dimanche 14 décembre 2008
Nanou contre les betteraves
Toutes les semaines c'est un nouveau défi. Depuis que j'ai adhéré à la coopérative bio d'Aniane et que je reçois mes paniers hebdomadaires en direct, c'est "j'ai pas peur" tous les mardis. Pour la citadine aguerrie que je suis, amoureuse des beaux produits et des marchés bien tenus, c'est un ravissement de savoir à présent à quoi ressemble un céleri quand on le sort de terre. C'est fabuleux d'apprendre à laver les carottes qui s'agrippent à leur sol, la mâche qui rigole quand on la lâche, et le poireau qui garde tout son terreau (bien pénible, le poireau aussi)... Bref, j'adopte des attitudes culinaires aux antipodes de mes habitudes et ça me plaît beaucoup. Car dans l'ordre, j'adore :
- observer un arrêt circonspect devant un légume inconnu. J'ai quatre familles de référence : les oignons, les courges, les choux, les raves et les tubercules. A chaque famille correspond un type de cuisson et des épices de référence. Et quand on sèche, on mélange. Mon truc pour ne jamais me tromper quand j'ajoute une épice à un plat ? (ça vaut des milliards et des intégrales d'Audiard, ça!) Je garde en bouche une cuillérée de sauce/légume/viande/pasta et je hume l'épice. Quand le nez et la bouche se rencontrent, c'est le goût et vous sentirez si ça le fait ou pas immédiatement.
Pour les nouvelles venues, les betteraves, je n'ai toujours pas le début d'une idée de comment ça se cuit (car je crois que ça se cuit...) mais j'apprends et j'aime apprendre.
-respecter le rythme des saisons. En l'espèce, j'ai fini par accueillir mes betteraves du début avec un enthousiasme dont j'ignorais être seulement capable et surtout pour des betteraves... Oui, mais elles sont survenues après cinq semaines ininterrompues de BLETTES. J'en déduis que la saison des blettes est finie et que le challenge aussi : inventer toutes les semaines une nouvelle recette pour consommer un légume qui n'est quand même pas super-super sexy à la base... Une fois sorti du "revenu-braisé" et de la tarte quichée, on peine un peu et surtout on peine longtemps quand la saison se prolonge! Mais c'est un challenge et j'aime le challenge.
-manger bon et sain. D'ailleurs j'arrête de fumer. Na!
jeudi 11 décembre 2008
Une irrésistible envie de Champagne
Moi qui ne donne jamais aux mendiants, j'ai ouvert mon porte-monnaie aujourd'hui à une femme sans retraite, sans mari (parti pour cause de radasse) et qui préfère taper les passants que ses enfants. Belle terreur que la mienne en me voyant sous les traits de cette femme bien mise et très digne, avec qui j'ai pleuré sur le parking du super U sans savoir si elle-même pleurait de reconnaissance d'être aidée, d'émotion d'être entendue, de honte ou de fatigue. En sortant de là, je ne savais plus moi-même si je devais rire de mon bonheur ou pleurer de son malheur, de peur pour plus tard et de la misère du monde. Vous ne voyez pas le rapport avec le Champagne ? Vous ne voyez pas le rapport avec un ingrédient de la vie qui sied aussi bien aux triomphes qu'au désespoir ? Si, là ça y est ?
Alors, oui j'ai acheté une bouteille de champagne. Et oui je la boirai ce soir dans mon appartement bien chaud en attendant l'homme que j'aime après avoir refermé derrière moi la porte d'un bureau où je suis très heureuse et bien rémunérée. C'est obscène mais je me dirai que s'il arrive malheur un jour j'aurai ce souvenir et cet âge d'or. Et je penserai très fort à cette femme en demandant à mon ange gardien de lui envoyer un petit coup de pouce.
lundi 8 décembre 2008
Mon petit côté Ghandi...
Pardonnez-moi, j'en sors. Les conférences de presse, ça me galvanise. Pas parce que ça m'inspire de beaux sujets mais parce que "ça me donne envie d'envoyer des mandales dans la tronche à tout ce qui remue" (ce n'est pas de moi et j'en suis fort marrie)... Quand je pense à tous les discours sur la précarité du métier de journalisme, métier de peu d'élus, sans sécurité, sans salariat... Et quand je vois les minables qui en vivent très confortablement rassemblés dans la cohorte habituelle au rendez-vous des déjeuners tout frais payés, j'ai envie de taper à la première réaction débile. Et ça vient vite.
Je suis une femme, taillée dans une baguette, épaisse comme trois feuilles de papier calque collées par un parfum luxueux mais jamais entêtant (un petit bisou à moi, ça mange pas de pain...). Et bien j'ai eu droit tout le déjeuner durant à la surveillance étroite d'Aldo La Morale, mon éminent collègue récemment nommé au vin dans son quotidien après avoir excellé dans la rubrique auto-moto (là, je mens, j'aimerais qu'Aldo fût un transfuge d'une autre spécialité, mais non, en plus, cet emmerdeur s'occupe de vin depuis des années mais craint encore plus le gendarme... à moins qu'il n'ait déjà perdu trop de points à désobéir, lui aussi). Car Aldo n'a pas manqué de souligner chacun des deux verres de vin que j'ai bus au cours du repas, en plus du premier qui me faisait dépasser la limite légale, en espérant, à voix haute et avec forces coups de coude alentours, que je ne prenais pas le volant ensuite. Excédée, je lui ai servi ma toute nouvelle réponse aux pisse-vinaigre, directement soufflée par mes amies les licornes : "Cela s'appelle de la désobéissance civique, mon cher ami. Triste avenir que celui du vin si ses chantres n'en boivent plus, vous ne croyez pas ? ".
Appelez ça un prétexte à la beuverie si vous y tenez, pendant et après le repas, je marche et bois beaucoup d'eau et en cas de contrôle, j'assume, c'est tout. Alors, les commentaires du cher Aldo... comment dire... je les lui... du moins, il peut se les... Attendez, je vais bien trouver une formule idoine... Disons qu'étant donné que je ne vis que pour son approbation, je lui laisse toute liberté d'imaginer ce que je fais de son avis.
mardi 2 décembre 2008
Live from Bordeaux it's Tuesday morning!!!!
Moi je ne les rencontre que pour parler. Je les interviewe et je parle de leur boite. C'est fantastique car ils n'ont que des gentillesses à mon égard, du coup. J'avoue que je me présente sous le titre de journaliste avec une certaine gêne ici. Car dans ces salons, le journaliste fait son beurre sur ceux qui agissent et appliquent la maxime : ceux qui ne savent pas parlent (ou écrivent) et ceux qui savent, font. C'est forcément génant. Sauf quand on se retrouve aface à un abruti complet qui est le client de votre entreprise, qui en conclut que le client est roi et qu'il a tous les droits sur vous. Je sors d'un entretien pathétique avec un vrai gagneur : "Vous devez parler de cet ami à moi, son projet fait huit millions de CA par an. Donc c'est validé." Comment lui dire que c'est malgré tout de la merde et que le nombre d'entrées de Taxi ne me fait pas regarder Taxi ? Aucun d'entre eux ? J'y ai renoncé. On fait des cadeaux à nos clients pour Noël. Une intégrale s'impose...
mardi 25 novembre 2008
Blague de débiles profonds
Raoul rentre péniblement d'un tournoi de belotte sponsorisé par Pernod-Ricard. Afin de ne pas tomber sous les coups de sa bourgeoise, il se prépare un petit jus de citron avant d'aller se pager. Le lendemain, Mado, sans même laisser à l'aube le temps de blanchir la campagne, tire Raoul du lit à grands coups de pompes dans l'oignon et lui tient à peu près ce langage :
- T'as encore rentré torché de chez Moe, bois sans soif !
- Absolument pas, chère amie, vos yeux embués de sommeil vous abusent, j'ai regagné notre logis dignement, à une heure parfaitement décente... J'ai même souvenance de m'être rafraîchi d'un jus de fruit avant de vous rejoindre...
- Ah ouais ? Et le canari dans le presse-citron, il s'est suicidé ?
Cette blague pas du tout spécialisée clôt l'épopée de l'humour réservé qui nous a tenus en haleine pendant tant d'épisodes (deux, pour être exacte). C'est fini, rassurez-vous donc, et réchauffez-vous avec un petit jus de citron dans lequel vous aurez pris soin de verser deux doigts de rhum, ainsi qu'un peu de miel et de thym... Ca peut vous aider à oublier novembre quelques instants et c'est le seul remède qui fasse vraiment passer plus vite ce mois si difficile pour mes amis nordistes. Car, faut-il le préciser, nous sommes le 25 novembre, il fait froid, certes, mais, en tout cas à Montpellier, il fait un soleil radieux (depuis maintenant une semaine complète). Moi aussi je vous aime. Et moi, en plus, j'ai du soleil.
mercredi 19 novembre 2008
Blague de dégustateur de vin français
- Pas de soleil de tout l'été, de la pluie tant que tu veux... et, devine quoi, ils nous prédisent un millésime classique à Bordeaux !
