Je dois me rendre à l'évidence : c'est fini. Elle ne reviendra plus. Mon soleil. Mon sourire. Mon échelle de valeurs. Sans elle, je n'ai plus d'horloge, car ma vie était rythmée par l'apparition d'un nouveau clin d'oeil. Sans elle, je n'ai plus cette minute de recul, cet instant salvateur, ce moment X où, échevelée, livide, au milieu des tempêtes, assaillie par un client ingrat au téléphone tandis que je repousse du pied le graphiste qui veut me montrer les nouvelles rubriques qu'il me faut maintenant alimenter, ce moment que vous connaissez tous, où vous croyez que vous allez craquer, envoyer tout le monde se faire voir chez les vahinés sous les couscoussiers en fleur et vous retrouver licencié pour injure, pour de bon, enfin ! Ce moment, disais-je, au bord du gouffre, où vous sentez un petit elfe qui vous tire mentalement par la manche vers un dessin de Pénélope Jolicoeur. Il va me manquer, ce moment.
Comme tout le petit monde de références estampillées "Pénélope". L'homme-sans-coeur qui dit non aux p'tits chats, l'évier surchargé de vaisselle sale qui impose le programme de la matinée, la jeune cadre sup qui se transforme en chat à force d'avaler des sushis devant son ordinateur ou le miracle que représente, pour une fille, l'achat d'un ampoule ("il faut dire que ça faisait trois mois que je faisais pipi dans le noir...").
Tous ces "c'est fou, c'est moi!", hélas, ont vécu. Pénélope a eu un succès fou et bien mérité. La semaine dernière elle prévenait qu'elle ne pourrait plus assurer l'alimentation quotidienne de son blog. Mais là c'est le blog qui sature : conçu pour recevoir 50 visites par jour, il en reçoit 50 000. Du coup, impossible d'accéder aux dernières facéties de celle qui était devenue notre copine à tous.
J'ai déjà ressenti ça. Quand Max est sorti du placard, quand il est passé à la télé, quand son blog est devenu un livre et qu'il a quitté Groupama... C'est dur de perdre un pote... Tu vas me manquer, Pénélope.
Note du 20 avril 2008 : Pénélope a réparé son blog! La revoila! Joie! Gaieté! Bonheur dans nos coeurs!... Ce qui me fait penser que je n'ai pas alimenté mon propre blog depuis plus d'une semaine! Pardon, chers lecteurs si nombreux et malheureux jour après jour! C'est pour vous faire rire d'encore meilleur coeur quand l'inspiration aura daigné revenir me souffler dans les bronches.
mardi 15 avril 2008
lundi 14 avril 2008
Lundi 14 Avril 2008 : Bonnes Affaires ?
Le chômage n'est jamais une bonne affaire. Je me souviens pourtant de cette jeune femme qui m'expliquait ainsi son schéma de vie, devant ses deux filles âgées de quatorze et seize ans à l'époque : "Quand je trouve un boulot, j'y reste le temps d'être éligible aux assurances chomages. Ensuite je me mets en arrêt maladie et j'y reste jusqu'à ce qu'on me licencie. Je profite alors de dix-huit mois d'allocations. Et je recommence."
La réforme de l'assurance chômage qui se prépare est-elle de nature à modifier le mode de vie de cette jeune femme ? La droite peut-elle réduire la gauche à un syndicat de défense de ce type de comportements ? Les arguments de la gauche doivent-ils laisser croire qu'elle l'est ?
Le projet proposé :
- la définition d'offres valables d'emploi (les critères qui fâchent : jusqu'à 30 % de salaire en moins que le précédent poste pour un travail situé à maximum une heure de transport du domicile).
- pendant les six premiers mois d'inactivité, on vous laisse tranquille, c'est vous qui cherchez.
- puis l'ANPE (avec les délais de réactivité fantastiques qu'on lui connaît, rajoutez-vous quelques mois de recherche par vous-même sans trop vous faire de bile), vous propose un, puis deux, puis trois offres valables (vous avez défini votre profil, vos compétences, vos aspirations; il reste le salaire inférieur de 30 % max à celui de votre précédent emploi pour un job à une heure de trajet de chez vous qui vous pend au nez... notez que, si vous n'avez pas trouvé en six mois et que l'ANPE fait mieux que vous, il faut se poser des questions...).
