Je vous ai déjà dit ma méfiance hérissée pour les déclarations définitives ? "Je ne mens jamais" pour les menteurs impénitents, "je suis toujours à l'heure" (d'habitude), "ça ne vient pas de toi"...
J'en suis à mon troisième "Ne le prends pas mal/comme une critique" depuis ce matin, assorti d'une paire de "non pas que je doute de... mais je ne suis pas sûr que...". Rhâââââââââ, toutes ces valdas qu'on ne crache pas !! Ou plutôt si, qu'on vous crache à la tronche en affirmant qu'on ne crache pas.
Je ne sais pas ce qu'il y a de pire : ces insupportables figures de style qui servent à dire les choses tout en imposant à l'autre sa réaction (et en le dépossédant d'une colère légitime), ou le souvenir de cette soirée POURRIE entre quelques amis qui ont soudain décidé de se dire en face exactement ce qu'ils se reprochaient les uns aux autres. Ils sont tous repartis fâchés... Alors est-ce que je devrais me méfier de ce que je souhaite ?
mardi 24 août 2010
jeudi 10 juin 2010
mardi 13 avril 2010
Standardiste pas du tout standard
Vous savez ce que ça donne une ligne commune à toute une boîte ? Ca donne que dès que l'accueil est en ligne, ça sonne chez tout le monde. Vous avez alors, sur douze salariés sérieux, deux jeunes filles de bonne famille qui répondent. Pire, si elles ne sont pas assez vives, des voix s'élèvent : "Quelqu'un répond au téléphone, oui !?" En général, c'est le boss... Et quand ni l'accueil, ni la première jeune fille de bonne famille ne sont dans les locaux, qui se tape le standard ? Ben oui, la deuxième, une femme parfaite dont vous avez pu entendre parler. Et là c'est festival.
-Les appels des dépressifs : notre entreprise fait dans le recrutement et la formation. Quand une voix tremblante vous adresse un "allo" d'outre-tombe en ouverture des négociations, vous savez que vous avez intérêt à ne pas demander à la personne si tout va bien... Ca dure des heures, vous ne l'aiderez pas : le plus souvent le candidat en question est là pour se déverser sur n'importe qui, et vous êtes seulement au mauvais endroit au mauvais moment. Ses "vous comprenez" sont des figures de style. Une vraie connasse saura quoi répondre (mais si souvenez-vous ou cliquez ici). Mais une femme parfaite acquiesce et perd son temps.
- Les attachées de presse et les chargées de communication agressives : elles étaient au standard pendant leur stage, elles y ont subi l'arrogance de leurs aînées et en ont déduit que ça faisait partie de la description de poste. Je me délecte de ces nouilles car en général c'est moi qu'elles cherchent. Après un premier contact très sec, sans bonjour ni merci, elles demandent la rédaction. Je leur réponds que c'est la rédactrice en chef à l'appareil. Je profite du silence ahuri qui suit pour leur signaler que notre entreprise pratique la ligne unique pour optimiser les synergies entre ses services. Car je parle le communiconnard dans le texte. Si elles ont été particulièrement désagréables, je leur demande si ça leur pose un problème. Puis j'enchaîne, sans pitié : "Puis-je vous demander l'objet de votre appel, mademoiselle ?". Inutile de vous dire qu'elles ont intérêt à avoir un putain de bon sujet si elles ne veulent pas aller se faire voir direct par la pub.
- Les opportunistes qui tentent : ils demandent le patron. Avec ou sans bonjour, mais sans jamais se présenter. J'ai alors quelques formules qui fleurent bon le verbe d'antan "Mais bien sûr, qui dois-je annoncer ?". Un prénom, un nom. Avec le temps, j'ai appris a déceler les noms qu'il faut reconnaître. S'ils n'en sont pas, je poursuis : "Et puis-je vous demander l'objet de votre appel ?". En général, c'est moi que ça concerne : les gens appellent le boss pour que notre site publie un article sur eux. Et là, je reprends le bébé. Quelques fois j'ai bien droit à un "Vous êtes son assistante ? ". La question remue chez moi des souvenirs professionnels fangeux qu'il vaudrait mieux laisser dormir. Je fais au mieux pour le faire comprendre et en général le message passe, croyez-moi.
- Le tout ou rien. La difficulté en ce moment c'est que la jeune femme qui s'occupe chez nous (entre autres) de l'accueil traverse des soucis personnels. Quelqu'un la fait pleurer, il ne se présente jamais quand il appelle, il demande seulement si elle est là. Nous aimons tous beaucoup cette jeune femme et quand elle pleure ce sont tous nos coeurs qui saignent. Aussi ne portons-nous pas cet interlocuteur dans ces mêmes coeurs et lui réservons-nous un accueil téléphonique des plus réservés. Il a hélas cette façon de ne pas se présenter en commun avec notre directeur général... Qui s'est donc fait envoyer sur les roses comme un malpropre pas plus tard que ce matin par votre humble servante. Oups !