- Hé bé! Ça va sentir le poivron...
Ah quel filou ce Oz ! Vous ne trouvez pas ?
mardi 18 novembre 2008
Blague de velus
- L'épreuve ultime, c'est un duel à la batterie contre le Diable.
- Ouais, c'est faisable.
- Sauf que dans le film, le Diable, c'est Dave Grohl.
- Ah ouais, c'est mort.
J'en pleure de rire (ben si!). Pas vous ? Oh les nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuls...
lundi 17 novembre 2008
I need a hero
Gibert est-il un héros ? Plus précisément, est-il le héros dont j'ai besoin et que décrit la chanson ? Gibert est un héros, en quelque sorte, certes. Voire, mon héros, quelques secondes par mois seulement, lorsque je mets la main dans ses rayons sur l'intégrale de Shogun, à vendre d'occasion pour un tiers de son prix recommandé (et âprement surveillé par mes radars avides, gniiiiiiit). Mais c'est trop mince pour que je me sente redevable auprès de Gibert de son courage, de sa grandeur, de son abnégation de héros. Je lui dois un prix avantageux, pas le génie du compositeur de la chanson, ni celui de l'oreille qui l'écoute (c'est à dire le mien ! Oh !!! Vous suivez ?).
Car, depuis samedi, c'est en parfaite ingrate que je danse sur la musique du film Shrek 2. L'un de ses titres m'a ramenée au plus près d'une folle qui incarne, à mes yeux, une folie que j'ai en commun avec elle. Par une aberration de la nature que l'on ne s'explique pas, cette femme, comme n'importe quel homme, comme moi-même quand je m'en souviens, est dotée d'un reflexe étrange : elle regarde dans un miroir quand on lui parle du prince charmant. J'ai nommé Jennifer Saunders car je suis folle de cette folle. Sa version de Holding Out for a Hero me donne des ailes.
"Oh, fantastique ! Un héros qui va venir me sauver, il sera fort, rapide et tout frais sorti du combat..." HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Après avoir tant ri, écoutez la chanson, vous comprendrez : l'interprétation épique du titre vous donne des ailes et réveille en vous le super-héros qui roupille. Votre enfant intérieur va sûrement le prendre comme un coup de pied au fondement, au moins il saura pourquoi il pleure. Et puisque le héros est en nous, tout ce dont on a vraiment besoin, en fait, à l'arrivée, c'est de mettre LE VOLUME A FOND !
mercredi 12 novembre 2008
Mon meilleur ennemi, c'est toi, Peter
En attendant, Peter est là devant moi, son calme olympien ne fait qu'attiser ma haine de lui. J'ai ripé sur "fermer la fenêtre" au lieu de seulement la réduire. Sans sauvegarder. Je travaillais depuis deux heures sur un dossier des plus fastidieux. Je l'ai dans l'os. C'est tout. C'est ça le drame de Peter: son inflexibilité, qui échappe aux notions de méchanceté et de gentillesse, par-delà Bien et Mal (petit clin d'oeil à Friedrich, ça va, couille d'Ubermensch?). Mais si je le traite de primaire, il me répond que je n'utilise que 6 % de ses capacités et me demande qui est la plus primaire des deux... A partir de maintenant je le traite de binaire, au moins, il ferme sa mouille.
Là, je ne vous le cache pas, il se marre bien de ma bourdasse. Il sait que je ne peux m'en prendre qu'à moi. Il sait que ma mauvaise foi est ma seule planche de salut face à ma faible estime de moi couvrant mon égo sur-dimensionné. Traduisez: pour ne pas regarder en face la gourde que je suis, je vais trouver un moyen de tout lui mettre sur le dos. Bêtement mais avec tout l'aplomb du monde. Comme font les lâches.
Or, à lâcheté, lâcheté et demie : je ne peux pas m'en prendre à Peter, lui-même. Non ! Il faut remonter plus loin ! Suivre le fil ! Je n'ai pas été la victime isolée d'un ordinateur idiot, mais l'un des nombreux sacrifiés sur l'autel du progrès et du profit, dans un temple érigé par le plus grand coupable du plus grand nombre de maux attribués à un être humain ou à une mécanique infernale, j'ai nommé: Bill Gates!
Donc, pour illustrer l'infâme plantage dont j'ai été la malheureuse victime innocente et qui a réduit à néant des heures de travail acharné malgré toutes mes précautions de sauvegarde, je vous présente un petit dicton qui me paraît fort à propos, tout droit sorti de la planète Geek 12 :
"Si Microsoft inventait un truc qui plante pas, ce serait un clou"
PS : j'ai pris des cours accélérés pour maîtriser la mauvaise foi au plus vite lors de mon entrée dans la vie professionnelle. C'est venu tout seul, comme vous pouvez le lire, on arrive très vite à une pratique courante de ce langage au départ rebutant, faute de la plus petite trace d'honnêteté, intellectuelle ou tout court. Le tout est de la parler couramment sans la confondre une seule seconde avec sa langue maternelle. Car n'oubliez pas : la mauvaise foi, ce n'est pas une langue, c'est de la flûte !
lundi 3 novembre 2008
Dicton du jour
Alors? Alors le voici, le dicton du jour. Un dicton de sagesse africaine. Je n'en suis pas l'auteur aujourd'hui mais ce ne sera pas toujours le cas, tenez-vous le pour dit.
A très vite et n'oubliez pas : « Tout a une fin, sauf la banane qui en a deux. »
Alors, heureux ?
jeudi 30 octobre 2008
Jeudi 30 octobre 2008 : Solidaire

Les blogueurs du vin relaient la mobilisation vigneronne sur la toile. Moi aussi.
Vous voulez en savoir plus ?
mercredi 29 octobre 2008
Mercredi 29 octobre 2008 : Il faut cogner fort
Demain, pour montrer que le monde du vin ne "tombera pas dans le panneau", on masque ceux des plus grandes et des plus vinicoles villes de France. Pour encourager Roselyne à maintenir sa ligne favorable à la révision de la loi Evin et pour la dissuader de consentir l'interdiction des dégustations gratuites dans une contrepartie aux associations des pisse-vinaigre réunis.
Demain, à ma petite échelle, je fais pareil. Le panneau de ma résidence, décroché ; l'interdiction de stationner sur mon parking, suspendue (essaie, essaie juste) ; le papier sur la porte du local à poubelle, envolé ; plus aucune indication des étages dans l'escalier ; ma sonnette appelle un grand blanc... Maaaaaaaaaaais je ne me suis pas arrêtée là! J'ai imposé la VO sans sous-titre par défaut à mon lecteur DVD, rangé mes livres et mes bédés dans une boite muette, déchiré tous les emballages des aliments dans mon frigo. Plus un mot, plus une lettre, plus d'écrit. C'est ça, s'engager! C'est total, c'est toute une vie qu'on accepte de voir différemment. C'est un exercice sain, salutaire.
Mais il est des bornes qu'il importe de ne pas franchir, sans quoi y'a plus de limites! Alors quand on m'a fait remarquer que j'aurais du commencer par faire taire mes bouteilles de vin, mon sang n'a fait qu'un tour. Certains ne supportent pas les larmes d'un enfant, d'autres refusent les souffrances infligées aux animaux dans les abbatoirs, les forêts domaniales et jusque sur les banquises. En ce qui me concerne, je sais m'offusquer, souffrir pour, empathiser jusqu'à en pâtir. Quand on maltraite une bouteille de vin. La perspective d'une cave improvisée, trop chaude et trop instable (genre la buanderie, sur le sèche-linge) me tire le sang des membres. Un verre de dégustation tenu à pleine main et ma paupière tique. Un grand cru dans un gobelet en plastique et je dois m'allonger.
Alors je n'ai pu me résoudre à dénuder mes bouteilles. Arracher son étiquette à un beau flacon, c'est comme boire son contenu cul sec ou déchirer les vêtements d'un homme longtemps désiré. On croit que c'est super, que vite et fort c'est mieux, et en fait on passe à côté de quelque chose...
jeudi 23 octobre 2008
Jeudi 23 octobre 2008 : Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii...