J'ai été au chomage plusieurs fois, jamais plus de trois mois et j'avoue que ça ne me paraît pas choquant comme dispositif. Je crains d'avoir remis la barre à droite. Peut-être pas par adhésion mais par réaction. Réaction à la traduction du dispositif ci-dessus évoqué par un de mes collaborateurs, ségolèniste patenté :
"La réforme du chômage de Sarko c'est qu'on te propose trois boulots même à une heure de chez toi, même au SMIC -30 %, même sans rien à voir avec tes compétences, tu dois en accepter un sinon t'as plus droit au chômage."
Ouïe, ouïe, ouïe...
Pour revenir à mon aventurière du premier paragraphe, je crains qu'aucune loi ne lui fasse changer sa façon de voir la vie et ses sources de revenus. Ce n'est pas le rôle du législateur. Le rôle du législateur c'est de protéger la collectivité contre ce genre d'abus. C'est de faire en sorte que les 25 % de mon salaire qui partent alimenter les différentes assurances sociales ne soient pas pompés par les dévieurs permanents du système au point que les transitoires dans mon genre, qui ont recours aux assurances chômages deux mois tous les trois ans, ne soient pas moins bien soutenus au moment de remettre le pied à l'étrier.
Mais attention, le rôle du législateur n'est pas non plus de pousser les salariés sur la voie de la régression. Lui d'ordinaire si favorable à ce statut qu'on peut fliquer fiscalement (tellement mieux que les indépendants), il pose une limite dans la réduction de salaire qui me fait froid dans le dos à moi aussi. Comment être motivé avec 30 % de salaire en moins ? Surtout pour un salaire déjà moyen, voire bas. Comment réduire davantage l'intérêt pour le travail ? Comment présenter des salariés moins motivés aux chefs d'entreprise ? Comment croire encore en l'ascension sociale ?
Et puisqu'on en est là, digressons sur l'ascension sociale : comment se pardonner de n'avoir pas fait médecine, comme Papa ? La vraie question devient alors "c'est quoi réussir sa vie ?". L'argent ? La célébrité ? La considération sociale ? L'amour ? Comme me l'a répété un ami ce matin : "L'amour, bien sûr. Mais sous les ponts, l'hiver, ça le fait moins quand même."
La réforme de l'assurance chômage qui se prépare est-elle de nature à modifier le mode de vie de cette jeune femme ? La droite peut-elle réduire la gauche à un syndicat de défense de ce type de comportements ? Les arguments de la gauche doivent-ils laisser croire qu'elle l'est ?
Le projet proposé :
- la définition d'offres valables d'emploi (les critères qui fâchent : jusqu'à 30 % de salaire en moins que le précédent poste pour un travail situé à maximum une heure de transport du domicile).
- pendant les six premiers mois d'inactivité, on vous laisse tranquille, c'est vous qui cherchez.
- puis l'ANPE (avec les délais de réactivité fantastiques qu'on lui connaît, rajoutez-vous quelques mois de recherche par vous-même sans trop vous faire de bile), vous propose un, puis deux, puis trois offres valables (vous avez défini votre profil, vos compétences, vos aspirations; il reste le salaire inférieur de 30 % max à celui de votre précédent emploi pour un job à une heure de trajet de chez vous qui vous pend au nez... notez que, si vous n'avez pas trouvé en six mois et que l'ANPE fait mieux que vous, il faut se poser des questions...).
J'ai été au chomage plusieurs fois, jamais plus de trois mois et j'avoue que ça ne me paraît pas choquant comme dispositif. Je crains d'avoir remis la barre à droite. Peut-être pas par adhésion mais par réaction. Réaction à la traduction du dispositif ci-dessus évoqué par un de mes collaborateurs, ségolèniste patenté :
"La réforme du chômage de Sarko c'est qu'on te propose trois boulots même à une heure de chez toi, même au SMIC -30 %, même sans rien à voir avec tes compétences, tu dois en accepter un sinon t'as plus droit au chômage."
Ouïe, ouïe, ouïe...
Pour revenir à mon aventurière du premier paragraphe, je crains qu'aucune loi ne lui fasse changer sa façon de voir la vie et ses sources de revenus. Ce n'est pas le rôle du législateur. Le rôle du législateur c'est de protéger la collectivité contre ce genre d'abus. C'est de faire en sorte que les 25 % de mon salaire qui partent alimenter les différentes assurances sociales ne soient pas pompés par les dévieurs permanents du système au point que les transitoires dans mon genre, qui ont recours aux assurances chômages deux mois tous les trois ans, ne soient pas moins bien soutenus au moment de remettre le pied à l'étrier.
