et des M&M's et il me mange parfois un carré de Côte d'Or.
Nos trois consoles (sa Play Station 2, ma Wii et notre Super Nes) cohabitent dans la plus parfaite harmonie sur l'étagère où trônaient jadis Les Meilleurs Vins du Monde et l'album photo de l'exposition consacrée à Nicolas de Staël à Beaubourg en 2003 (non, je ne regrette pas les musées parisiens, je n'y foutais jamais les pieds! En revanche, quand j'y allais, je marquais le coup, j'achetais le livre...).
Dans la salle de bain, le choc de la cohabitation se fait plus feutré. Je recommande aux angoissées du passage à la vie à deux de tomber, comme moi, sous le charme d'un métalleux à longue crinière. Ses après-shampoings et masques capillaires font merveille au bord de ma baignoire. Comme je me laisse pousser les cheveux pour mieux lui plaire, sa brosse à cheveux a plus de place dans ma nouvelle vie que le peigne de mes années parisiennes de femme active aux cheveux courts faute de temps à perdre.
Nous avons déplacé les meubles pour gagner un peu de place ici et là. Objectivement ça le fait.
Parce que figurez-vous que Mademoiselle Flipette de l'Engagement (vieille noblesse bourguignone) est sur un nuage! Aux anges, la p'tite!! Et à croquer!
Je ne bois pas de soda mais je me suis résolue au Coca dans le frigo, à côté de son pote l'Orangina Rouge, si méchant. Je ne mange rien de tout préparé, (quand j'achète du fait-en-usine, j'y ajoute toujours ma touche perso : goûtez ma pizza Lidl à 0,70 € agrémentée de gorgonzola et d'huile de noix), mais j'ai du pousser mes os à moëlle, écarter mon Mont d'Or fermier pour concéder sur le Yop et les Kinder Pingui. Je n'achète que du salé. Ou du nature, comme mes yahourts, mon café, que je bois sans sucre. (Seule exception, le chocolat Côte d'Or, celui au lait! miam miam! en grosses tablettes! oh pute borgne, que c'est bon! ) Sinon, quand je me fais un plaisir gourmand au supermarché, c'est pour m'acheter un rognon de veau ou une boite de brandade Couderc. Et oui. Or, des M&M's figurent à présent sur ma liste définitive de courses de la semaine.
Mais mon amoureux et moi savons trouver des terrains d'entente résolument exquis. Comme les quenelles de brochet que nous napperons de sauce Nantua comme au bon temps de notre premier dîner gastronomique, chez les Eleveurs du grand Andy de Brouwer, à Hal, près de Bruxelles... En retour, mon amoureux consent à mes caprices d'eau pure, à mon café matinal, à mes appels de nourriture verte (salade, épinards, courgettes... ), il ne râle pas quand je lui pique du Yop et des M&M's et il me mange parfois un carré de Côte d'Or.
Nos trois consoles (sa Play Station 2, ma Wii et notre Super Nes) cohabitent dans la plus parfaite harmonie sur l'étagère où trônaient jadis Les Meilleurs Vins du Monde et l'album photo de l'exposition consacrée à Nicolas de Staël à Beaubourg en 2003 (non, je ne regrette pas les musées parisiens, je n'y foutais jamais les pieds! En revanche, quand j'y allais, je marquais le coup, j'achetais le livre...).
Dans la salle de bain, le choc de la cohabitation se fait plus feutré. Je recommande aux angoissées du passage à la vie à deux de tomber, comme moi, sous le charme d'un métalleux à longue crinière. Ses après-shampoings et masques capillaires font merveille au bord de ma baignoire. Comme je me laisse pousser les cheveux pour mieux lui plaire, sa brosse à cheveux a plus de place dans ma nouvelle vie que le peigne de mes années parisiennes de femme active aux cheveux courts faute de temps à perdre.
Nous avons déplacé les meubles pour gagner un peu de place ici et là. Objectivement ça le fait.
Parce que figurez-vous que Mademoiselle Flipette de l'Engagement (vieille noblesse bourguignone) est sur un nuage! Aux anges, la p'tite!! Et à croquer!
jeudi 27 mars 2008
On oublie rien de rien... Mais on a besoin de quelques post-it quand même.
Vous l'ignorez peut-être encore mais j'ai eu la langue percée pendant près de trois ans il y a près de trois ans. Je ne l'ai pas fait pour faire la coquine, ni pour être à la mode. Je l'ai fait pour ma Maman. Si elle lit ça, elle doit déjà être tombée de l'armoire. Ma maman a eu un cancer du sein et quand tout a été terminé, je me suis dit que je ne devais jamais oublier à quel point la vie peut vous échapper, à quel point vos peurs peuvent vous rattraper quoique vous fassiez. Un an plus tard, nous avons craint une rechute. Et j'ai réalisé que j'avais oublié mes serments de ne plus m'emmerder pour rien alors que tout passe si vite et pourrait être tellement pire. Et pour être sûre de m'en souvenir je me suis fais faire ce piercing, caché, rien que pour moi, pour me rappeler qu'il y a des peurs bien plus terribles que celle-là, que je croyais insurmontable, qui se réalisent alors qu'on ne les veut pas dans sa vie, contrairement à cette peur de me faire trouer la langue. Le fait de surmonter une peur de plus, qui confinait chez moi à la phobie, ne faisait que renforcer l'héroïsme du symbole...
Et bien mes amis, le type aux grandes dents qui chantait qu'on n'oublie rien de rien, qu'on n'oublie rien du tout, qu'on oublie rien de rien, qu'on s'habitue c'est tout, j'aurais deux ou trois mots à lui dire. Parce que si, on oublie. Et se souvenir de ne pas se laisser emmerder par soi-même est un combat quotidien. En particulier pour les gens qui, comme moi, sont facilement sujets à la dépression et qui n'ont plus de Percevalve à chérir (j'aimerais que vous suiviez un peu, c'est dans la note juste en-dessous, c'est pas comme si j'alimentais ce cher journal tous les jours...).
Mais la féroce ironie de la vie a à coeur de placer sur mon chemin des exemples criants de son impensable pouvoir. Regardez autour de vous, vous ne pourrez que convenir. Aujourd'hui dès que je me suis pris la tête, un paralytique a traversé derrière moi, un accident de voiture s'est produti sous mes yeux, un interlocuteur s'est mis à pleurer un drame inracontable. Et mentait peut-être.
Alors croyez-moi, ce soir, je quitte le bureau avec le sentiment du devoir accompli, un crédit conclu, une famille pas si loin que ça, une maison presqu'à moi et un amoureux qui va prendre cher parce qu'il le vaut bien. Si je pouvais l'avoir tous les jours planté dans la langue celui-là... (Il sait que je suis une psychopathe). Ca le fait non ?
Et bien mes amis, le type aux grandes dents qui chantait qu'on n'oublie rien de rien, qu'on n'oublie rien du tout, qu'on oublie rien de rien, qu'on s'habitue c'est tout, j'aurais deux ou trois mots à lui dire. Parce que si, on oublie. Et se souvenir de ne pas se laisser emmerder par soi-même est un combat quotidien. En particulier pour les gens qui, comme moi, sont facilement sujets à la dépression et qui n'ont plus de Percevalve à chérir (j'aimerais que vous suiviez un peu, c'est dans la note juste en-dessous, c'est pas comme si j'alimentais ce cher journal tous les jours...).