J'ai deux instincts particulièrement développés : une intuition infaillible de l'heure qu'il est, que je dorme ou non et un sens de l'orientation particulièrement aiguisé et qui laisse les hommes pantois ("c'est fou, elle sait lire une carte!" Ben oui quand j'ai vu que c'était à la portée d'un primate, je n'ai plus eu peur et je me suis lancée!).
Enfin, qui les laissait pantois, parce que depuis la tempête, c'est fini. Je suis collée à ma montre et je ne sais plus où je pose mes lunettes, mes clés, mon téléphone, ma tasse, mon ordinateur... je ne vais pas aborder le sujet de la télécommande là tout de suite, c'est encore un peu frais. Au quotidien, cela me met dans des états de rage inextinguible contre moi-même. Je ne me réveille plus sans réveil à 7h12 précises et hier j'ai passé près d'une demie-heure à retrouver mon chemin dans les ruelles du vieux-Pignan. Cette riante bourgade de la périphérie montpelliéraine compte un clocher, une mairie et deux boulangeries entre Saint Georges d'Orques et Murviel-lès-Montpellier... Et je ne me suis jamais perdue dans Pignan. Jamais. Même un Snoot* ne se perdrait pas dans Pignan
Moi je dis : la tempête a provoqué un déreglement électro-magnétique dommageable à la vie humaine et qui met mes facultés en danger. Et tout le monde veut taire l'affaire. L'homme qui partage ma vie dit que découvrir que tous les épisodes des Simpson sont disponibles en streaming sur chezhomer.com n'est pas une raison pour passer mes nuits à les regarder. Et qu'il ne faut pas que je m'étonne... N'importe quoi. Il est de mèche avec eux!!
* Fruit des amours contre-nature et fort contrariées de Scoobidoo et de Ran-Tan Plan, le Snoot est une figure emblématique du panthéon animalier de ma famille. Il y incarne la stupidité dévouée et le talent pour le léchage forcené des testicules absentes. Son maître adulé l'a plus simplement surnommé "Grosse Truffe".
Pour adhérer au fan club du Snoot, tirez vous une balle dans le pied car il est tout à moi.
lundi 20 octobre 2008
Pour info
Lundi 20 Octobre 2008 : Le cri de l'escargot le soir au fond du bois
Alors que la pluie m'entraîne vers ces rêveries champêtres, j'avise ma co-bureliaire, une stagiaire allemande qui nous a accompagnés aux vendanges du 7 octobre et qui nous trouve chaque jour un peu plus étranges, nous, les Français. Là, elle est catastrophée par la violence de la pluie et la noirceur du ciel, bondit chaque fois qu'un cycliste récite l'alphabet de ses insultes à l'automobiliste qui l'a rincé des gerbes de la voiture d'avant.
- Gretchen, tu as pris ton K-Way?
- Mein ? Je te demande parton?
- Ton K-Way. Tu ne vas pas aller à la chasse avec ta petite veste tout de même ?
- La chasse ? Was ?
- Il pleut, Gretchen. L'autre jour, on a fait les vendanges parce qu'il faisait beau. S'il avait plu, on aurait chassé.
J'ai cru comprendre qu'elle avait eu plus de mal que nous tous réunis à se remettre des vendanges, aussi son teint vire-t-il au vert quand je lui reparle de cet épisode pourtant heureux.
- On chasse quoi ? finit-elle par articuler en tremblant.
- On chasse quoi! Quelle question, tu es en France! On chasse l'escargot!
La moue dégoûtée qui marque invariablement le visage de nos voisins saxons à l'évocation de cette coutume culinaire (les Espagnols et les Italiens ne font pas tant d'histoires!) vient s'installer sur le pauvre petit minois de la jeune Gretchen. Elle rassemble cependant ses dernières forces et souffle d'une voix épuisée :
- J'ai goûté escargots de Bourgogne, mais je n'aime pas ça...
- Tatata! Les gros maousses de Bourgogne, mais c'est l'autre escargot, ça! Ici, c'est le royaume du Petit Gris! Pour la chasse, c'est ce qui se fait de mieux! Ils sont plus petits et plus vifs que les Bourgogne, c'est plus sport!
Elle en est encore à se demander si elle doit rire ou s'acheter des bottes en caoutchouc. Impitoyable, je lui désigne le petit bois qu'on voit au loin par la fenêtre. Enfin, d'habitude on le voit. Là, à travers les rideaux de pluie, il faut bien se résoudre à l'approximation.
- Chaque fois qu'il pleut, on va dans le petit bois là-bas, tous ensemble, comme on a fait pour la vendange, et on chasse les escargots. On constitue deux équipes et l'une rabat les escargots vers la seconde. Tu préfères rabattre ou capturer?
Après quelques explications sur le vocabulaire, ma Gretchen est pantelante. Elle comprend qu'un rabatteur ne touche pas l'escargot et me dit qu'elle préfère rabattre, cent fois, mille fois, cent mille fois rabattre.
- Tu as raison, c'est plus sûr. Quand il est poursuivi, l'escargot devient agressif. Quand on capture il faut faire bien attention à ne pas se faire mordre.
Elle essaie de rire, pour la première fois. Je la regarde très sérieusement (oui, ce n'est pas évident). J'aimerais dire quelque chose, mais si je parle, c'est fini, je fais pipi partout. Très impressionnée par mon silence outré, elle en conclue qu'il est temps de faire un pas vers moi.
-Mais c'est plus intéressant, de capturer, alors, peut être?
Me voila partie sur les différentes techniques de capture, à la catalane (technique frontale), à la camargaise (au lasso), à la lyonnaise (on appâte au pied de cochon) puis nous débattons sur l'opportunité de porter des gants. Je lui dis que les purs, les vrais ne le tolèrent pas et que j'en suis. Mais que je comprendrai, conclus-je au sortir d'un soupir agacé.
Pendant ce temps, la pluie s'est arrétée. Gretchen lève vers le ciel un regard plein d'espoir tandis que je peste. Je lui dis que d'après Météo France, on gagnerait à programmer ça plutôt pour demain. Elle a mis la page de Yahoo avec les prévisions météo en page d'accueil de son navigateur et jette par la fenêtre des regards apeurés.
Je lui dis que c'était du flan ou j'attends demain ? Non, parce qu'il y a des chances qu'elle suive mes prescriptions et se pointe avec tout l'attirail : ses bottes, son ciré et son épuisette... J'ai pas été complètement réglo dans le descriptif de la tenue réglementaire... Ca vous étonne ?
*Cargolade : Grillade d'escargots que l'on arrose de lard fondu après les avoir trempés dans le sel et le poivre. On mange l'escargot sur sa grille, se brûler fait partie du rituel. Dans la main gauche on tiendra une tartine d'aïoli. Dans ces contrées sauvages, compter deux têtes d'ail pour un oeuf ; comme dit ma grand-mère : "L'ail, tu en mets jusqu'à ce que ça pique".
mardi 14 octobre 2008
Mardi 14 octobre : Viva Italia!
Mais j'apprends à l'instant que l'Italie m'émerveillera toujours. C'est seulement une confirmation. Il y a en Italie un sens de la comédie et du drôle, qui n'a d'équivalent que le talent de l'Espagne pour le drame.L'Espagne, c'est le flamenco et la corrida. L'Italie, c'est la Comedia dell'Arte et l'opéra. Point. Et je me contrefous que ton hilarante cousine espagnole imite super bien le poulpe, je généralise à outrance. Si je voulais faire dans le subtil, j'écrirais une thèse. Capisci?
L'Italie de Rigoletto, l'Italie du sourire et de la beauté m'appelle à toute force par une de ces petites nouvelles à mourir de rire dont elle a le secret. Dimanche 5 octobre, c'était jour de fête à Marino, riante bourgade de la périphérie romaine. Jour de fête des vendanges. Tous les premiers dimanche d'octobre, Marino se lâche. Tous les ans, pendant cette journée magique, une fontaine de la ville, la fontaine des Quatre Maures, crache du vin. Un astucieux système permet en effet de raccorder l'alimentation de la fontaine à des citernes de vin blanc. Lassés de se relever la nuit pour effectuer les branchements sans jamais y gagner un merci, les agents de la voirie municipale ont trouvé cette année à se faire remarquer. Ou ont-il fait un petit tour dans la citerne avant de procéder aux raccordements ? Toujours est-il que les Marinais (appellation non contrôlée) se sont trouvés bien déconcertés avant d'endosser leurs habits du dimanche. Entre le lit et l'église, il y avait la salle de bain. Or tous les robinets crachaient du vin blanc. Certains se sont fait couler d'inoubliables bains avant que la mairie ne rétablisse les connexions habituelles. Il a fallu attendre pour cela que le maire s'arrête de rire. Et ça a considérablement ralenti le déroulement des opérations.