Mais attention, le rôle du législateur n'est pas non plus de pousser les salariés sur la voie de la régression. Lui d'ordinaire si favorable à ce statut qu'on peut fliquer fiscalement (tellement mieux que les indépendants), il pose une limite dans la réduction de salaire qui me fait froid dans le dos à moi aussi. Comment être motivé avec 30 % de salaire en moins ? Surtout pour un salaire déjà moyen, voire bas. Comment réduire davantage l'intérêt pour le travail ? Comment présenter des salariés moins motivés aux chefs d'entreprise ? Comment croire encore en l'ascension sociale ?
Et puisqu'on en est là, digressons sur l'ascension sociale : comment se pardonner de n'avoir pas fait médecine, comme Papa ? La vraie question devient alors "c'est quoi réussir sa vie ?". L'argent ? La célébrité ? La considération sociale ? L'amour ? Comme me l'a répété un ami ce matin : "L'amour, bien sûr. Mais sous les ponts, l'hiver, ça le fait moins quand même."
lundi 7 avril 2008
Lundi 7 avril 2008 : Pas la moindre...
"On peut parfaitement vivre sans la moindre espèce de culture" disait mon cher et tendre amour, Pierre D. Il faut être vachement cultivé pour affirmer un truc pareil. Car, vous avez remarqué, moins on en a, plus on l'étale... C'est donc qu'il doit être très difficile, en réalité, de vivre sans la moindre espèce de culture. Que dis-je, de survivre, et avec quelle agressivité...
Les gens sans culture, il s'en croise des fourgons entiers. A ne pas confondre avec ces gens qui se disent sans culture mais qui savent encore les animaux malades de la peste et qui vous confient soudain leur passion pour les portraits de Fabre ou les bronzes de Pompon... en pleins résultats de la Nouvelle Star Académy!! On peut toujours espérer la surprise en matière de culture.
Sauf chez les petits coqs. Mais, si, les petits coqs. Les merdeux, les petits cons, les crétins qui se croient beaux. Les connards qui ont décidé qu'ils allaient vous apprendre la vie. Parfois ce sont des connasses. Mais dans mon milieu professionel essentiellement masculin et viscéralement machiste, ce sont majoritairement des connards. Vous n'aviez pas encore remarqué que j'adore les adverbes ? Bien, ça, c'est fait.
On reconnaît le médiocre à sa véhémence à vous montrer qu'il a raison à n'importe quel prix. J'appelle "médiocres" les gens sans culture parce que sans curiosité. Je ne suis pas un puits de science et, au beau milieu de mon intense amour de moi-même, je trouve encore la force de n'avoir pas la prétention de l'être. Remarquable, non ? Car nous autres, gens de culture, avons en commun cette humilité face à ce qu'on ne sait pas et la curiosité d'en apprendre plus. Les petits coqs présentent la démoniaque particularité d'être démunis de ces deux qualités. Et l'assommant besoin d'en mettre plein la vue, en particulier lorsqu'il s'agit de ne pas reconnaître qu'ils ne savent pas. Ils sont chinois dans leur rage de ne pas perdre la face. Et carrément huns dans leur volonté de vous écrabouiller de leur peu de science. Mais n'est pas Attila qui veut.
Mon apprenti Attila du jour s'appelle Cyprien. Un prénom dont la douceur ment. J'ai tout de suite flairé chez lui le coquelet de batterie. Il est chez nous pour participer au développement d'un de nos supports. Il doit relire notre lettre électronique et notamment mon edito. Je n'aime pas qu'on relise mon edito. Je suis humble et curieuse, certes, mais je suis aussi SUSCEPTIBLE.