Mais la féroce ironie de la vie a à coeur de placer sur mon chemin des exemples criants de son impensable pouvoir. Regardez autour de vous, vous ne pourrez que convenir. Aujourd'hui dès que je me suis pris la tête, un paralytique a traversé derrière moi, un accident de voiture s'est produti sous mes yeux, un interlocuteur s'est mis à pleurer un drame inracontable. Et mentait peut-être.
Alors croyez-moi, ce soir, je quitte le bureau avec le sentiment du devoir accompli, un crédit conclu, une famille pas si loin que ça, une maison presqu'à moi et un amoureux qui va prendre cher parce qu'il le vaut bien. Si je pouvais l'avoir tous les jours planté dans la langue celui-là... (Il sait que je suis une psychopathe). Ca le fait non ?
jeudi 20 mars 2008
Jeudi 20 mars 2008 : Perspectives Percevalvesques
Pourquoi fait-on toujours plus d'efforts pour les gens qui le méritent le moins ? Je me fais la promesse de mieux employer mon énergie en relisant des mails vieux d'un an, vestiges d'une période de souffrance professionnelle que je n'ai que trop consentie. J'étais bien payée mais juste assez pour passer le seuil qui me prive aujourd'hui du prêt à taux zéro et payer plus d'impôts maintenant que je gagne moins. J'ai tenu le coup pour être licenciée mais ma prime a été engloutie en trois mois sans Assedic et j'aurais gagné tellement plus personnellement à envoyer ma démission à la figure de celle que je ne nomme plus.
Bref. Tout cela manquait de perspective et j'aimerais ne pas me retourner dans un an et me dire que j'en manquais aujourd'hui. Je n'ai pas tout perdu dans mon précédent emploi, j'y ai notamment fait des rencontres fabuleuses. Avec le petit peuple, bien évidemment, car je ne sais pas tirer profit de mes rencontres avec les grands de ce monde. Et ça me va.
Fan de la série Kaamelott, j'ai rencontré ma Percevale. Mon assistante, une jeune femme résolue, bosseuse, droite, en un mot, délicieuse. Sa compagnie, ses délires capillo-vestimentaires, ses approximations de langage, tout chez elle m'était devenue vital car elle m'empêchait de sombrer. Je peux sortir des énormités moi aussi mais j'ai trouvé ma maîtresse, et, pour reprendre les mots du Roi Arthur, incarné par Alexandre Astier : "Pour quelqu'un comme moi qui ais facilement tendance à la depression, c'est hyper important ce que vous faites... C'est systématiquement débile, mais c'est toujours inattendu!". Je l'ai tout naturellement surnommée Percevalve et j'ai retrouvé le récit de ses perles. Je vous en livre une aujourd'hui pour le plaisir.
"Ce matin, toute à ma crainte de sombrer dans l'océan gris-noir du néant intellectuel où me cantonnent les tâches dont je m'acquitte, je n'ai pas entendu arriver Percevalve. Puis soudain, je lève le nez et je fais un bond dans ma chaise, incapable de contenir ma surprise, pas tout à fait certaine de la reconnaître. Or c'est bien elle, assise en face de moi, le rouge à lèvre rouge Paloma en fusion sur un sourire rayonnant. Pourtant, y'a pas de quoi rire !!
Elle arbore un bandeau en perles qui repousse loin de son front une choucroute apocalyptique; il y a des barrettes qui dépassent du chaos, du gel fixation béton en renfort inutile, donc c'est fait exprès. Tout comme l'échancrure exagérée de son pull gris sur une bretelle de soutien gorge à strass... Mais ne vous inquiétez pas, tout ceci est raccord, car le pull gris a des strass aussi. Des strass qui dessinent des tigres. Ce tableau est complété par un petit pantalon façon treillis pour les poches, mais noir (parce que, je cite, "c'est plus sobre"...). Il libère la jambe à mi-mollet, ce qui laisse toute liberté d'expression à ses ravissantes bottines en daim gris, qui sont garnies de lanières harmonieusement nouées façon paquet-cadeau sur les cinq centimètres de peau qui respirent entre la fin du pantalon et le début du cuir...
Elle aurait pu en rester là. Mais elle n'eût pas été une vraie Percevalve. Je suis moi-même vétue d'un pull gris col en V qui montre seulement le corsage blanc dont je protège mon décolleté, d'un slim noir et de petits moccassins en daim gris façon Pocahontas. Certes, mon pull a un ruban de satin que j'ai noué sur ma hanche façon paquet-cadeau. Etait-ce une raison pour que Percevalve se sente contrainte de dresser le constat suivant d'une voie enjouée: "T'as vu! On est habillées pareil!!" Cette fille est mon soleil, une boite de Prozac sur bottines à noeud..."
L'histoire a une suite qui me ramène à mes mises en perspectives du début. Sur ces entrefaits, est entrée dans mon bureau Anne-Claire Taittinger, une femme pour laquelle j'ai une estime immense et dont le niveau intellectuel, économique et social nous laisse loin derrière, dans un vaste peloton moyen, Percevalve et moi-même. Tapez son nom dans google, vous verrez. Elle était vétue d'une pantalon noir, d'une chemise blanche et d'une veste grise. Au moment de m'exclamer d'une voix enjouée "Madame Taittinger, nous somme vraiment dans les mêmes tons!", j'ai fermé ma clapette jolie et je suis retournée travailler avec un gentil sourire à ma Percevalve adorée. On est toujours le con de quelqu'un, il n'y a pas lieu d'en douter. Alors un peu de tendresse, bordel !
Bref. Tout cela manquait de perspective et j'aimerais ne pas me retourner dans un an et me dire que j'en manquais aujourd'hui. Je n'ai pas tout perdu dans mon précédent emploi, j'y ai notamment fait des rencontres fabuleuses. Avec le petit peuple, bien évidemment, car je ne sais pas tirer profit de mes rencontres avec les grands de ce monde. Et ça me va.
Fan de la série Kaamelott, j'ai rencontré ma Percevale. Mon assistante, une jeune femme résolue, bosseuse, droite, en un mot, délicieuse. Sa compagnie, ses délires capillo-vestimentaires, ses approximations de langage, tout chez elle m'était devenue vital car elle m'empêchait de sombrer. Je peux sortir des énormités moi aussi mais j'ai trouvé ma maîtresse, et, pour reprendre les mots du Roi Arthur, incarné par Alexandre Astier : "Pour quelqu'un comme moi qui ais facilement tendance à la depression, c'est hyper important ce que vous faites... C'est systématiquement débile, mais c'est toujours inattendu!". Je l'ai tout naturellement surnommée Percevalve et j'ai retrouvé le récit de ses perles. Je vous en livre une aujourd'hui pour le plaisir.
"Ce matin, toute à ma crainte de sombrer dans l'océan gris-noir du néant intellectuel où me cantonnent les tâches dont je m'acquitte, je n'ai pas entendu arriver Percevalve. Puis soudain, je lève le nez et je fais un bond dans ma chaise, incapable de contenir ma surprise, pas tout à fait certaine de la reconnaître. Or c'est bien elle, assise en face de moi, le rouge à lèvre rouge Paloma en fusion sur un sourire rayonnant. Pourtant, y'a pas de quoi rire !!
Elle arbore un bandeau en perles qui repousse loin de son front une choucroute apocalyptique; il y a des barrettes qui dépassent du chaos, du gel fixation béton en renfort inutile, donc c'est fait exprès. Tout comme l'échancrure exagérée de son pull gris sur une bretelle de soutien gorge à strass... Mais ne vous inquiétez pas, tout ceci est raccord, car le pull gris a des strass aussi. Des strass qui dessinent des tigres. Ce tableau est complété par un petit pantalon façon treillis pour les poches, mais noir (parce que, je cite, "c'est plus sobre"...). Il libère la jambe à mi-mollet, ce qui laisse toute liberté d'expression à ses ravissantes bottines en daim gris, qui sont garnies de lanières harmonieusement nouées façon paquet-cadeau sur les cinq centimètres de peau qui respirent entre la fin du pantalon et le début du cuir...