En France, on aurait monté un comité de réflexion, avec un sous-comité pour décider de la procédure de vote au sein du comité. Des visages graves auraient rayonné autour d'une table (ronde, donc) en noyer sous les ors de la République. Très vite, des scissions irréversibles auraient déchiré cette docte et digne assemblée entre les partisans du rouge et les défenseurs du blanc. Profitant de leur désunion, pieux et cul pincé, un ancien alcoolique converti à l'aquaphilie et donneur de leçons, tel ces anciennes courtisanes qui se piquent de bigoterie, en aurait profité pour interdire la fête des vendanges. Au nom de la protection des mineurs et de la préservation des pigeons qui souillent les fontaines. On s'y retrouve bien, non ?
lundi 13 octobre 2008
Lundi 13 Octobre 2008 : Invicible
Alors étudiante, j'ai eu le privilège d'être accueillie chez lui à Aniane pour une visite de ses chais. Le temps ne se prêtait pas à une visite dans les vignes... Hélas! Il nous avait fait goûter sur fût un Mourvèdre rayonnant de complexité épicée. Tandis que nous vantions sa richesse et sa fraîcheur aussi, il avait souri, goguenard : non, le vin ne faisait pas ses 16°. Une claque !
Depuis, je n'avais pas regoûté ses vins, tant ils sont rares et tant l'Italie m'a tenue loin des grands vins du Languedoc. On ne peut pas être partout.
Sur la carte des vins de la Réserve Rimbaud, la Grange des Pères 2004 trônait, irrésistible tentatrice. Je n'ai pas résisté. Une petite conversation avec la sommelière, délicieuse d'à propos, et la voila partie vérifier si d'autres millésimes ne seraient pas disponibles. Elle est revenue avec cette rareté, cette splendeur. On débouche, on carafe, on finit le champagne, le temps que la Grange respire un peu. Une explosion nous attend. Une explosion d'harmonie dans le fondu de tous les éléments. Monolithique? oh non! Mais quelle puissance et quelle parfaite intégration du bois, du fruit, des épices et des tannins. Impossible de vous le décrire en "notes de prune du Japon et de mure sauvage du Kansas" (croyez moi, pourtant, j'adorerais!). Car sur des vins d'une telle finesse et de cette maturité, on a passé le stade de décrire le boisé côté vanille ou toast et les épices par le poivre et la cannelle. On est dans un autre registre de complexité où le vin goûte des images et respire des textures. Les composants du vin sont fondus et les sens qui les perçoivent se répondent et s'emmêlent aussi.
Vieux reflexe de dégustatrice à l'aveugle, j'écoute les mots que crie le vin, qui me guideraient si je ne savais déjà d'où il vient. Il me parle d'ailleurs, du côté d'Alba. Laurent m'en voudrait sans doute. Et c'est un affront fait à Aniane. Mais pardon, je n'ai jamais rien goûté de tel en Languedoc. Je n'ai jamais rien goûté de tel tout court. En rédigeant ce post, je le sens encore. Hier, alors que tombait sous les pins un soir tiède et moite, je le sentais autour de moi, encore dans mon nez, encore dans ma bouche. Tu parles d'une longueur phénoménale ! On parle de retours d'acide, je parle de retour de Grange! Et l'invite à revenir quand elle veut, dès qu'elle peut, j'y serai.
Vous l'aurez compris, après un déjeuner comme celui-ci, on se sent forcément béni et invincible.
jeudi 9 octobre 2008
Jeudi 9 octobre 2008 : (Yesterday's) Birthday Girl
Je l'accueille avec d'autant plus de mauvaise grâce que mon 32ème anniversaire a vraisemblablement été l'un des plus heureux de ma (si) jeune vie. Alors pour ressusciter ces heures parfaites, je vous en fais le récit. C'est parti.
L'histoire commence le 7 octobre, car le 7 octobre a été particulièrement féroce : baptême de vendanges pour moi. Départ 6h30, retour 22h et à l'arrivée un rêve, un appel, un besoin : un bain. La surprise était à la sortie du robinet : problème de canalisation, l'eau est coupée et le reste jusqu'au lendemain... Pas de chasse d'eau, même pas de quoi rincer mes doigts noirs et collants. J'ai une demie bouteille de coca pour me décrasser d'une journée à quatre pattes dans les vignes...
Desespérée, je m'endors comme une brique sur le canapé et mon amoureux rentre à pas de loup quelques quarts d'heures plus tard. C'est ainsi que, dès les premières heures du 8 octobre, à moitié endormie, j'ai senti deux bras forts m'enserrer tendrement et sa voix chaude et basse et de luxure assouvie murmurer à mon oreille "Il est minuit passé, nous sommes le 8 octobre, bon anniversaire mon amour". Quelques heures plus tard, le soleil se levait sur cette journée qui n'arrive qu'une fois par an (à une vache près, hein, c'est pas une science exacte).
Le 8, crados (toujours pas d'eau), mais souriants, nous avons décidé d'en avoir cure (thermale, ha ha ha) et sommes sortis profiter de la ville et de ses attraits sans attendre le rétablissement canalisatoire.
Quelques emplettes au programme et un déjeuner enchanteur sur une place pluvieuse le long de la Rue des Ecoles Laïques. Arrivent la très belle bavette et le rognon flambé sublimissime du Bistrot Gourmand, accompagnés d'un Pic Saint Loup de chez Cazeneuve qui allait rondement bien. Je regarde mon homme manger et je l'aime. Nous parlons de plus tard, d'ailleurs tout en étant pleinement heureux d'être ici et maintenant. Nous flânons dans l'Ecusson, bras dessus-bras dessous, sous un grand parapluie. Quelques emplettes de plus, ici et là, sels de bains, galets effervescents, je prie pour que l'eau soit rétablie quand nous remontons l'allée qui nous ramène chez nous.
Nous croisons en chemin l'agent immobilier qui nous a vendu l'appartement. Il n'a pas vu le résultat des travaux et nous accompagne. Sur place, il s'esbaudit, nous affirme qu'il a vu des travaux similaires réalisés par des professionnels et bien moins bien exécutés. Exagère-t-il ? Qu'importe... L'eau est de retour, nous sommes meilleurs que des pros, mon amoureux part travailler, je prépare l'apéritif familial du soir au son de l'eau du bain qui coule. Je prends mon bain avec Bruce. Willis. Si. Sur l'écran de mon ordi, John McClane n'en finit pas de râler entre deux rafales au coin de ma baignoire.
Arrivent mon cousin, son aimée, ma cousine, ma marraine et tout ce petit monde me couvre de cadeaux, de bisous tandis que je relis les messages envoyés sur mon téléphone. Mes frères et belle-soeur, mes parents, ma grand-mère, tout le monde est là pour me souhaiter tout le bonheur du monde et me recommander d'être heureuse.
Forcément, le 9 octobre est un peu fade... La douleur des courbatures, le rhume naissant (et déjà en super forme avec son lot de toux âcre et de nez plein) ne sont plus cachés sous ma joie d'être au centre de toutes les attentions. Pénélope Jolicoeur vient cependant éclairer ce jour funeste. Nous traversons les mêmes affres, voyez plutôt. Et puis j'ai mon rayon de soleil velu pour tous les jours avec et sans pluie : vivement ce soir que mon chéri et moi-même soyons tous les deux rentrés de nos boulots respectifs!
Merci à tous ceux qui étaient là, en pensée, en parole et en action.
lundi 6 octobre 2008
Lundi 5 octobre 2008 : l'art délicat de la manipulation
Parce que convaincre les gens, ce n'est pas forcément mon point fort. Il paraît que j'ai tendance à manquer un tout petit peu de souplesse. Ca vous étonne, vous aussi, n'est-ce pas? Me mettre à la place de mon interlocuteur pour profiter d'un max d'empathie, ça je sais faire. Chercher les arguments qui répondent à ses besoins et pas seulement aux miens, c'est la suite logique et je cerne bien la différence. Mais parfois, je ne cerne rien, je ne perçois pas la raison qui pousse un être intelligent à refuser d'adopter le point de vue le plus rationel pour tous, le plus avantageux pour lui et le plus violemment défendu par moi... Alors?