Je veux savoir si je me suis trompée sur Cyprien. Je lui tends un piège infâme. Je signale dans mon édito qu'un "débat sourd sur la légalité de l'information sur la dive bouteille". Depuis la loi Evin il est en effet de plus en plus difficile de parler pinard jusque sur le net. En employant la troisième personne du singulier du très inusité verbe "sourdre", j'ai tendu un vilain piège à Cyprien car je me doute qu'il tiquera sur ce mot qu'il ne connaît pas et qu'il déduira de son ignorance qu'elle ne peut venir que d'une erreur de ma part. Et qu'il ne vérifiera même pas. Et ça marche. Trois clics plus loin, la réponse de Cyprien me parvient. Il note trois corrections à effectuer dans les plus brefs délais. TROIS? Oui, car en ouverture de mon edito, j'ai laissé passer "les occasions de d'ouvrir"... Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon... Il fallait que le reste de l'edito soit irréprochable pour pouvoir faire une réponse méprisante... Nous voila en match nul!! Mais non... il dit "trois" corrections... La deuxième concerne "sourdre", ça ne loupe pas. Il ne sait pas ce que c'est, c'est donc incorrect. Mais là où il dépasse mes espoirs, c'est pour la "dive bouteille" qu'il range également parmi les erreurs. Je lui soigne donc la réponse qui suit.
Bonjour Cyprien et un grand merci de votre attention pour l’édito de [la lettre]. J’ai bien corrigé la faute de frappe « de d’ouvrir » et vous remercie beaucoup de nous l’avoir signalée. En revanche « sourd » est bien la troisième personne du verbe « sourdre » au présent de l’indicatif. Quant à « la dive bouteille », cette expression vient d’un traité de Rabelais du même nom. Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous remercie encore de votre vigilance.Cordialement,
Classieux tout de même ? Bon alors leçon numéro 2, puisqu'on sait que le petit con est, par essence, dépourvu d'humilité et ne craindra pas de braver le ridicule pour avoir l'air de ne pas perdre la face, pourquoi continuer à espérer qu'il admettra avoir eu tort ? Cyprien m'en fournit une illustration d'une perfection irréelle.
Bonjour,
Pas de pb pour les fautes de frappe, et pour le même prix je vous en signale même qui n’en sont pas !! Donc profitez-en !
J’ai appris un nouveau terme aujourd’hui : sourdre = jaillir d’après mon dico en ligne. Et pour la dive bouteille je me doutais qu’il y a avait quelque chose ayant déjà entendu l’expression quelque part… J’ai lu le court passage dans le cinquième livre !
Mes excuses pour ces mauvaises compréhensions, je pense ne pas être le seul, ou alors c’est mon manque d’expérience de vos éditos !
J'ai félicité Cyprien de prendre ainsi sa culture en main (faut pas pousser) mais n'ai pas davantage relevé. Une réponse sans rien à voir et blessante pour le plaisir devrait me parvenir sous sept minutes trente. Il faudra alors trouver la force de ne pas répondre. De ne pas se laisser gagner par le petit-coquisme primaire et viscéral. Par manque de testostérone en vadrouille. Fort heureusement, j'ai sur Cyprien un avantage considérable en la matière : quand un connard veut me faire jouer au plus con, je me régale de le laisser gagner.
Les gens sans culture, il s'en croise des fourgons entiers. A ne pas confondre avec ces gens qui se disent sans culture mais qui savent encore les animaux malades de la peste et qui vous confient soudain leur passion pour les portraits de Fabre ou les bronzes de Pompon... en pleins résultats de la Nouvelle Star Académy!! On peut toujours espérer la surprise en matière de culture.
Sauf chez les petits coqs. Mais, si, les petits coqs. Les merdeux, les petits cons, les crétins qui se croient beaux. Les connards qui ont décidé qu'ils allaient vous apprendre la vie. Parfois ce sont des connasses. Mais dans mon milieu professionel essentiellement masculin et viscéralement machiste, ce sont majoritairement des connards. Vous n'aviez pas encore remarqué que j'adore les adverbes ? Bien, ça, c'est fait.
On reconnaît le médiocre à sa véhémence à vous montrer qu'il a raison à n'importe quel prix. J'appelle "médiocres" les gens sans culture parce que sans curiosité. Je ne suis pas un puits de science et, au beau milieu de mon intense amour de moi-même, je trouve encore la force de n'avoir pas la prétention de l'être. Remarquable, non ? Car nous autres, gens de culture, avons en commun cette humilité face à ce qu'on ne sait pas et la curiosité d'en apprendre plus. Les petits coqs présentent la démoniaque particularité d'être démunis de ces deux qualités. Et l'assommant besoin d'en mettre plein la vue, en particulier lorsqu'il s'agit de ne pas reconnaître qu'ils ne savent pas. Ils sont chinois dans leur rage de ne pas perdre la face. Et carrément huns dans leur volonté de vous écrabouiller de leur peu de science. Mais n'est pas Attila qui veut.