Elle aurait pu en rester là. Mais elle n'eût pas été une vraie Percevalve. Je suis moi-même vétue d'un pull gris col en V qui montre seulement le corsage blanc dont je protège mon décolleté, d'un slim noir et de petits moccassins en daim gris façon Pocahontas. Certes, mon pull a un ruban de satin que j'ai noué sur ma hanche façon paquet-cadeau. Etait-ce une raison pour que Percevalve se sente contrainte de dresser le constat suivant d'une voie enjouée: "T'as vu! On est habillées pareil!!" Cette fille est mon soleil, une boite de Prozac sur bottines à noeud..."
L'histoire a une suite qui me ramène à mes mises en perspectives du début. Sur ces entrefaits, est entrée dans mon bureau Anne-Claire Taittinger, une femme pour laquelle j'ai une estime immense et dont le niveau intellectuel, économique et social nous laisse loin derrière, dans un vaste peloton moyen, Percevalve et moi-même. Tapez son nom dans google, vous verrez. Elle était vétue d'une pantalon noir, d'une chemise blanche et d'une veste grise. Au moment de m'exclamer d'une voix enjouée "Madame Taittinger, nous somme vraiment dans les mêmes tons!", j'ai fermé ma clapette jolie et je suis retournée travailler avec un gentil sourire à ma Percevalve adorée. On est toujours le con de quelqu'un, il n'y a pas lieu d'en douter. Alors un peu de tendresse, bordel !
mardi 18 mars 2008
Mardi 18 mars 2008 : Sisyphe, mon poussin
Sisyphe c'est mon pote. Je sais précisément ce qu'il ressent. Sisyphe est un mec à qui Zeus et sa bande ont promis de le sortir du désert du Tartare (jus de citron, câpres, tabasco, sauce Worcestershire, sel, poivre...) s'il arrivait à monter un rocher en haut d'une colline. Mais le rocher finissait toujours par échapper au pauvre Sisyphe qui n'en voyait pas le bout.
Bon, ben moi mon job c'est d'imposer un calendrier dans un secteur où tout se fait au fil de l'eau. Cent fois je me suis vue couler à pic dans ce fil d'eau. Et puis je me suis remise à nager. Aujourd'hui, alors que j'avais l'mpression de maitriser le papillon, quelle ne fut pas ma surprise de revenir à la brasse coulée fissa, six mètres sous la surface !
Mes flotteurs bien arrimés, assise en tailleur sur mon rocher que j'ai encore pris en travers du tuba, je vous explique : même dans les domaines où mon calendrier a été respecté, j'ai découvert aujourd'hui que mes collaborateurs en ignoraient jusqu'à l'existence. Il leur a pourtant été présenté par mail, de vive voix puis en personne. Mais tous pensaient qu'on ferait comme avec les précédents, c'est à dire qu'on ne s'y tiendrait pas. Et, sitôt tout le monde d'accord sur ce calendrier, le même tout le monde, sauf moi, l'a jeté aussi sec aux oubliettes de l'obsolescence. On a donc continué comme avant pendant que je m'amusais beaucoup à faire vivre mes petits tableaux excell que personne d'autre n'ouvrait jamais. Sic transit gloria mundi...
Aujourd'hui, donc, après trois mois de faux semblants, le système a pété quand le commercial en chef a voulu monopoliser les canaux d'envoi toute la journée pour les pubs de ses clients.
- Pardon, on était d'accord, le mardi c'est ravioli et c'est priorité à l'info!
- C'est pas dans mon tableau.
- C'est dans le mien. Tu sais, celui qu'on a validé ensemble il y a trois mois.
- C'est pas passé à la trappe, ça? On n'en a plus parlé...
- Une fois qu'on est tous d'accord, on n'en parle plus. Others talk, I work. C'est Picasso qui a dit ça. Il l'a peut-être dit en espagnol, remarque...
- Picasso ? Comme la Citroën?
- ... ("boum", ma machoire heurte le bureau)... Oui. Oui, celui-la même.
- En tout cas tu peux pas me lâcher, je peux pas me permettre de faire chou gras sur ces envois.
- Chou blanc.
- Tu penses vraiment qu'à bouffer, hein! En tout cas c'est le boss qui a décidé cet envoi, nous le faisons à son instar.
- A son ins...tigation ?
- Tu me cherches ou quoi ?
- Non, non...
Arrive le juge de paix, la responsable commerciale du site pour lequel j'envois la lettre d'informaiton. A cheval sur les deux matières, elle pourra trancher. Et elle tranche bien à vif.
- Oh c'est pas grave si on envoit pas la lettre à jour fixe, de toute façon, avec le boss qui la valide jamais à temps, elle n'est jamais partie le même jour.
- "BOUM" Aïe ! Je me suis cassé le menton ! Mais enfin ça fait trois mois que je la valide seule et qu'elle part sans faute touts les mardis, t'étais où pendant le film ???
Arrive le roi Salomon, notre boss, qui s'étonne de tout ce bruit.
- Qui ne valide pas quoi à temps ?
Le vide se fait dans mon bureau pendant que je me fais servir un minestrone ni brûlant ni glacé et les deux à la fois, dans lequel me sont reprochés à la fois mon manque de souplesse et mon manque de rigueur. Mon manque de souplesse, parce que je n'ai pas à dramatiser si la lettre ne part pas aujourd'hui c'est pas la priorité... Sauf que SI, c'est la mienne, de priorité... bon OK, je manque pitêtre un peu de souplesse. Et mon manque de rigueur, parce que, il a bien entendu, s'pas, la lettre ne part pas le même jour depuis trois mois... MAIS SI elle part le MARDI!!! Vous allez vous souvenir ou vous voulez que j'vous z'y marque???
Bon, alors on cale le rocher entre la temps et l'épaule, en appui bien stable sur toute la plante des pieds et on pousse à trois... UN...
PS : Au demeurant, croyez-le ou non, je suis heureuse comme une papesse dans cette boîte où tout le monde est HUMAIN et une fois la tempête passée nous rions aussi beaucoup, tous ensemble et de très bon coeur. J'adore cette boite et mon job et je n'ai pas toujours pu en dire autant !
Bon, ben moi mon job c'est d'imposer un calendrier dans un secteur où tout se fait au fil de l'eau. Cent fois je me suis vue couler à pic dans ce fil d'eau. Et puis je me suis remise à nager. Aujourd'hui, alors que j'avais l'mpression de maitriser le papillon, quelle ne fut pas ma surprise de revenir à la brasse coulée fissa, six mètres sous la surface !
Mes flotteurs bien arrimés, assise en tailleur sur mon rocher que j'ai encore pris en travers du tuba, je vous explique : même dans les domaines où mon calendrier a été respecté, j'ai découvert aujourd'hui que mes collaborateurs en ignoraient jusqu'à l'existence. Il leur a pourtant été présenté par mail, de vive voix puis en personne. Mais tous pensaient qu'on ferait comme avec les précédents, c'est à dire qu'on ne s'y tiendrait pas. Et, sitôt tout le monde d'accord sur ce calendrier, le même tout le monde, sauf moi, l'a jeté aussi sec aux oubliettes de l'obsolescence. On a donc continué comme avant pendant que je m'amusais beaucoup à faire vivre mes petits tableaux excell que personne d'autre n'ouvrait jamais. Sic transit gloria mundi...