Quelques principes que j'ai pu glaner ici et là : il existe principes de vie en société qui valident des arguments dans la tête de notre auditeur. On retiendra :
- le besoin de faire comme les autres. Oui, Panurge nous tient et il est votre allié pour convaincre un interlocuteur de faire ce que vous et d'autres spécialistes de votre domaine ont choisi de faire avant lui. Si vous ne pouvez pas le convaincre que vous êtes suffisamment proche ou semblable à lui pour que votre choix soit une référence, faites passer votre message par un autre, dans lequel votre interlocuteur se reconnaîtra. En l'espèce, ça part mal, il me faut donc un babouin avec des fesses écarlates... mais où vais-je trouver ça à cette heure-ci un lundi?
A contrario, le besoin de faire comme les autres joue contre l'effet escompté du message lorsqu'on met trop en avant les choses à ne pas faire comme étant "encore" le comportement d'un trop grand nombre. Ainsi encouragé, le mouton applique avec bonheur le principe bien connu du "ça pue, c'est moche et ça va se casser la figure, mais puisque tout le monde le fait, j'y mets ma petite pierre aussi." Les exemples vous viennent en tête tous seuls... Postez-en donc quelques uns dans vos commentaires...
- le besoin d'être cohérent avec ses engagements antérieurs : si vos réunions ne sont pas assez suivies, associez davantage les participants à la conception et à la prise de décision. Ils reviendront défendre leurs projets.
- le besoin d'être considéré et entendu : personnalisez vos messages. Un post it, un petit mot à l'appui de l'argument fait la différence, surtout si vous le terminez par "Merci". Chantage affectif ? Avec un babouin ?...
- le principe de réciprocité : vous engage à rendre la pareille à votre interlocuteur, un pas en avant pour un pas en avant. Si vous associez ça à la personnalisation sur le mode "ah toi, pour toi, rien que pour toi", c'est de la bombe, Bébé!
Instructif mais... je ne suis pas plus avancée. Pourquoi il me dit encore tout et son contraire, Donkey Kong ?
lundi 29 septembre 2008
Lundi 29 septembre 2008 : Sarah Palin et Hillary Clinton débattent de leurs différences
Régalez-vous avec ça, les anglophones dans l'âme, c'est une caricature de Sarah Palin et d'Hillary Clinton dissertant sur les dérives sexistes de la campagne présidentielle américaine. Dérives qu'Hillary s'est mangées en pleine face quand elle est partie à la conquête de l'investiture démocrate. Pendant que son propre parti lui mangeait le nez, les républicains ont vu qu'une femme s'attirait la sympathie des votantes, à défaut de celle des états-majors. Sitôt investi, le candidat McCain s'est empressé d'offrir la place très confortable de co-listier à une co-listière, n'importe laquelle, du moment qu'elle n'a ni casseroles au fondement ni cadavre dans le placard. Il est allé la chercher dans une terre sauvage et pure, dans le grand blanc des glaces éternelles. Sarah Palin est gouverneur de l'Alaska, mange des steaks d'élan, partique la pêche de glace et vit sur un lac avec son hydravion, son mari et ses cinq enfants.
Pendant ce temps, dans le camp démocrate, Hillary a perdu l'investiture. On peut dire qu'elle a perdu tout ce pour quoi elle tient debout depuis la présidence de Bill, tout ce pour quoi elle n'a jamais divorcé. Aussi, on ne s'étonnera pas de voir une Hillary passablement amère et remontée dans cette caricature. Et si vous trouvez Sarah Palin un peu cruche, il est peut-être temps de vous renseigner sur cette possible présidente des Etats-Unis qui croit que les dinosaures, comme l'homme et comme l'univers, sont apparus sur ordre de Dieu il y a 6000 ans, max ! Regalez-vous !

Live from Montpellier ! It's Monday Afternoon ;)
Lundi 29 septembre : Un peu de déco...
Mouahahahaha! Un gargantuesque sentiment de toute-puissance m'envahit au moment de poster les images qui suivent ! C'est parti, tenez-vous bien !
Tenez-vous mieux.
Donc, nous somme de retour à cet instant fragile qui nous a vu poser sur un marbre fendu, tranché et jointé la toute première latte de notre miraculeux parquet suédois. En quelques lignes, nous avons appris les rudiments de la pose.
Au matin, so it begins...
Il nous a fallu quelques heures à peine pour finir le gros rectangle qui s'étend devant la porte d'entrée, entre la fenêtre de la cuisine et celle de la salle à manger. Ca donnait ça :
Le soir : tonnerre d'applaudissements
Il nous manquait le carré salon, dans le prolongement de la salle à manger. Le lendemain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, nous avons attaqué le-dit carré qui n'a pas fait un pli. Car, voyez comme la vie sourit aux innocents : la largeur de ce carré était exactement égale à la longueur de deux lames de notre parket (oui, car Ikéa...). Nous avons donc fini ça en deux temps et trois mouvements qui nous font cinq, en quinconce, donc, comme il se doit. (Si vous n'avez pas compris cette phrase, reportez-vous au post qui vous explique comment vivre sans la moindre espèce de culture. Mouahahahahaha... je suis déchaînée... Et ça continue!).
*"... pour t'apprendre la poésie", précisent ces grands sensibles, NDLR.
Et nous avons pu vérifier une énième fois la vérité absolue du précepte suédois : Ne dis pas "ils se sont plantés sur leur plan, les mecs d'Ikéa", dis : "ah, je n'arrive pas à la même solution que le plan, je démonte tout et je recommence."
La cuisine se fait sa petite place au soleil
Vous avez eu droit à assez de pas à pas comme ça. Je vous épargne les dernières courses chez Ikéa et le signe... enfin, non, ce n'était pas un discret signe de la main, mais bien un panneau en dix mètres sur douze que notre ange gardien nous a fait parvenir. Appelez ça une coïncidence si vous y tenez, mais, après nous être longuement lamentés dans les rayons de notre manque de moyens qui rendait leur acquisition impossible, nous avons trouvé le canapé en cuir de nos rêves et le tapis blanc des mêmes rêves à la bonne trouvaille d'Ikéa, en parfait état. A -30 %, les rêves se réalisent, les licornes débordent du placard de la chambre à coucher.
Bienvenue dans notre Ikea-home, mâtinée de Fly pour le fauteuil et la salle à manger...
Dos à la porte d'entrée, sur votre gauche, la cuisine, son évier de tueuse et son bar
Dos à l'évier, vous découvrez mon rêve de gourmande : ma gazinière à cinq feux
Devant le bar, c'est la salle à manger, sa table n'a pas aimé le transport en coupé Hyundai. A quoi ce dernier a répliqué : "Est-ce que j'ai l'air d'un déménageur breton??"
Super Salon et toute son équipe : Super Canap, Super Fauteuil, Super MEPTT... Et super-toscans, les cyprès !
Le coin méditation que je me réservais a disparu derrière le grand meuble à DVD (long soupir).
Vous vous étonnez peut être de l'intervention de toutes ces plantes alors que mes pouces ne sont pas verts, mais alors pas verts du tout.
Commençons par les cyprès nains. Vous ne seriez pas les premiers à vouloir les toucher pour vérifier s'ils sont vrais. Arrêtez de vous moquer et écoutez leur histoire, avant de dire du mal. Après avoir posé bien haut la télé pour un vrai effet cinéma, il nous fallait quelque chose pour combler le vide entre un meuble très bas et un écran bien haut. Tout étant très vertical et somme toute bien parrallèle dans notre déco (sinon, c'est le bordel), j'ai pensé à des plantes fines et verticales pour faire ce trait d'union entre les horizons du meuble et de la télévision. Une image de cyprès toscan est venue s'imposer derrière mes paupières et Ikéa (encore et toujours) nous a fourni des cyprès d'un vert kiwi qui laisse nos visiteurs sceptiques. Moi je trouve qu'ils font très "accueil de spa bien chic", sur le mode "Hammam de l'Ecusson, bonjour!". Pour les Parisiens qui ne lisent que le parisien dans le texte, on pourrait traduire par "Hammam du Marais, bonjour!"...