Mon apprenti Attila du jour s'appelle Cyprien. Un prénom dont la douceur ment. J'ai tout de suite flairé chez lui le coquelet de batterie. Il est chez nous pour participer au développement d'un de nos supports. Il doit relire notre lettre électronique et notamment mon edito. Je n'aime pas qu'on relise mon edito. Je suis humble et curieuse, certes, mais je suis aussi SUSCEPTIBLE.
Je veux savoir si je me suis trompée sur Cyprien. Je lui tends un piège infâme. Je signale dans mon édito qu'un "débat sourd sur la légalité de l'information sur la dive bouteille". Depuis la loi Evin il est en effet de plus en plus difficile de parler pinard jusque sur le net. En employant la troisième personne du singulier du très inusité verbe "sourdre", j'ai tendu un vilain piège à Cyprien car je me doute qu'il tiquera sur ce mot qu'il ne connaît pas et qu'il déduira de son ignorance qu'elle ne peut venir que d'une erreur de ma part. Et qu'il ne vérifiera même pas. Et ça marche. Trois clics plus loin, la réponse de Cyprien me parvient. Il note trois corrections à effectuer dans les plus brefs délais. TROIS? Oui, car en ouverture de mon edito, j'ai laissé passer "les occasions de d'ouvrir"... Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon... Il fallait que le reste de l'edito soit irréprochable pour pouvoir faire une réponse méprisante... Nous voila en match nul!! Mais non... il dit "trois" corrections... La deuxième concerne "sourdre", ça ne loupe pas. Il ne sait pas ce que c'est, c'est donc incorrect. Mais là où il dépasse mes espoirs, c'est pour la "dive bouteille" qu'il range également parmi les erreurs. Je lui soigne donc la réponse qui suit.
Bonjour Cyprien et un grand merci de votre attention pour l’édito de [la lettre]. J’ai bien corrigé la faute de frappe « de d’ouvrir » et vous remercie beaucoup de nous l’avoir signalée. En revanche « sourd » est bien la troisième personne du verbe « sourdre » au présent de l’indicatif. Quant à « la dive bouteille », cette expression vient d’un traité de Rabelais du même nom. Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous remercie encore de votre vigilance.Cordialement,
Classieux tout de même ? Bon alors leçon numéro 2, puisqu'on sait que le petit con est, par essence, dépourvu d'humilité et ne craindra pas de braver le ridicule pour avoir l'air de ne pas perdre la face, pourquoi continuer à espérer qu'il admettra avoir eu tort ? Cyprien m'en fournit une illustration d'une perfection irréelle.
Bonjour,
Pas de pb pour les fautes de frappe, et pour le même prix je vous en signale même qui n’en sont pas !! Donc profitez-en !
J’ai appris un nouveau terme aujourd’hui : sourdre = jaillir d’après mon dico en ligne. Et pour la dive bouteille je me doutais qu’il y a avait quelque chose ayant déjà entendu l’expression quelque part… J’ai lu le court passage dans le cinquième livre !
Mes excuses pour ces mauvaises compréhensions, je pense ne pas être le seul, ou alors c’est mon manque d’expérience de vos éditos !
J'ai félicité Cyprien de prendre ainsi sa culture en main (faut pas pousser) mais n'ai pas davantage relevé. Une réponse sans rien à voir et blessante pour le plaisir devrait me parvenir sous sept minutes trente. Il faudra alors trouver la force de ne pas répondre. De ne pas se laisser gagner par le petit-coquisme primaire et viscéral. Par manque de testostérone en vadrouille. Fort heureusement, j'ai sur Cyprien un avantage considérable en la matière : quand un connard veut me faire jouer au plus con, je me régale de le laisser gagner.
Lundi 7 avril 2008 (matin) : Avis de tempête
Sur les bords de la Méditerranée, le mois d'avril commence sous le soleil. Un peu de vent, donc il fait frais, mais c'est grand beau temps, je suis en t-shirt sous ma jolie veste. A Paris, il neige. Une amie m'appelle pour me raconter son week end. Chaud-bouillant, n'en déplaise au climat. Cette amie est seule depuis un petit moment. Ce week end fut un feu d'artifice...
Ca m'a ramenée quelques mois et années en arrière et à la vieille querelle des princes et des voyous. Des Charlotte et des Samantha, pour les fans de Sex&theCity. Je me suis trouvée à nouveau confrontée à la question de savoir s'il faut renoncer à la flamme des premiers instants dès qu'on est heureux trop longtemps... Mes copains Monica et Chandler concluent qu'il le faut mais que c'est bien agréable. Comment garder intacte la magie ? Comment la rendre encore plus belle quand elle se fane ?