Aujourd'hui, donc, après trois mois de faux semblants, le système a pété quand le commercial en chef a voulu monopoliser les canaux d'envoi toute la journée pour les pubs de ses clients.
- Pardon, on était d'accord, le mardi c'est ravioli et c'est priorité à l'info!
- C'est pas dans mon tableau.
- C'est dans le mien. Tu sais, celui qu'on a validé ensemble il y a trois mois.
- C'est pas passé à la trappe, ça? On n'en a plus parlé...
- Une fois qu'on est tous d'accord, on n'en parle plus. Others talk, I work. C'est Picasso qui a dit ça. Il l'a peut-être dit en espagnol, remarque...
- Picasso ? Comme la Citroën?
- ... ("boum", ma machoire heurte le bureau)... Oui. Oui, celui-la même.
- En tout cas tu peux pas me lâcher, je peux pas me permettre de faire chou gras sur ces envois.
- Chou blanc.
- Tu penses vraiment qu'à bouffer, hein! En tout cas c'est le boss qui a décidé cet envoi, nous le faisons à son instar.
- A son ins...tigation ?
- Tu me cherches ou quoi ?
- Non, non...
Arrive le juge de paix, la responsable commerciale du site pour lequel j'envois la lettre d'informaiton. A cheval sur les deux matières, elle pourra trancher. Et elle tranche bien à vif.
- Oh c'est pas grave si on envoit pas la lettre à jour fixe, de toute façon, avec le boss qui la valide jamais à temps, elle n'est jamais partie le même jour.
- "BOUM" Aïe ! Je me suis cassé le menton ! Mais enfin ça fait trois mois que je la valide seule et qu'elle part sans faute touts les mardis, t'étais où pendant le film ???
Arrive le roi Salomon, notre boss, qui s'étonne de tout ce bruit.
- Qui ne valide pas quoi à temps ?
Le vide se fait dans mon bureau pendant que je me fais servir un minestrone ni brûlant ni glacé et les deux à la fois, dans lequel me sont reprochés à la fois mon manque de souplesse et mon manque de rigueur. Mon manque de souplesse, parce que je n'ai pas à dramatiser si la lettre ne part pas aujourd'hui c'est pas la priorité... Sauf que SI, c'est la mienne, de priorité... bon OK, je manque pitêtre un peu de souplesse. Et mon manque de rigueur, parce que, il a bien entendu, s'pas, la lettre ne part pas le même jour depuis trois mois... MAIS SI elle part le MARDI!!! Vous allez vous souvenir ou vous voulez que j'vous z'y marque???
Bon, alors on cale le rocher entre la temps et l'épaule, en appui bien stable sur toute la plante des pieds et on pousse à trois... UN...
PS : Au demeurant, croyez-le ou non, je suis heureuse comme une papesse dans cette boîte où tout le monde est HUMAIN et une fois la tempête passée nous rions aussi beaucoup, tous ensemble et de très bon coeur. J'adore cette boite et mon job et je n'ai pas toujours pu en dire autant !
lundi 17 mars 2008
15 Mars 2008 : Crédit-tapis à taux plancher
La chasse au crédit immobilier est un sport de haut vol qui ne se pratique pas à la légère. C'est une battue autant qu'une chasse à courre, il faut fourbir ses armes, appâter le banquier et savoir sonner l'hallali.
Samedi, je me suis livrée à une séance fantastique, sur un domaine de choix, étendu et giboyeux : le Salon de l'Immobilier au Corum de Montpellier. Bien habillée (jeans-bottes, petite veste sur pull rayé) un peu sport, carrément cavalière. Cavalière, parce que petitun c'est une chasse à courre et le gibier doit sentir que la traque est lancée, que mon cheval n'est pas loin. Et puis cavalière parce que petideux je ne me mets pas sur mon 31 quand c'est moi qu'il faut séduire. Mélangeons pas. Ma montre, mes chaussures et mon sac se chargent d'afficher mon aisance. Je suis pas là pour déconner, j'ai un cheval garé en double file (il est gris, il est coupé, il est sellé de cuir, il s'appelle Princesse).
Je suis entrée dans le bois, prévenue qu'une intense séance de discutage de bout de gras ne serait pas à exclure. J'ai en effet commencé par demander mon crédit à ma banque toute bête où ma conseillère m'a proposé un taux effarant en m'expliquant "Je ne peux pas descendre en dessous sans proposition de la concurrence". Hé bé pétard! En avant!
Taux d'intérêt et coût de l'assurance, souplesse d'ajustement des remboursements, qualité du contact, voila ce qui déterminera mon choix. Les uns et les autres marquent plus ou moins haut ici et là. Mais la palme de la négociation la plus hilarante revient à un sémillant sous-fifre qui a très élégamment plombé tout le crédit que j'accordais (oui, moi aussi, j'accorde du crédit, merde alors!) jusqu'ici à la banque qu'il représente. A sa décharge, je dois reconnaitre qu'il est entré dans ma vie avec un sérieux handicap, en butte au plus rédhibitoire des a priori dont je me rends consciemment coupable. Il s'appelle Dimitri. J'ai cru aimer un Dimitri une fois et me suis juré ensuite de me méfier de tous les autres comme de la peste. Au point que, mentalement, je couvre à présent chaque Dimitri que je croise d'infâmes bubons que Camus n'eût pas reniés.
Donc, voilà ce fringuant commercial à gourmette, par mes soins bubonneux pour mes yeux seulement, à qui je déblatère les renseignements d'usage : appartement, résidence principale, coût total, apport, revenu, durée du crédit. Il m'annonce un taux exorbitant, je souris, il confirme "Mademoiselle, on ne peut pas descendre en-dessous de 5% compte tenu de l'état du marché", je me lève en lui lançant que puisque la Banque Populaire me propose 4,65 %, nous n'avons plus rien à nous dire. Grande scène de l'acte 5. Il me rattrape, son front soudain barré d'un pli soucieux, dans lequel se glisse une goutte de sueur, reflet de son angoisse. Dans sa voix, l'accent de la vérité du type qui déclare sa flamme à la jeune fille en fleur qu'il compte tringler dans les toilettes de la boite de nuit. Il me dit que la décision ne relève pas de lui, qu'il faut en référer en haut lieu. Pas étonnée, je savais déjà que je n'avais pas affaire au bon interlocuteur. Mais il est si drôle.
Il part sur la pointe des pieds accoster un senior à gourmette plus volumineuse, signe de son statut de dominant. Ils s'enferment dans la baraque du stand où sont rangés les gobelets, la machine à eau et les cartons de vin pour les négociations au sommet qui suivent la fermeture du salon. Dimitri ressort, je lis sa satisfaction, il me décoche un regard de prédateur qui sait sa proie à sa merci. Il n'a pas encore compris qui tient le fusil. Et me présente un papier sur lequel est inscrit "4,70 %". Sur lequel le dominant à grosse gourmette viendra apposer sa signature et son cachet. Depuis la médina de Casablanca, je n'avais plus vu ça. Ça ne me manquait d'ailleurs pas du tout.
Mais Dimitri ne s'arrête pas là. Sûr du caractère irrésistible de sa proposition, il précise que, dans ces conditions, irrésistibles, encore une fois, "on apprécie dans notre banque que vous preniez également votre assurance habitation chez nous...". On apprécie ? Les concurrents m'ont affiché leur tarif : si vous avez un compte courant chez nous, comptez un dixième de point de moins sur votre taux de base, pour une assurance, deux dixièmes. Mais chez Dimitri, "on apprécie". Je remercie Guignol avant de prendre congé. Il m'offre un stylo ET le porte-clé à jeton pour le caddie. Les autres, il leur faut choisir, mais pas moi, confie-t-il avec cet accent de sincérité qui lui va comme la gale aux Pouilles*. Comment résister davantage?