Ah oui, et la grosse broussaille vert foncé en haut du meuble de droite, c'est un Spathiphyllium Cupido. De nom, ça ressemble à une MST. De face, ça ressemble à un arum. Que fait-il là ? Nous n'avons voulu qu'un grand meuble à DVD pour ne pas couper la lumière côté baie vitrée. Pour compenser le dénivelé et réintroduire le parrallélisme essentiel à notre équilibre, nous avons mis une plante qui atteint presque la hauteur du meuble en face... A quoi on m'a répondu qu'il fallait mettre une petite plante sur le grand meuble pour compenser la grande plante sur le petit meuble. Mais j'ai pour ma part choisi d'épargner les mouches. Et puis, c'est toujours une bonne nouvelle que d'apprendre qu'il y a plus névropathe que soi.
samedi 27 septembre 2008
Samedi 27 septembre 2008 : le paradis
Mon amoureux est parti répéter avec son groupe. Je profite du calme pour ranger, fignoler. Je m'accorde de vastes pauses où je larve dans le canapé, contemplant mon petit royaume avec fierté. En fait, je travaille aussi : j'ai lu d'une couverture à l'autre le numéro du Point Spécial Vins. Passionnant, et qui m'inspire de bien belles ballades! Mon inspiration est pourtant en sourdine depuis quelques temps... Le déménagement l'a un peu chamboulée. Heureusement, la vie met sur ma route des aiguillons. Une amie m'a demandé récemment de rédiger pour elle un article en anglais sur le thème des vins qu'aiment les femmes. J'ai eu l'occasion d'aborder ce sujet un bon nombre de fois, c'est lui qui m'a permis d'être publiée dans la Revue du Vin de France. Des années plus tard, la thématique me sort par les yeux tant elle est propice aux lieux communs. J'ai donc rassemblé ces derniers sur le mode sardonique et j'ai écrit un article qui a rencontré un très joli succès. Oui, vraiment, tout va bien.
lundi 8 septembre 2008
8 Septembre 2008 : le grand retour, en images !
Le 8 juin : matez-moi ces gravats !
A ce stade, il nous fallait refaire la plomberie qui n'apparaît pas sur les photos, ainsi que l'électricité, qui apparaît, elle, car des fils couraient dans les murs que mon grand amour a pulvérisés, avec la brutalité qu'on lui connaît. Ce sont les toiles d'araignées que vous distinguez au premier plan. Ces tâches étaient réservées aux hommes : ma moitié, son frère et son géniteur, pour ne pas les nommer. A ce stade, ma tâche à moi était de m'acquitter de l'achat des fournitures (j'appelle à présent par leur prénom un gros tiers des effectifs commerciaux du Castorama de Carnon et du BricoDépot de Saint-Jean de Védas. Ca calme, s'pas? ). Pas programmée mais bruyamment applaudie fut mon initiative de faire appel à un serial-débarrasseur pour évacuer les gravats. Regardez, ça va tout de suite mieux :
Le 10 juin : plus de gravats et une baignoire !
... Car le ravissant cadre en bois que vous repérez dans la moitié droite de l'écran, c'est notre future baignoire. Nous avons évacué l'ancienne, en fonte, à bras d'hommes et une femme, par une nuit sans lune, en emballant les pieds dans du papier à bulles, pour éviter les bruits que nos aimables voisins ont eu tôt fait de nous reprocher (spéciale dédicace à la vieille chouette qui, depuis, nous a quittés pour d'autres baux où elle pourra user d'autres patiences. Si elle est si triste et si seule ce n'est pas parce que la vie est injuste et les hommes volages, mais bien parce qu'elle est conne et moche. Y'a pas de secrets.). Pas nos voisins d'en face, heureusement, eux sont trop cools !
15 juin 2008 : le papier peint au chalumeau
Autre tâche qui m'est revenue : gratter les murs pour virer le papier peint à peindre dont on l'avait farci. Car le fourbe n'était pas seulement collé-sur, il s'était, depuis le temps, aggloméré-à. Après avoir usé bien des bouteilles de produit à décoller, je me suis résolue à piquer le chalumeau des travaux de plomberie. Bon, ça décolle le papier peint. Mais ça tache le mur. Et pas qu'un peu. Cependant, repérez bien ce mur. Repérez mieux. Ca y est ? Bon, alors continuez.
21 Juin 2008 : solstice carrelé
C'est la salle de bain, donc, ou ce qu'il en reste après l'évacuation de la baignoire. Nous avons ensuite fait la plomberie et coulé du ciment pour obtenir un beau sol plat. Nous avons pu déposer délicatement dessus notre baignoire et y ajuster toutes les canalisations afférentes. Et enfin, le 23 juin, prendre notre premier bain (pour relire le post sur ce sujet, cliquez ici).
23 juin 2008 : notre premier bain
A ce stade (nous y sommes encore aujourd'hui, 8 septembre), rien de définitif puisqu'il s'agit d'abord de mettre en route une canalisation viable, conçue pour épouser au mieux le nouveau mobilier. Utilisable, cette installation n'en est pas moins temporaire, en attendant que nous en soyons au carrelage dans la salle de bains. Car, pour l'instant, c'est la cuisine et le salon-salle à manger qui nous préoccupent.
On y retourne donc et je dois vous faire un résumé qui nous mène jusqu'au mois d'août (faute de piles et de penser à en acheter, je n'ai pas pris de photos entretemps), date à laquelle, ayant fini la plomberie et l'électricité, mon amoureux et son géniteur sont venus me prêter main forte sur les murs pour les enduire, poncer et lisser en prévision de la peinture. Et il y avait aussi des trous à reboucher... notamment pour faire oublier qu'il y avait eu des murs là où il n'y en a plus aujourd'hui.
8 août 2008 : cachez ces tranchées que je ne saurais voir !
Sans relâche, durant des semaines, nous avons enduit, poncé, enduit, poncé... jusqu'au coup d'envoi de la peinture. Et au 25 août nous en êtions là...
25 août : la première latte de parquet
A droite de votre écran, vous reconnaissez celui qui est devenu notre ami, notre aspirateur de chantier, fruit des amours contre-nature de D2R2 (pour le design) et de Nono le petit robot, l'ami d'Ulysse (pour sa couleur rouge-l'Huma). Il a changé notre vie et nous a permis d'achever tous nos balais encrassés qui ont ainsi terminé de répendre plus de plâtre qu'ils n'en déplaçaient à notre profit.
Vous aviez bien repéré le mur de tout à l'heure ? Et bien chouffe le résultat
25 août 2008 : Méditations au pied du mur
Cette image me sert à présent pour mes séances de relaxation. Le contraste entre le blanc cassé satiné des murs et le blanc mat du plafond est pour moi une source constante de réflexion sur le bonheur du monde et l'avenir de l'humain. Le devenir de la tartine et de son côté beurré n'est jamais très loin.
Quelques heures plus tard, le parquet était posé (le parquet flottant, surtout celui de chez Ikéa, c'est trop facile pour des as comme nous!). Restait à poser la cuisine. Les photos arrivent très bientôt!
lundi 21 juillet 2008
Aïe
Ce lundi, un clin d'oeil à Pénélope m'épuise déjà mais c'est bien vrai, je ne suis plus une jeune fille.
Doliprane, mon ami, pourquoi m'as-tu abandonnée ?
* Nous avons fait l'acquisition de la fameuse PS3 qui fait aussi lecteur Blue Ray alors notre belle télé écran plat 102 cm a enfin vu la lumière du jour car il fallait qu'on sache comment ça rend... Oui mais le salon est un vaste chantier alors nous avons installé le monstre dans une des chambres de dix mètres carrés dont trois habitables... La télé est à trois mètres du matelas qui sert de canapé dans ce salon improvisé. Pour regarder Into the Wild, c'est trop près.
jeudi 17 juillet 2008
Le froid c'est la vie
Il a fallu être doux avec lui. Après l'avoir transporté couché, nous l'avons laissé remettre ses gaz en place pendant 24 heures. Puis nous l'avons lavé (parce qu'un frigo fermé depuis huit mois, même s'il était propre à la base, il faut reconnaître que ça schmoutte, ça puire, ça poque bien du derche). Puis, comble du bonheur, nous l'avons rempli. Hier, tels deux guerriers du vingt-et-unième siècle, mon amoureux et moi-même avons regagné au supermarché nos grades de consommateurs à part entière. Plus aucun rayon ne nous était interdit. Nous nous sommes rués au frais pour redécouvrir les joies du Yop, des yahourts à la grecque, de la glace aux marrons de l'Ardèche, de la Leffe en carton de six bouteilles de 75cl, des rognons... de toutes ces choses qui ne se conservent et ne se consomment que froides. Parce que tiède, c'est dégueulasse (la bière, notamment*).
Un grand merci à ma petite famille qui a pris la route pour nous apporter Fulbert!
* Aux représentants de la perfide Albion qui seraient choqués par ce constat sans appel, je rappelle cette blagounette qui nous amuse beaucoup (tout est relatif) sur le continent : "Ah la gastronomie anglaise !... Pour s'y retrouver, il suffit de connaîtres les températures : si c'est froid, c'est de la soupe ; si c'est tiède, c'est de la bière."
mardi 1 juillet 2008
Un rythme d'enfer... Heureusement, y'a Joe !