Nombre de couples autour de moi vivent leur amour à distance, ce qui semble en préserver la fraîcheur. Cependant, pour l'avoir vécu, je me félicite aujourd'hui, et tous les jours, de ne pas être à 500 kilomètres de l'homme que j'aime. Et bien sûr j'ai peur quand nous passons deux jours entiers ensemble et que nous finissons par n'avoir plus grand chose à nous dire, par nous répéter... Je crains que nous ne communiquions pas assez. Qu'il s'ennuie.
Cette femme que je suis près de lui n'a rien à voir avec la Samantha que j'ai été. Rien à voir avec cette amazone qui a fait dire à mon amie " Ce week end, j'étais toi! La guerrière, c'était moi!".
Une Amazone méprise profondément les hommes, les femmes et le sexe. Un regard de braise et de la glace dans le sang, ce chaud-froid extrême est apparemment irrésistible. Réellement dure, elle soumet, domine, écrase, physiquement et verbalement. Elle n'a besoin de personne, personne ne trouve grâce à ses yeux. Elle est là pour le challenge. C'est une personnalité profondément insensible, qui ne croit pas aux sentiments et qui a décidé d'en rire. Férocement. L'histoire sera toujours drôle à raconter à ses amis. Et personne n'en mourra. Dit-elle.
Parce que, bien évidemment, les insensibles s'éprennent d'elle. Ils croient avoir trouvé celle qui permettra à leur sensibilité de s'exprimer,puisqu'ils n'ont rien à lui prouver en matière de cruauté. C'est là qu'elle les attend et ils n'ont aucune chance contre elle. Même pas tout contre. Surtout pas. Elle ne supporte pas les mains tendres et les lèvres douces. Elle étreint pour mordre. Ils finissent par s'en rendre compte, certains en profitent pour y voir plus clair sur eux-mêmes. Mais l'homme qui ne sait pas vous retenir ne sait pas davantage vous dire merci. C'est un jeu perdant-perdant, perdu d'avance, perdu pour tous.
Je souhaite à mon amie de s'éclater un max et en toute sécurité, puis de redevenir ce qu'elle était et ce que j'ai fini par admettre que je suis moi aussi : une gourde (c'est l'amazone qui parle). Une de ces femmes qui croient qu'il est possible d'aimer l'homme qu'elles aiment toute leur vie. Et qui feront tout pour ne jamais se laisser s'ennuyer près de lui. Parce que c'est l'ennui, l'appel de l'Amazone.
Ca m'a ramenée quelques mois et années en arrière et à la vieille querelle des princes et des voyous. Des Charlotte et des Samantha, pour les fans de Sex&theCity. Je me suis trouvée à nouveau confrontée à la question de savoir s'il faut renoncer à la flamme des premiers instants dès qu'on est heureux trop longtemps... Mes copains Monica et Chandler concluent qu'il le faut mais que c'est bien agréable. Comment garder intacte la magie ? Comment la rendre encore plus belle quand elle se fane ?
Nombre de couples autour de moi vivent leur amour à distance, ce qui semble en préserver la fraîcheur. Cependant, pour l'avoir vécu, je me félicite aujourd'hui, et tous les jours, de ne pas être à 500 kilomètres de l'homme que j'aime. Et bien sûr j'ai peur quand nous passons deux jours entiers ensemble et que nous finissons par n'avoir plus grand chose à nous dire, par nous répéter... Je crains que nous ne communiquions pas assez. Qu'il s'ennuie.
Cette femme que je suis près de lui n'a rien à voir avec la Samantha que j'ai été. Rien à voir avec cette amazone qui a fait dire à mon amie " Ce week end, j'étais toi! La guerrière, c'était moi!".
Une Amazone méprise profondément les hommes, les femmes et le sexe. Un regard de braise et de la glace dans le sang, ce chaud-froid extrême est apparemment irrésistible. Réellement dure, elle soumet, domine, écrase, physiquement et verbalement. Elle n'a besoin de personne, personne ne trouve grâce à ses yeux. Elle est là pour le challenge. C'est une personnalité profondément insensible, qui ne croit pas aux sentiments et qui a décidé d'en rire. Férocement. L'histoire sera toujours drôle à raconter à ses amis. Et personne n'en mourra. Dit-elle.