*Pardon à mes amis des Pouilles qui pourraient se méprendre, la gale ne va pas aux Pouilles, comme l'air de la sincérité ne va pas à Dimitri. Pour mes amis incultes, les Pouilles sont un fort belle région du Sud de l'Italie, dont je pourrai vous rapporter de somptueuses photos dès qu'un consorzio aura eu la bonté de m'y inviter.
Samedi, je me suis livrée à une séance fantastique, sur un domaine de choix, étendu et giboyeux : le Salon de l'Immobilier au Corum de Montpellier. Bien habillée (jeans-bottes, petite veste sur pull rayé) un peu sport, carrément cavalière. Cavalière, parce que petitun c'est une chasse à courre et le gibier doit sentir que la traque est lancée, que mon cheval n'est pas loin. Et puis cavalière parce que petideux je ne me mets pas sur mon 31 quand c'est moi qu'il faut séduire. Mélangeons pas. Ma montre, mes chaussures et mon sac se chargent d'afficher mon aisance. Je suis pas là pour déconner, j'ai un cheval garé en double file (il est gris, il est coupé, il est sellé de cuir, il s'appelle Princesse).
Je suis entrée dans le bois, prévenue qu'une intense séance de discutage de bout de gras ne serait pas à exclure. J'ai en effet commencé par demander mon crédit à ma banque toute bête où ma conseillère m'a proposé un taux effarant en m'expliquant "Je ne peux pas descendre en dessous sans proposition de la concurrence". Hé bé pétard! En avant!
Taux d'intérêt et coût de l'assurance, souplesse d'ajustement des remboursements, qualité du contact, voila ce qui déterminera mon choix. Les uns et les autres marquent plus ou moins haut ici et là. Mais la palme de la négociation la plus hilarante revient à un sémillant sous-fifre qui a très élégamment plombé tout le crédit que j'accordais (oui, moi aussi, j'accorde du crédit, merde alors!) jusqu'ici à la banque qu'il représente. A sa décharge, je dois reconnaitre qu'il est entré dans ma vie avec un sérieux handicap, en butte au plus rédhibitoire des a priori dont je me rends consciemment coupable. Il s'appelle Dimitri. J'ai cru aimer un Dimitri une fois et me suis juré ensuite de me méfier de tous les autres comme de la peste. Au point que, mentalement, je couvre à présent chaque Dimitri que je croise d'infâmes bubons que Camus n'eût pas reniés.
Donc, voilà ce fringuant commercial à gourmette, par mes soins bubonneux pour mes yeux seulement, à qui je déblatère les renseignements d'usage : appartement, résidence principale, coût total, apport, revenu, durée du crédit. Il m'annonce un taux exorbitant, je souris, il confirme "Mademoiselle, on ne peut pas descendre en-dessous de 5% compte tenu de l'état du marché", je me lève en lui lançant que puisque la Banque Populaire me propose 4,65 %, nous n'avons plus rien à nous dire. Grande scène de l'acte 5. Il me rattrape, son front soudain barré d'un pli soucieux, dans lequel se glisse une goutte de sueur, reflet de son angoisse. Dans sa voix, l'accent de la vérité du type qui déclare sa flamme à la jeune fille en fleur qu'il compte tringler dans les toilettes de la boite de nuit. Il me dit que la décision ne relève pas de lui, qu'il faut en référer en haut lieu. Pas étonnée, je savais déjà que je n'avais pas affaire au bon interlocuteur. Mais il est si drôle.
Il part sur la pointe des pieds accoster un senior à gourmette plus volumineuse, signe de son statut de dominant. Ils s'enferment dans la baraque du stand où sont rangés les gobelets, la machine à eau et les cartons de vin pour les négociations au sommet qui suivent la fermeture du salon. Dimitri ressort, je lis sa satisfaction, il me décoche un regard de prédateur qui sait sa proie à sa merci. Il n'a pas encore compris qui tient le fusil. Et me présente un papier sur lequel est inscrit "4,70 %". Sur lequel le dominant à grosse gourmette viendra apposer sa signature et son cachet. Depuis la médina de Casablanca, je n'avais plus vu ça. Ça ne me manquait d'ailleurs pas du tout.
Mais Dimitri ne s'arrête pas là. Sûr du caractère irrésistible de sa proposition, il précise que, dans ces conditions, irrésistibles, encore une fois, "on apprécie dans notre banque que vous preniez également votre assurance habitation chez nous...". On apprécie ? Les concurrents m'ont affiché leur tarif : si vous avez un compte courant chez nous, comptez un dixième de point de moins sur votre taux de base, pour une assurance, deux dixièmes. Mais chez Dimitri, "on apprécie". Je remercie Guignol avant de prendre congé. Il m'offre un stylo ET le porte-clé à jeton pour le caddie. Les autres, il leur faut choisir, mais pas moi, confie-t-il avec cet accent de sincérité qui lui va comme la gale aux Pouilles*. Comment résister davantage?
*Pardon à mes amis des Pouilles qui pourraient se méprendre, la gale ne va pas aux Pouilles, comme l'air de la sincérité ne va pas à Dimitri. Pour mes amis incultes, les Pouilles sont un fort belle région du Sud de l'Italie, dont je pourrai vous rapporter de somptueuses photos dès qu'un consorzio aura eu la bonté de m'y inviter.
jeudi 13 mars 2008
13 mars 2008 : de mémoire de sac à main...
... on n'avait jamais vu ça !
On peut pas mettre de pièces jointes sur un blog ??? C'est quoi ce délire ? De toute façon, j'ai pas de quoi en faire un PDF surprotégé, alors... Autant le publier ici même, au moins c'est daté, non, Léo? Je me l'envoie en recommandé?
Bon, ready ? C'est pas le truc le plus drôle que j'ai écrit, mais je suis contente parce que je suis arrivée à bien m'extraire du trip autobiographique! Pas une seule référence à ma vie ou aux vôtres, tout de la fiction, vous allez être soufflés, je suis contente. Bon, Xav, c'est tout du sac à main, on fait quoi pour toi demain ?
On peut pas mettre de pièces jointes sur un blog ??? C'est quoi ce délire ? De toute façon, j'ai pas de quoi en faire un PDF surprotégé, alors... Autant le publier ici même, au moins c'est daté, non, Léo? Je me l'envoie en recommandé?
Bon, ready ? C'est pas le truc le plus drôle que j'ai écrit, mais je suis contente parce que je suis arrivée à bien m'extraire du trip autobiographique! Pas une seule référence à ma vie ou aux vôtres, tout de la fiction, vous allez être soufflés, je suis contente. Bon, Xav, c'est tout du sac à main, on fait quoi pour toi demain ?
Mémoires d’un Sac à Main
Je suis beau comme un camion. Mais je suis un sac. Je suis objectivement une splendeur noire de cuir verni tendu de soie. Dès qu’elle m’a vu, elle m’a voulu. Je ne la quitte plus.
Elle a fait de moi le chevalier de ses trente ans. Je l’ai vue arriver, épuisée, triste à pleurer. Mais elle a gardé la tête haute, a laissé le vendeur la faire rire, lui a avoué qu’elle fêtait ses trente ans le lendemain et que sa boss la rendait folle. Le vendeur a levé un doigt et lui a dit qu’il avait la solution. Je savais que c’était moi. Il lui a tendu mes anses, elle les a saisies d’une main douce. J’ai su que c’était elle. Elle l’a senti aussi. Elle m’a tenu au bout de son bras pour nous regarder dans le grand miroir. Nous étions parfaits.