Mes journées ressemblent à ça : 8h00 réveil pour départ à 8h30... Ou parfois un petit poil plus tard... Jusqu'à 18h00 (pas beaucoup plus tard), je rédige au bureau et il faudra que je vous parle de nos adorables stagiaires. 18h00, le cerveau tout essoré, je regagne mon chez moi à travers les bouchons qui encombrent le rond-point de Port-Marianne et le feu qui croise le chemin de Moularès. Si vous êtes toujours parisien, vous devez être perdu ! Mais n'oubliez pas de rajouter la chaleur... et les cigales aussi, quand même, parce qu'il y en a en plein Montpellier !
Bref, je rentre chez moi, retrouver mon amoureux et son géniteur, qui s'affairent à notre bonheur depuis maintenant trois semaines. En réalité, j'apporte de la nourriture à deux fauves affamés, qui ont passé la journée enfermés dans les poussières de plâtre et qu'on distingue à grand peine des murs dont ils ont adopté le blanc manteau... Jusqu'ici, nous mangions (avec les doigts et des grognements de bête repue pour toute conversation), finissions les travaux sans bruit (ceux avec attendront des heures décentes) et nous couchions comme des brutes saoules, vers une heure du matin, ivres de fatigue et de chaleur, après une douche salvatrice. Et le lendemain, re-belote.
Mais depuis trois jours, c'est la renaissance ! Les parents de notre ami Joe sont partis en vacances, lui laissant la garde et la responsabilité de leur maison et de sa piscine. Joe aime les bons petits plats, le punch coco, les épices et les herbes rares, le métal en fusion et se baigner dans sa piscine. Nous aussi. Alors tous les soirs depuis maintenant trois jours, nous quittons notre petit Beyrouth à nous pour rejoindre la civilisation : une cuisine équipée, la conversation de Joe (sans soudure ni perçage au menu), un salon sans trous aux murs, avec canapé et table basse... le rêve quoi ! Nous préparons à manger tous ensemble et nous barbotons en gloussant dans la piscine. Puis, avec mon amoureux, nous rentrons et nous couchons comme des brutes saoules vers deux heures du matin. Et le lendemain, c'est aujourd'hui. Et je n'ai pas envie de travailler... ^^
C'est normal d'avoir envie d'un punch coco dans une piscine à 10h du matin ?
mardi 24 juin 2008
Notre tout premier bain
"Ca, c'est fait," nous sommes nous dit, "maintenant y'a plus qu'à". Une phrase qui revient souvent dans nos conversations récentes, tant il est vrai qu'un chantier est une somme d'aboutissements en prélude à d'autres chantiers.
Il aurait pu être l'heure d'aller se coucher en remettant à demain le reste des travaux et, pour l'heure, tout ce qui reste à faire dans la salle de bains : mettre un coup de blanc au mur, dégommer les plinthes, poser le carrelage, poser d'autres plinthes... En attendant, du moins, prendre un repos bien mérité et nous défaire de nos habits de gala bien blanchis...
Au lieu de ça, mon amoureux et moi-même avons échangé un regard coquin d'écoliers devant un paquet de boules puantes oublié par le surveillant. Nous avons rempli la baignoire, encore recouverte de sa housse de protection par endroits, à dessein, et nous avons pris notre premier bain. Nous avons lavé nos cheveux desséchés par le plâtre, nous nous sommes frottés au savon de marseille, nous avons contemplé le plafond avec des regards béats et nous nous sommes dit que ça allait être pas mal de vivre ici !
Inutile de vous dire qu'on a ensuite dormi comme des bébés (tout propres)!
Les photos suivent mais je poste sur ma pause déjeuner depuis que je n'ai plus d'internet chez moi ! Alors un peu de patience !
lundi 23 juin 2008
L'eau chaude, telle l'hirondelle, nous annonce des jours meilleurs
Quand on se lave de toute façon au lavabo, qui est le seul sanitaire survivant de l'ère antérieure à noussssssss, le faire à l'eau chaude apparaît comme un luxe éhonté. La survie impose seulement d'avoir l'eau (froide) dans le lavabo et les toilettes. L'eau froide, c'est l'hygiène. Oui mais l'eau chaude, c'est la civilisation.
Quand l'eau chaude paraît, ce n'est pas pour se laver, c'est pour espérer. C'est le signe que la baignoire arrive car la plomberie ne fuit plus nulle part. Le cri de l'eau chaude dans le robinet, c'est le clin d'oeil discret de la maison qui t'encourage à acheter enfin le carrelage pour mettre sous la baignoire, parce que le moment approche de la faire paraître au monde.
C'est la promesse de petites tablettes en teck pour les sels de bains et la mousse. Ce sera propre. On ne verra plus que faïence, gant de crin et bois précieux, huiles essentielles et crême au miel. Adieu béton, truelles, briquettes... Adieu cuivre, plomb, étain... Adieu savon, serviettes, qui servent aussi bien au nettoyage des outils, des assiettes que des parties intimes (bien repérer sa serviette et ne jamais la laisser en libre service, au risque de la retrouver enroulée sur une canalisation, au chevet d'une soudure chancelante).
On n'y est pas mais on approche. On approche...
jeudi 19 juin 2008
Home sweet home
La date du 15 juin est passée. J'ai rendu mes clés. Je ne vis plus à Odysseum.
La date du 20 juin approche, mais nous sommes loin d'avoir véritablement emménagé à la Roseraie. Nous avons cassé des murs, des éviers, des baignoires, refait une partie de la plomberie, détapissé mais il reste à monter, poser, enduire, peindre... Il nous manque un sol et des murs. Cruellement. Déjà, on a de l'eau, au lavabo et dans les toilettes. Une rude absence de quatre jours m'a rappelé que le luxe, c'est peu de chose.
On tient bien le coup. On apprend à déjouer les pièges de la facilité, à ne plus jamais dire "eh les mecs d'Ikéa ils se sont plantés sur le plan". Non. Les plans d'Ikéa c'est comme les ordinateurs, si ça plante, c'est toujours ta faute. Cherche pas, qu'on te dit !
On apprend qu'il faut tenir les autres à distance. Ceux qui ont beaucoup de conseils à donner mais pas beaucoup de temps car ils sont loin. On apprend qu'il faudrait se taire et ne rien leur dire pour avoir la paix. Ou sortir très vite Un Singe en Hiver de ses cartons. Et adapter à un public choisi cette réplique qui m'est chère : "Suzanne, tu es une épouse modèle (...). Mais tu m'emmerdes. Tu m'emmerdes affectueusement, tendrement, avec amour, mais tu m'emmerdes."
mardi 15 avril 2008
Mardi 15 Avril 2008 : Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Comme tout le petit monde de références estampillées "Pénélope". L'homme-sans-coeur qui dit non aux p'tits chats, l'évier surchargé de vaisselle sale qui impose le programme de la matinée, la jeune cadre sup qui se transforme en chat à force d'avaler des sushis devant son ordinateur ou le miracle que représente, pour une fille, l'achat d'un ampoule ("il faut dire que ça faisait trois mois que je faisais pipi dans le noir...").
Tous ces "c'est fou, c'est moi!", hélas, ont vécu. Pénélope a eu un succès fou et bien mérité. La semaine dernière elle prévenait qu'elle ne pourrait plus assurer l'alimentation quotidienne de son blog. Mais là c'est le blog qui sature : conçu pour recevoir 50 visites par jour, il en reçoit 50 000. Du coup, impossible d'accéder aux dernières facéties de celle qui était devenue notre copine à tous.
J'ai déjà ressenti ça. Quand Max est sorti du placard, quand il est passé à la télé, quand son blog est devenu un livre et qu'il a quitté Groupama... C'est dur de perdre un pote... Tu vas me manquer, Pénélope.
Note du 20 avril 2008 : Pénélope a réparé son blog! La revoila! Joie! Gaieté! Bonheur dans nos coeurs!... Ce qui me fait penser que je n'ai pas alimenté mon propre blog depuis plus d'une semaine! Pardon, chers lecteurs si nombreux et malheureux jour après jour! C'est pour vous faire rire d'encore meilleur coeur quand l'inspiration aura daigné revenir me souffler dans les bronches.
lundi 14 avril 2008
Lundi 14 Avril 2008 : Bonnes Affaires ?
La réforme de l'assurance chômage qui se prépare est-elle de nature à modifier le mode de vie de cette jeune femme ? La droite peut-elle réduire la gauche à un syndicat de défense de ce type de comportements ? Les arguments de la gauche doivent-ils laisser croire qu'elle l'est ?