Parce que, bien évidemment, les insensibles s'éprennent d'elle. Ils croient avoir trouvé celle qui permettra à leur sensibilité de s'exprimer,puisqu'ils n'ont rien à lui prouver en matière de cruauté. C'est là qu'elle les attend et ils n'ont aucune chance contre elle. Même pas tout contre. Surtout pas. Elle ne supporte pas les mains tendres et les lèvres douces. Elle étreint pour mordre. Ils finissent par s'en rendre compte, certains en profitent pour y voir plus clair sur eux-mêmes. Mais l'homme qui ne sait pas vous retenir ne sait pas davantage vous dire merci. C'est un jeu perdant-perdant, perdu d'avance, perdu pour tous.
Je souhaite à mon amie de s'éclater un max et en toute sécurité, puis de redevenir ce qu'elle était et ce que j'ai fini par admettre que je suis moi aussi : une gourde (c'est l'amazone qui parle). Une de ces femmes qui croient qu'il est possible d'aimer l'homme qu'elles aiment toute leur vie. Et qui feront tout pour ne jamais se laisser s'ennuyer près de lui. Parce que c'est l'ennui, l'appel de l'Amazone.
mercredi 2 avril 2008
Mardi 1er Avril 2008 : Moisson de poissons
Avez-vous survécu au 1er Avril ? Moi, oui, même si je dois avouer ma profonde déception. Pas de poissons dans le dos, pas de seau d'eau sur la porte, pas de sel dans mon thé... Pfffffffff... Tout fout le camp. Ma banquière furieuse que je parte ailleurs m'a bien arrosée de propos fielleux, histoire de m'ôter tout scrupule, mais voilà tout ce que j'ai récolté.
Jusqu'à ce que je rende visite à ma boîte mail à la pause-déjeuner. Une hilarante hilettre m'attendait, celle de L'internaute qui s'est vraiment mis en quatre, je dis "bravo le gars Linternaute!". Des titres comme Tirez parti de tous vos défauts : la mode est au naturel, montrer vos cernes et vos boutons..., ou "Nouvio : Cht'Internaute en Ch'timi L'Inchtiernaute a chingé pu ed' 892 miyons ed' pach' et d'artik en Ch'timi, tout cha pour vot' pu grin bonheur"... Rien de tout ça ne m'avait alertée. Mais je suis tombée en arrêt devant un article consacré à l'engagement de Sébastien Chabal, parrain de la Journée du Poil le 6 Août prochain...
J'ai cliqué, l'oeil plein d'espoir et le doigt tremblant de désir sur ma souris. Qu'on me comprenne : pour sa rutilante chevelure et ses puissantes épaules, mon amoureux a été surnommé "Chabal" pendant toute la coupe du monde de rugby, qui coïncidait avec notre rencontre. Certes, l'usage de ce surnom a été limité à mon oncle et aux ouaich-ouaich ("racaille" en montpelliérain) des alentours de la gare (quartier qui, comme chacun sait, craint dans toutes les villes du monde). Mais n'empêche. Quand je vois Chabal, je me sens tendre.
Au demeurant, je trouvais l'idée excellente. L'anti-poilisme primaire et viscéral qui sévit dans nos contrées m'irrite autant que la vue de mes jambes mal épilées. On ne peut pas tout sacrifier pour ses idées alors je le crie haut et fort, j'aime le poil autant que j'aime être lisse. Et puis zut si c'est pas cohérent, je suis une fille, je ne suis pas cohérente. J'ai cliqué, donc. Un gros poisson hilare est apparu sur l'écran. Tout était faux. Je suis vite partie aux toilettes rebarbouiller de fond de teint mes cernes et mes boutons...
Le meilleur poisson a été pêché dans nos filets quelques heures plus tard, quand mon boss m'a transféré un message envoyé par une source apparemment fiable 364 jours par an (365 les années bisextiles). Je vous le livre en entier :
La zone d'appellation d'origine contrôlée (AOC) du champagne va être étendue à 38 communes supplémentaires*. En liaison et en complément avec la révision, le Civc (Comité interprofessionnel des vins de champagne) étudie les moyens de mettre un terme au conflit qui l'oppose à quelques viticulteurs du canton de Vaud, en Suisse, où se trouve une commune appelée "Champagne". La Cour de Justice Européenne leur a interdit d'utiliser cette référence.