Je ne voulais plus la quitter. Elle non plus. Je ne suis pas une folie, je suis un investissement. Je coûte plus cher que le loyer d’un petit deux-pièces parisien. Et alors ? On n’a pas tous les jours trente ans demain ! Et on supporte les excès d’une présidente en pleine orgie de stress... Une présidente assez snob. Qui adore la marque que je suis. Joignons le pervers au bonheur et confinons au sublime. Mais non, dit-elle, c’est pour moi, pas contre elle. Même si ça ne gâche rien. Je suis fou d’elle.
Le vendeur lui fait même une réduction pour son anniversaire. Elle m’emmène fièrement, me montre à ses copines puis part affronter la tentation. Elle n’y résiste pas. Je suis dans le sac en satin noir mais je l’entends parler à quelqu’un. Une voix aigre lui demande où elle était. Elle élude en annonçant qu’elle a fait une folie. Ses doigts dénouent les lacets du sac de satin. Mon cuir vrombit d’impatience et n’en est que plus rutilant quand elle m’extirpe et me montre sans me tendre aux mains qui se crispent en face d’elle. « Ah oui, vous êtes folle. » Elle l’est, ma chère. Et vous ne pouvez pas imaginer à quel point.
Depuis, je l’accompagne partout. Elle se fait offrir le lendemain une voiture avec qui je m’entends parfaitement. Je l’accompagne au bureau où je la soutiens quand elle se demande ce qu’elle fout là. Je pars avec elle en week-end, je suis assez grand pour être son sac de voyage. Elle voyage léger. Je transporte ses souvenirs de Hollande, d’Italie… Elle m’emmène dans les plus beaux hôtels, me garde avec elle, en éco comme en business. Je la rends belle, elle me rend irrésistible.
En Hollande j’emmène son ordinateur et je rapporte du fromage. La dernière fois que nous y allons, la voiture la trahit. J’assiste impuissant à sa détresse quand elle est enfermée dehors d’une maison dont elle n’a plus les clés, avec une batterie à plat dans un village vide du fin fond de la Hollande. A ce moment précis, je voudrais être une batterie neuve. Sans cuir, sans soie, avec du jus. Elle trouve une solution. Et nous partons. Sur la route, elle pleure encore, comme à chaque fois. Elle me garde toujours près de sa jambe quand elle conduit, pour ne pas tenter les voleurs. Je frotte mon cuir contre elle pour la consoler mais j’ai seulement hâte que nous n'allions plus en Hollande.
En Italie, je suis son plus sûr allié. Les femmes m’adorent. Et elle adore me confier du lard de Carrare, ses bijoux, des bouteilles de vin de Toscane ou du Haut-Adige, une robe et trop de chaussures... Nous aimons l’Italie, elle et moi. Je somnole doucement à ses pieds pendant les dégustations, comme un labrador présidentiel. Elle se pare pour les dîners de gala. Je l’aime en robe noire mais elle s’aime en pantalon. Un jour, à Sienne, elle me fait plaisir et met la robe que je préfère, d’un noir mat que mon vernis illumine. Elle se regarde dans la glace en me tenant au bout de son bras, comme au premier jour. A ce moment précis, je voudrais être un homme. Je serais un grand black, genre Seal. Je lui dirais « Viens, Heidi, on fout le camp, je t’emmène. » (quand elle prend l’avion elle me confie un Gala). Car pour une fois, ce serait moi qui l’emmènerais loin.
J’aime ses copines. Elles sont toutes amoureuses de moi. Elles lui ont toutes dit qu’elle avait bien fait. Ce sont des femmes de goût. Toutes. Certaines ont elles-mêmes de bien jolis sacs et nous discutons un peu. L’une d’elles a un Chloé qui parle turc. Bien roulé, le bougre, mais on ne me la fait pas. Celle qui travaille chez Prada mise sur Dior, nous sommes très proches. Celle qui travaille chez Lancel pose à côté de moi des mignonnes besaces, des baguettes ravissantes, des bowling à croquer, des seaux, pour la plage… Ah, les petites coquines ! Et je suis un charmeur...
Elle me dit souvent que je suis atrocement snob. Mais j’aime aussi quand elle est en jean. Et puis dans le genre snob, pardon, on va parler du chat ! Ce vaut-rien ne veut plus dormir que vautré dans la soie de ma doublure. Il s’est instauré entre lui et moi une relation de tolérance mutuelle. Par amour pour elle, il ne fait ses griffes ni sur mon cuir ni sur ma soie et je lui autorise des siestes entre mes flancs. Avant de s’endormir, il me parle d’elle. Je lui répond jusqu’à ce qu’il ronfle. Ca arrive en général assez vite.
Elle plaît aux hommes mais elle ne les voit pas. Elle est libre mais son coeur est pris. Pas par moi, par cette certitude qu’elle ne fera jamais confiance à aucun d’eux. Et qu’il vaut mieux en rire. Des minables, des aventuriers, des types gentils. Mais personne ne reste parce qu’elle ne garde pas. Les histoires sont finies avant de commencer. Caché sous la table ou accroché à sa chaise, j’entends tout. En secret, je pronostique : « Une semaine », « Rien du tout », « Dans tes rêves », « Ouh la la, ton salaire, ta voiture, ton appart... On compense, mec ? ». Elle se lasse en une heure. Et en rentrant chez nous, en métro, en taxi, je me serre contre elle quand elle me serre contre elle et elle sait que, moi, je suis là pour rester. Entre nous tout a été si simple. Elle ne leur laisse rien voir de ce qu’elle est. Je suis le seul à savoir.
A savoir le courrier qu’elle reçoit, le poids de son portefeuille, la couleur de ses fards qu’elle répand sur ma doublure et quand elle oublie sa pilule je voudrais être un réveil, une alarme pour lui rappeler. Je sens quand elle m’attrape si sa main est ferme ou si elle tremble et de quoi. Je sens la nicotine sur ses doigts, le café qu’elle boit trop chaud ; je sais ce qu’elle mange et quand elle ne mange pas. Je n'aime pas l'hiver parce qu'elle met des manteaux qui l'empêchent de me porter tout contre elle. Quand elle me porte sous son bras, au printemps, je sens si elle a maigri ou si elle va bien. Je sens son bras contre mon flanc. Je sens son cœur battre.
J’adore Paris avec elle. Elle aime le 1er, le 9ème, Montmartre et le quartier chinois. Elle me fait ramener chez elle des aliments curieux et les ingrédients de recettes plus curieuses encore. Puis elle m’emmène chez Zara essayer des choses qu’elle ne se serait jamais vue porter et elle rit dans la cabine, toute seule, mais toute seule avec moi. Le week end, elle met son jean délavé, ses Converse et elle me balance sur son épaule : nous partons. Toujours ensemble.
Et puis elle s’est mise à remplir des cartons. Notre maison est devenue un champ de cartons. Des brutes épaisses sont venues les enlever et nous avons repris la voiture. J’ai compris sans qu’elle m’explique que nous ne reviendrions pas à Paris avant un bon moment. Je n’ai pas eu lieu de le regretter. Ici le soleil est chaud sur mon cuir noir, et, surtout, elle est heureuse. Il y a une voix très grave qui a su lui donner envie de faire confiance et de lâcher quelques certitudes. Là où ils vont, le soir, le sol est sale, la musique est trop forte et mon cuir s’en offusque, les autres sacs sont en tissu élimé, je ne passe plus partout. Nous nous sommes éloignés l’un de l’autre. Je sais qu’elle est heureuse et qu’elle ne m’oublie pas. Je n’ai pas été son Prozac, je suis son ami. Elle sait que je suis là dans l’armoire. J’attends mon heure. Entretemps, parfois, elle m’extirpe du sac de satin noir, juste pour me regarder. Je suis fou d’elle. Elle me dit qu’elle aussi.