-Les appels des dépressifs : notre entreprise fait dans le recrutement et la formation. Quand une voix tremblante vous adresse un "allo" d'outre-tombe en ouverture des négociations, vous savez que vous avez intérêt à ne pas demander à la personne si tout va bien... Ca dure des heures, vous ne l'aiderez pas : le plus souvent le candidat en question est là pour se déverser sur n'importe qui, et vous êtes seulement au mauvais endroit au mauvais moment. Ses "vous comprenez" sont des figures de style. Une vraie connasse saura quoi répondre (mais si souvenez-vous ou cliquez ici). Mais une femme parfaite acquiesce et perd son temps.
- Les attachées de presse et les chargées de communication agressives : elles étaient au standard pendant leur stage, elles y ont subi l'arrogance de leurs aînées et en ont déduit que ça faisait partie de la description de poste. Je me délecte de ces nouilles car en général c'est moi qu'elles cherchent. Après un premier contact très sec, sans bonjour ni merci, elles demandent la rédaction. Je leur réponds que c'est la rédactrice en chef à l'appareil. Je profite du silence ahuri qui suit pour leur signaler que notre entreprise pratique la ligne unique pour optimiser les synergies entre ses services. Car je parle le communiconnard dans le texte. Si elles ont été particulièrement désagréables, je leur demande si ça leur pose un problème. Puis j'enchaîne, sans pitié : "Puis-je vous demander l'objet de votre appel, mademoiselle ?". Inutile de vous dire qu'elles ont intérêt à avoir un putain de bon sujet si elles ne veulent pas aller se faire voir direct par la pub.
- Les opportunistes qui tentent : ils demandent le patron. Avec ou sans bonjour, mais sans jamais se présenter. J'ai alors quelques formules qui fleurent bon le verbe d'antan "Mais bien sûr, qui dois-je annoncer ?". Un prénom, un nom. Avec le temps, j'ai appris a déceler les noms qu'il faut reconnaître. S'ils n'en sont pas, je poursuis : "Et puis-je vous demander l'objet de votre appel ?". En général, c'est moi que ça concerne : les gens appellent le boss pour que notre site publie un article sur eux. Et là, je reprends le bébé. Quelques fois j'ai bien droit à un "Vous êtes son assistante ? ". La question remue chez moi des souvenirs professionnels fangeux qu'il vaudrait mieux laisser dormir. Je fais au mieux pour le faire comprendre et en général le message passe, croyez-moi.
- Le tout ou rien. La difficulté en ce moment c'est que la jeune femme qui s'occupe chez nous (entre autres) de l'accueil traverse des soucis personnels. Quelqu'un la fait pleurer, il ne se présente jamais quand il appelle, il demande seulement si elle est là. Nous aimons tous beaucoup cette jeune femme et quand elle pleure ce sont tous nos coeurs qui saignent. Aussi ne portons-nous pas cet interlocuteur dans ces mêmes coeurs et lui réservons-nous un accueil téléphonique des plus réservés. Il a hélas cette façon de ne pas se présenter en commun avec notre directeur général... Qui s'est donc fait envoyer sur les roses comme un malpropre pas plus tard que ce matin par votre humble servante. Oups !
mardi 9 mars 2010
"Ce n'est pas mon métier"
Le prochain qui me la chante, celle-là, je l'empale au sommet d'une colline. Sur l'air de "tu fais une erreur stratégique", on vous confirme qu'on n'utilisera pas les nouveaux outils que vous proposez, qu'on ne déviera pas de son planning pour faire d'une pierre deux coups avec vous, qu'on ne fera pas un copier-coller que c'est vous qui rédigez dans la maison, qu'on a trouvé LA phrase qui permet de ne pas mener des tâches - qui doivent être faites de toute façon - à bien, ou de vous les balancer au museau, parce que c'est pas strictement compris dans la description de poste de votre interlocuteur.
Dans une multinationale, "ce n'est pas mon métier" appelle à tous les débats sur le sacro-saint organigramme, les disputes entre le support et l'opérationnel et, pour les aspects communication, sur le point de savoir si cette dernière relève de la Direction Commerciale (via le marketing) ou des Ressources Humaines (au moins pour la communication interne). Vous noterez que je n'ai pas introduit la communication en parlant de "métier" et encore moins de "mon métier". Ne me lancez pas là-dessus, vous savez que ça finit mal.
Dans une PME, "ce n'est pas mon métier" devrait à mon sens être employé avec la plus extrême prudence, car la phrase montre qu'on a atteint la limite de votre polyvalence acceptée. Il faudrait savoir aussi moins hésiter à poser cette limite, pour ne pas être envoyé sur toutes les missions dont personne ne veut... Mais notez que "toutes" les missions dont "personne" ne veut échouent rarement "toujours au même" dans les PME honnêtes. Ou alors il est urgent d'envoyer chier vos collègues.