Le CIVC doit, aujourd'hui mardi, examiner, avant transmission à l'Inao, un projet d'accord pour prendre en compte dans l'aire d'appellation Champagne, sept parcelles d'une superficie totale de 4,79 hectares de vigne situées sur la commune de Champagne (canton de Vaud)."
Mon bien-aimé patron trouvait l'idée délicieuse. Je crois l'avoir férocement déçu en suggérant quatre possibilité d'interprétation, à savoir qu'il s'agissait, au choix :
Jusqu'à ce que je rende visite à ma boîte mail à la pause-déjeuner. Une hilarante hilettre m'attendait, celle de L'internaute qui s'est vraiment mis en quatre, je dis "bravo le gars Linternaute!". Des titres comme Tirez parti de tous vos défauts : la mode est au naturel, montrer vos cernes et vos boutons..., ou "Nouvio : Cht'Internaute en Ch'timi L'Inchtiernaute a chingé pu ed' 892 miyons ed' pach' et d'artik en Ch'timi, tout cha pour vot' pu grin bonheur"... Rien de tout ça ne m'avait alertée. Mais je suis tombée en arrêt devant un article consacré à l'engagement de Sébastien Chabal, parrain de la Journée du Poil le 6 Août prochain...
J'ai cliqué, l'oeil plein d'espoir et le doigt tremblant de désir sur ma souris. Qu'on me comprenne : pour sa rutilante chevelure et ses puissantes épaules, mon amoureux a été surnommé "Chabal" pendant toute la coupe du monde de rugby, qui coïncidait avec notre rencontre. Certes, l'usage de ce surnom a été limité à mon oncle et aux ouaich-ouaich ("racaille" en montpelliérain) des alentours de la gare (quartier qui, comme chacun sait, craint dans toutes les villes du monde). Mais n'empêche. Quand je vois Chabal, je me sens tendre.
Au demeurant, je trouvais l'idée excellente. L'anti-poilisme primaire et viscéral qui sévit dans nos contrées m'irrite autant que la vue de mes jambes mal épilées. On ne peut pas tout sacrifier pour ses idées alors je le crie haut et fort, j'aime le poil autant que j'aime être lisse. Et puis zut si c'est pas cohérent, je suis une fille, je ne suis pas cohérente. J'ai cliqué, donc. Un gros poisson hilare est apparu sur l'écran. Tout était faux. Je suis vite partie aux toilettes rebarbouiller de fond de teint mes cernes et mes boutons...
Le meilleur poisson a été pêché dans nos filets quelques heures plus tard, quand mon boss m'a transféré un message envoyé par une source apparemment fiable 364 jours par an (365 les années bisextiles). Je vous le livre en entier :
La zone d'appellation d'origine contrôlée (AOC) du champagne va être étendue à 38 communes supplémentaires*. En liaison et en complément avec la révision, le Civc (Comité interprofessionnel des vins de champagne) étudie les moyens de mettre un terme au conflit qui l'oppose à quelques viticulteurs du canton de Vaud, en Suisse, où se trouve une commune appelée "Champagne". La Cour de Justice Européenne leur a interdit d'utiliser cette référence.
Le CIVC doit, aujourd'hui mardi, examiner, avant transmission à l'Inao, un projet d'accord pour prendre en compte dans l'aire d'appellation Champagne, sept parcelles d'une superficie totale de 4,79 hectares de vigne situées sur la commune de Champagne (canton de Vaud)."
Mon bien-aimé patron trouvait l'idée délicieuse. Je crois l'avoir férocement déçu en suggérant quatre possibilité d'interprétation, à savoir qu'il s'agissait, au choix :
- d'une truite d'avril
- d'un saumon d'avril
- d'un silure d'avril
- d'une bonite d'avril
Il a opté pour la truite, poisson qui fréquente les cours d'eau suisse...
* Ca, pour le coup, c'est bien vrai. Pour les gars du coin, l'extension de l'appellation "Champagne" signifie que des centaines d'hectares de terre, aujourd'hui terre à blé (vendue à peine plus de 2000 euros l'hectare) vont pouvoir être vendues au prix de la vigne à champagne, qui coûte 1 million d'euros l'hectare. Pour les heureux propriétaires de ces parcelles, leur valeur va être multipliée par environ 500... Belle plus value, s'pas? Y'a pas à dire, l'immobilier...
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