Anne Serres – 13/03/2008
Je suis beau comme un camion. Mais je suis un sac. Je suis objectivement une splendeur noire de cuir verni tendu de soie. Dès qu’elle m’a vu, elle m’a voulu. Je ne la quitte plus.
Elle a fait de moi le chevalier de ses trente ans. Je l’ai vue arriver, épuisée, triste à pleurer. Mais elle a gardé la tête haute, a laissé le vendeur la faire rire, lui a avoué qu’elle fêtait ses trente ans le lendemain et que sa boss la rendait folle. Le vendeur a levé un doigt et lui a dit qu’il avait la solution. Je savais que c’était moi. Il lui a tendu mes anses, elle les a saisies d’une main douce. J’ai su que c’était elle. Elle l’a senti aussi. Elle m’a tenu au bout de son bras pour nous regarder dans le grand miroir. Nous étions parfaits.
Je ne voulais plus la quitter. Elle non plus. Je ne suis pas une folie, je suis un investissement. Je coûte plus cher que le loyer d’un petit deux-pièces parisien. Et alors ? On n’a pas tous les jours trente ans demain ! Et on supporte les excès d’une présidente en pleine orgie de stress... Une présidente assez snob. Qui adore la marque que je suis. Joignons le pervers au bonheur et confinons au sublime. Mais non, dit-elle, c’est pour moi, pas contre elle. Même si ça ne gâche rien. Je suis fou d’elle.
Le vendeur lui fait même une réduction pour son anniversaire. Elle m’emmène fièrement, me montre à ses copines puis part affronter la tentation. Elle n’y résiste pas. Je suis dans le sac en satin noir mais je l’entends parler à quelqu’un. Une voix aigre lui demande où elle était. Elle élude en annonçant qu’elle a fait une folie. Ses doigts dénouent les lacets du sac de satin. Mon cuir vrombit d’impatience et n’en est que plus rutilant quand elle m’extirpe et me montre sans me tendre aux mains qui se crispent en face d’elle. « Ah oui, vous êtes folle. » Elle l’est, ma chère. Et vous ne pouvez pas imaginer à quel point.
Depuis, je l’accompagne partout. Elle se fait offrir le lendemain une voiture avec qui je m’entends parfaitement. Je l’accompagne au bureau où je la soutiens quand elle se demande ce qu’elle fout là. Je pars avec elle en week-end, je suis assez grand pour être son sac de voyage. Elle voyage léger. Je transporte ses souvenirs de Hollande, d’Italie… Elle m’emmène dans les plus beaux hôtels, me garde avec elle, en éco comme en business. Je la rends belle, elle me rend irrésistible.
En Hollande j’emmène son ordinateur et je rapporte du fromage. La dernière fois que nous y allons, la voiture la trahit. J’assiste impuissant à sa détresse quand elle est enfermée dehors d’une maison dont elle n’a plus les clés, avec une batterie à plat dans un village vide du fin fond de la Hollande. A ce moment précis, je voudrais être une batterie neuve. Sans cuir, sans soie, avec du jus. Elle trouve une solution. Et nous partons. Sur la route, elle pleure encore, comme à chaque fois. Elle me garde toujours près de sa jambe quand elle conduit, pour ne pas tenter les voleurs. Je frotte mon cuir contre elle pour la consoler mais j’ai seulement hâte que nous n'allions plus en Hollande.
En Italie, je suis son plus sûr allié. Les femmes m’adorent. Et elle adore me confier du lard de Carrare, ses bijoux, des bouteilles de vin de Toscane ou du Haut-Adige, une robe et trop de chaussures... Nous aimons l’Italie, elle et moi. Je somnole doucement à ses pieds pendant les dégustations, comme un labrador présidentiel. Elle se pare pour les dîners de gala. Je l’aime en robe noire mais elle s’aime en pantalon. Un jour, à Sienne, elle me fait plaisir et met la robe que je préfère, d’un noir mat que mon vernis illumine. Elle se regarde dans la glace en me tenant au bout de son bras, comme au premier jour. A ce moment précis, je voudrais être un homme. Je serais un grand black, genre Seal. Je lui dirais « Viens, Heidi, on fout le camp, je t’emmène. » (quand elle prend l’avion elle me confie un Gala). Car pour une fois, ce serait moi qui l’emmènerais loin.
J’aime ses copines. Elles sont toutes amoureuses de moi. Elles lui ont toutes dit qu’elle avait bien fait. Ce sont des femmes de goût. Toutes. Certaines ont elles-mêmes de bien jolis sacs et nous discutons un peu. L’une d’elles a un Chloé qui parle turc. Bien roulé, le bougre, mais on ne me la fait pas. Celle qui travaille chez Prada mise sur Dior, nous sommes très proches. Celle qui travaille chez Lancel pose à côté de moi des mignonnes besaces, des baguettes ravissantes, des bowling à croquer, des seaux, pour la plage… Ah, les petites coquines ! Et je suis un charmeur...
Elle me dit souvent que je suis atrocement snob. Mais j’aime aussi quand elle est en jean. Et puis dans le genre snob, pardon, on va parler du chat ! Ce vaut-rien ne veut plus dormir que vautré dans la soie de ma doublure. Il s’est instauré entre lui et moi une relation de tolérance mutuelle. Par amour pour elle, il ne fait ses griffes ni sur mon cuir ni sur ma soie et je lui autorise des siestes entre mes flancs. Avant de s’endormir, il me parle d’elle. Je lui répond jusqu’à ce qu’il ronfle. Ca arrive en général assez vite.
Elle plaît aux hommes mais elle ne les voit pas. Elle est libre mais son coeur est pris. Pas par moi, par cette certitude qu’elle ne fera jamais confiance à aucun d’eux. Et qu’il vaut mieux en rire. Des minables, des aventuriers, des types gentils. Mais personne ne reste parce qu’elle ne garde pas. Les histoires sont finies avant de commencer. Caché sous la table ou accroché à sa chaise, j’entends tout. En secret, je pronostique : « Une semaine », « Rien du tout », « Dans tes rêves », « Ouh la la, ton salaire, ta voiture, ton appart... On compense, mec ? ». Elle se lasse en une heure. Et en rentrant chez nous, en métro, en taxi, je me serre contre elle quand elle me serre contre elle et elle sait que, moi, je suis là pour rester. Entre nous tout a été si simple. Elle ne leur laisse rien voir de ce qu’elle est. Je suis le seul à savoir.
A savoir le courrier qu’elle reçoit, le poids de son portefeuille, la couleur de ses fards qu’elle répand sur ma doublure et quand elle oublie sa pilule je voudrais être un réveil, une alarme pour lui rappeler. Je sens quand elle m’attrape si sa main est ferme ou si elle tremble et de quoi. Je sens la nicotine sur ses doigts, le café qu’elle boit trop chaud ; je sais ce qu’elle mange et quand elle ne mange pas. Je n'aime pas l'hiver parce qu'elle met des manteaux qui l'empêchent de me porter tout contre elle. Quand elle me porte sous son bras, au printemps, je sens si elle a maigri ou si elle va bien. Je sens son bras contre mon flanc. Je sens son cœur battre.