Splendeur et misère de la polyvalence, qualité essentielle en PME. Croyez-moi. Monter des yourtes, vendanger ce n'est pas mon métier ; parler espagnol ou html, convertir des gallons en crores, ce n'est pas mon métier ; camionneuse et monteuse de stand, ce n'est pas mon métier ; standardiste, ce n'est pas mon métier ; emmerdeuse, ce n'est pas mon métier... Mais qu'est ce que je m'emmerderais sans tout ça !
Dans une multinationale, "ce n'est pas mon métier" appelle à tous les débats sur le sacro-saint organigramme, les disputes entre le support et l'opérationnel et, pour les aspects communication, sur le point de savoir si cette dernière relève de la Direction Commerciale (via le marketing) ou des Ressources Humaines (au moins pour la communication interne). Vous noterez que je n'ai pas introduit la communication en parlant de "métier" et encore moins de "mon métier". Ne me lancez pas là-dessus, vous savez que ça finit mal.
Dans une PME, "ce n'est pas mon métier" devrait à mon sens être employé avec la plus extrême prudence, car la phrase montre qu'on a atteint la limite de votre polyvalence acceptée. Il faudrait savoir aussi moins hésiter à poser cette limite, pour ne pas être envoyé sur toutes les missions dont personne ne veut... Mais notez que "toutes" les missions dont "personne" ne veut échouent rarement "toujours au même" dans les PME honnêtes. Ou alors il est urgent d'envoyer chier vos collègues.
Splendeur et misère de la polyvalence, qualité essentielle en PME. Croyez-moi. Monter des yourtes, vendanger ce n'est pas mon métier ; parler espagnol ou html, convertir des gallons en crores, ce n'est pas mon métier ; camionneuse et monteuse de stand, ce n'est pas mon métier ; standardiste, ce n'est pas mon métier ; emmerdeuse, ce n'est pas mon métier... Mais qu'est ce que je m'emmerderais sans tout ça !
jeudi 14 janvier 2010
Sois prudent, sois toi-même, ne fais pas semblant d'aimer
A la faveur d'un interview d'un producteur très talentueux en Roussillon, j'ai découvert sur son site un texte du Moyen Age dont le vigneron a fait son guide de vie, qu'il a mis en ligne et qui figure sur tous ses cartons de vin. C'est mon petit cadeau pour la nouvelle année, en espérant que ce texte vous aidera à rédiger vos bonnes résolutions, comme il m'y a aidé ;). Retrouvez ce texte dans son contexte en cliquant ici.
Va sereinement au milieu du bruit et de la hâte.
Dis la vérité avec calme et clarté et écoute les autres.
Même l’ennuyeux et l’ignorant, même eux ont leur histoire à raconter.
Si tu te compares aux autres, tu peux devenir vaniteux et âpre,
parce qu’il y aura toujours des personnes supérieures et inférieures à toi.
Réjouis-toi de tes résultats comme de tes projets.
Tiens-toi intéressé par ta profession, bien que humble,
c’est un vrai trésor dans les événements changeants du temps.
Sois prudent dans tes affaires puisque le monde est plein de tromperies.
Sois toi-même.
Tout spécialement ne fais pas semblant d’aimer.
Cultive la force d’âme pour te défendre de la malchance imprévisible.
Ne t’angoisse pas à loisir.
Beaucoup de peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Sois délicat avec toi-même.
Tu es un fils de l’Univers,
pas moins que les arbres, pas moins que les étoiles,
tu as un droit précis d’être ici.
Malgré tous ces mensonges, le dur travail, les rêves brisés,
nous sommes encore un monde merveilleux.
Sois prudent, fais tout pour être heureux.
Va sereinement au milieu du bruit et de la hâte.
Dis la vérité avec calme et clarté et écoute les autres.
Même l’ennuyeux et l’ignorant, même eux ont leur histoire à raconter.
Si tu te compares aux autres, tu peux devenir vaniteux et âpre,
parce qu’il y aura toujours des personnes supérieures et inférieures à toi.
Réjouis-toi de tes résultats comme de tes projets.
Tiens-toi intéressé par ta profession, bien que humble,
c’est un vrai trésor dans les événements changeants du temps.
Sois prudent dans tes affaires puisque le monde est plein de tromperies.
Sois toi-même.
Tout spécialement ne fais pas semblant d’aimer.
Cultive la force d’âme pour te défendre de la malchance imprévisible.
Ne t’angoisse pas à loisir.
Beaucoup de peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Sois délicat avec toi-même.
Tu es un fils de l’Univers,
pas moins que les arbres, pas moins que les étoiles,
tu as un droit précis d’être ici.
Malgré tous ces mensonges, le dur travail, les rêves brisés,
nous sommes encore un monde merveilleux.
Sois prudent, fais tout pour être heureux.
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