J’adore Paris avec elle. Elle aime le 1er, le 9ème, Montmartre et le quartier chinois. Elle me fait ramener chez elle des aliments curieux et les ingrédients de recettes plus curieuses encore. Puis elle m’emmène chez Zara essayer des choses qu’elle ne se serait jamais vue porter et elle rit dans la cabine, toute seule, mais toute seule avec moi. Le week end, elle met son jean délavé, ses Converse et elle me balance sur son épaule : nous partons. Toujours ensemble.
Et puis elle s’est mise à remplir des cartons. Notre maison est devenue un champ de cartons. Des brutes épaisses sont venues les enlever et nous avons repris la voiture. J’ai compris sans qu’elle m’explique que nous ne reviendrions pas à Paris avant un bon moment. Je n’ai pas eu lieu de le regretter. Ici le soleil est chaud sur mon cuir noir, et, surtout, elle est heureuse. Il y a une voix très grave qui a su lui donner envie de faire confiance et de lâcher quelques certitudes. Là où ils vont, le soir, le sol est sale, la musique est trop forte et mon cuir s’en offusque, les autres sacs sont en tissu élimé, je ne passe plus partout. Nous nous sommes éloignés l’un de l’autre. Je sais qu’elle est heureuse et qu’elle ne m’oublie pas. Je n’ai pas été son Prozac, je suis son ami. Elle sait que je suis là dans l’armoire. J’attends mon heure. Entretemps, parfois, elle m’extirpe du sac de satin noir, juste pour me regarder. Je suis fou d’elle. Elle me dit qu’elle aussi.
Anne Serres – 13/03/2008
mardi 11 mars 2008
11 mars 2008 : C'est envoyé...
A'y'est, c'est fait...
Depuis la brutale Colombie où le mènent ses obligations professionnelles, mon propriétaire a répondu. Je lui ai dit. Il n'était pas très content mais il est plutôt sympa. J'ai envoyé mon recommandé ce midi. J'ai eu le notaire au téléphone cet après-midi. Tout va bien. Tout se goupille. Tout est en route. Pourquoi je sue de la fesse comme ça ?...
J'ai vu hier "Danse avec lui", Sami Frey dit quelque chose que j'ai découvert dans Ally McBeal et qui me frappe régulièrement sur le coin de la tempe. Agir parce que tout se passe maintenant, pas plus tard. Je me suis souvent entendue me dire "quand je serai mariée, quand j'aurai trente ans, quand j'aurai fait Sciences-Po..." et j'attendais d'en être là pour vivre. Aujourd'hui je ne peux que réaliser le temps perdu, la mauvaise habitude prise (qui parfois me sauve aussi la mise, poussons pas, il peut être urgent d'attendre...) et depuis hier lundi, je suis assez fière de moi, puisque je n'ai RIEN reporté. Donc quand j'entends "Ce n'est pas la destination qui compte c'est le voyage ; si vous attendez d'être arrivée pour jouir, vous ne jouirez jamais", j'ai envie de dire "Merci Sami!". Et avanti!
Depuis la brutale Colombie où le mènent ses obligations professionnelles, mon propriétaire a répondu. Je lui ai dit. Il n'était pas très content mais il est plutôt sympa. J'ai envoyé mon recommandé ce midi. J'ai eu le notaire au téléphone cet après-midi. Tout va bien. Tout se goupille. Tout est en route. Pourquoi je sue de la fesse comme ça ?...
J'ai vu hier "Danse avec lui", Sami Frey dit quelque chose que j'ai découvert dans Ally McBeal et qui me frappe régulièrement sur le coin de la tempe. Agir parce que tout se passe maintenant, pas plus tard. Je me suis souvent entendue me dire "quand je serai mariée, quand j'aurai trente ans, quand j'aurai fait Sciences-Po..." et j'attendais d'en être là pour vivre. Aujourd'hui je ne peux que réaliser le temps perdu, la mauvaise habitude prise (qui parfois me sauve aussi la mise, poussons pas, il peut être urgent d'attendre...) et depuis hier lundi, je suis assez fière de moi, puisque je n'ai RIEN reporté. Donc quand j'entends "Ce n'est pas la destination qui compte c'est le voyage ; si vous attendez d'être arrivée pour jouir, vous ne jouirez jamais", j'ai envie de dire "Merci Sami!". Et avanti!
10 mars 2008 : C'est signé...
Le compromis, oui c'est fait. Moi qui suis sans concession (ah ah ah), j'ai signé un compromis... de vente. Moi qui tiens à ma carte sans engagement pour mon téléphone portable, qui refuse l'abonnement, je me vois contrainte de courir les maisons de crédit pour demander l'aumône d'un enchainement de 20 ans à des tarifs d'usurier... En plus j'ai les paperasses en horreur, la phobie des délais à couperet et le foie qui n'est pas très droit non plus... Comme dit mon amoureux, vivement qu'on soit chez nous ! Oui, car Miss "AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH il a laissé son briquet dans ma voiture, il s'installe!!!" s'est décidée. Il donne son congé à son propriétaire aujourd'hui. Je fais de même dès que mon propriétaire est joignable...
Et en moi, toujours, l'inertie dormante me dit "Oh... Attends encore un peu...".
Non.
Et en moi, toujours, l'inertie dormante me dit "Oh... Attends encore un peu...".
Non.
Du 1er au 9 Mars 2008 : le fût entre deux caisses
Désolée, j'étais en Espagne ! Où j'ai appris à être socialiste, parce que le candidat de la droite aux élections législatives espagnoles, Rajoy, il est laid, mais laid... Et il zozotte...
Ce n'est pas une raison pour changer de camp ? Ah pardon ! Au contraire, c'est très instructif de regarder un débat politiquedans une langue qu'on comprend à (grand) peine, de se laisser happer par le langage des gestes des deux lutteurs sur le ring avec seulement une très vague idée du sujet abordé, des arguments évoqués, de la science développée, mais une pleine conscience des petites trahisons de leurs inconscients à l'oeuvre dans leurs tordages de mains, leurs regards en berne ou leurs sourires carnassiers.
Et puis regarder un débat sans comprendre un mot d'une langue imbittable en attendant le simple et net coup de poing sur la table, n'est-ce pas ce que font 75 % des électeurs français devant TF1 les soirs de match ?
Dimanche, c'était l'extase : Zapatero, le beau gauchiste aux yeux verts et aux sourcils en accents circonflexes, avait volé mon coeur, il a gagné ! Mon premier pari socialiste, il gagne ! Au menu dimanche soir : Champagne et Jàmon Patta Negra! Miam!
Ce n'est pas une raison pour changer de camp ? Ah pardon ! Au contraire, c'est très instructif de regarder un débat politiquedans une langue qu'on comprend à (grand) peine, de se laisser happer par le langage des gestes des deux lutteurs sur le ring avec seulement une très vague idée du sujet abordé, des arguments évoqués, de la science développée, mais une pleine conscience des petites trahisons de leurs inconscients à l'oeuvre dans leurs tordages de mains, leurs regards en berne ou leurs sourires carnassiers.
Et puis regarder un débat sans comprendre un mot d'une langue imbittable en attendant le simple et net coup de poing sur la table, n'est-ce pas ce que font 75 % des électeurs français devant TF1 les soirs de match ?
Dimanche, c'était l'extase : Zapatero, le beau gauchiste aux yeux verts et aux sourcils en accents circonflexes, avait volé mon coeur, il a gagné ! Mon premier pari socialiste, il gagne ! Au menu dimanche soir : Champagne et Jàmon Patta Negra! Miam!
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