Le projet proposé :
- la définition d'offres valables d'emploi (les critères qui fâchent : jusqu'à 30 % de salaire en moins que le précédent poste pour un travail situé à maximum une heure de transport du domicile).
- pendant les six premiers mois d'inactivité, on vous laisse tranquille, c'est vous qui cherchez.
- puis l'ANPE (avec les délais de réactivité fantastiques qu'on lui connaît, rajoutez-vous quelques mois de recherche par vous-même sans trop vous faire de bile), vous propose un, puis deux, puis trois offres valables (vous avez défini votre profil, vos compétences, vos aspirations; il reste le salaire inférieur de 30 % max à celui de votre précédent emploi pour un job à une heure de trajet de chez vous qui vous pend au nez... notez que, si vous n'avez pas trouvé en six mois et que l'ANPE fait mieux que vous, il faut se poser des questions...).
J'ai été au chomage plusieurs fois, jamais plus de trois mois et j'avoue que ça ne me paraît pas choquant comme dispositif. Je crains d'avoir remis la barre à droite. Peut-être pas par adhésion mais par réaction. Réaction à la traduction du dispositif ci-dessus évoqué par un de mes collaborateurs, ségolèniste patenté :
"La réforme du chômage de Sarko c'est qu'on te propose trois boulots même à une heure de chez toi, même au SMIC -30 %, même sans rien à voir avec tes compétences, tu dois en accepter un sinon t'as plus droit au chômage."
Ouïe, ouïe, ouïe...
Pour revenir à mon aventurière du premier paragraphe, je crains qu'aucune loi ne lui fasse changer sa façon de voir la vie et ses sources de revenus. Ce n'est pas le rôle du législateur. Le rôle du législateur c'est de protéger la collectivité contre ce genre d'abus. C'est de faire en sorte que les 25 % de mon salaire qui partent alimenter les différentes assurances sociales ne soient pas pompés par les dévieurs permanents du système au point que les transitoires dans mon genre, qui ont recours aux assurances chômages deux mois tous les trois ans, ne soient pas moins bien soutenus au moment de remettre le pied à l'étrier.
Mais attention, le rôle du législateur n'est pas non plus de pousser les salariés sur la voie de la régression. Lui d'ordinaire si favorable à ce statut qu'on peut fliquer fiscalement (tellement mieux que les indépendants), il pose une limite dans la réduction de salaire qui me fait froid dans le dos à moi aussi. Comment être motivé avec 30 % de salaire en moins ? Surtout pour un salaire déjà moyen, voire bas. Comment réduire davantage l'intérêt pour le travail ? Comment présenter des salariés moins motivés aux chefs d'entreprise ? Comment croire encore en l'ascension sociale ?
Et puisqu'on en est là, digressons sur l'ascension sociale : comment se pardonner de n'avoir pas fait médecine, comme Papa ? La vraie question devient alors "c'est quoi réussir sa vie ?". L'argent ? La célébrité ? La considération sociale ? L'amour ? Comme me l'a répété un ami ce matin : "L'amour, bien sûr. Mais sous les ponts, l'hiver, ça le fait moins quand même."
lundi 7 avril 2008
Lundi 7 avril 2008 : Pas la moindre...
Les gens sans culture, il s'en croise des fourgons entiers. A ne pas confondre avec ces gens qui se disent sans culture mais qui savent encore les animaux malades de la peste et qui vous confient soudain leur passion pour les portraits de Fabre ou les bronzes de Pompon... en pleins résultats de la Nouvelle Star Académy!! On peut toujours espérer la surprise en matière de culture.
Sauf chez les petits coqs. Mais, si, les petits coqs. Les merdeux, les petits cons, les crétins qui se croient beaux. Les connards qui ont décidé qu'ils allaient vous apprendre la vie. Parfois ce sont des connasses. Mais dans mon milieu professionel essentiellement masculin et viscéralement machiste, ce sont majoritairement des connards. Vous n'aviez pas encore remarqué que j'adore les adverbes ? Bien, ça, c'est fait.
On reconnaît le médiocre à sa véhémence à vous montrer qu'il a raison à n'importe quel prix. J'appelle "médiocres" les gens sans culture parce que sans curiosité. Je ne suis pas un puits de science et, au beau milieu de mon intense amour de moi-même, je trouve encore la force de n'avoir pas la prétention de l'être. Remarquable, non ? Car nous autres, gens de culture, avons en commun cette humilité face à ce qu'on ne sait pas et la curiosité d'en apprendre plus. Les petits coqs présentent la démoniaque particularité d'être démunis de ces deux qualités. Et l'assommant besoin d'en mettre plein la vue, en particulier lorsqu'il s'agit de ne pas reconnaître qu'ils ne savent pas. Ils sont chinois dans leur rage de ne pas perdre la face. Et carrément huns dans leur volonté de vous écrabouiller de leur peu de science. Mais n'est pas Attila qui veut.
Mon apprenti Attila du jour s'appelle Cyprien. Un prénom dont la douceur ment. J'ai tout de suite flairé chez lui le coquelet de batterie. Il est chez nous pour participer au développement d'un de nos supports. Il doit relire notre lettre électronique et notamment mon edito. Je n'aime pas qu'on relise mon edito. Je suis humble et curieuse, certes, mais je suis aussi SUSCEPTIBLE.
Je veux savoir si je me suis trompée sur Cyprien. Je lui tends un piège infâme. Je signale dans mon édito qu'un "débat sourd sur la légalité de l'information sur la dive bouteille". Depuis la loi Evin il est en effet de plus en plus difficile de parler pinard jusque sur le net. En employant la troisième personne du singulier du très inusité verbe "sourdre", j'ai tendu un vilain piège à Cyprien car je me doute qu'il tiquera sur ce mot qu'il ne connaît pas et qu'il déduira de son ignorance qu'elle ne peut venir que d'une erreur de ma part. Et qu'il ne vérifiera même pas. Et ça marche. Trois clics plus loin, la réponse de Cyprien me parvient. Il note trois corrections à effectuer dans les plus brefs délais. TROIS? Oui, car en ouverture de mon edito, j'ai laissé passer "les occasions de d'ouvrir"... Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon... Il fallait que le reste de l'edito soit irréprochable pour pouvoir faire une réponse méprisante... Nous voila en match nul!! Mais non... il dit "trois" corrections... La deuxième concerne "sourdre", ça ne loupe pas. Il ne sait pas ce que c'est, c'est donc incorrect. Mais là où il dépasse mes espoirs, c'est pour la "dive bouteille" qu'il range également parmi les erreurs. Je lui soigne donc la réponse qui suit.
Bonjour Cyprien et un grand merci de votre attention pour l’édito de [la lettre]. J’ai bien corrigé la faute de frappe « de d’ouvrir » et vous remercie beaucoup de nous l’avoir signalée. En revanche « sourd » est bien la troisième personne du verbe « sourdre » au présent de l’indicatif. Quant à « la dive bouteille », cette expression vient d’un traité de Rabelais du même nom. Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous remercie encore de votre vigilance.Cordialement,
Classieux tout de même ? Bon alors leçon numéro 2, puisqu'on sait que le petit con est, par essence, dépourvu d'humilité et ne craindra pas de braver le ridicule pour avoir l'air de ne pas perdre la face, pourquoi continuer à espérer qu'il admettra avoir eu tort ? Cyprien m'en fournit une illustration d'une perfection irréelle.
Bonjour,
Pas de pb pour les fautes de frappe, et pour le même prix je vous en signale même qui n’en sont pas !! Donc profitez-en !
J’ai appris un nouveau terme aujourd’hui : sourdre = jaillir d’après mon dico en ligne. Et pour la dive bouteille je me doutais qu’il y a avait quelque chose ayant déjà entendu l’expression quelque part… J’ai lu le court passage dans le cinquième livre !
Mes excuses pour ces mauvaises compréhensions, je pense ne pas être le seul, ou alors c’est mon manque d’expérience de vos éditos !
J'ai félicité Cyprien de prendre ainsi sa culture en main (faut pas pousser) mais n'ai pas davantage relevé. Une réponse sans rien à voir et blessante pour le plaisir devrait me parvenir sous sept minutes trente. Il faudra alors trouver la force de ne pas répondre. De ne pas se laisser gagner par le petit-coquisme primaire et viscéral. Par manque de testostérone en vadrouille. Fort heureusement, j'ai sur Cyprien un avantage considérable en la matière : quand un connard veut me faire jouer au plus con, je me régale de le laisser gagner.
Lundi 7 avril 2008 (matin) : Avis de tempête
Ca m'a ramenée quelques mois et années en arrière et à la vieille querelle des princes et des voyous. Des Charlotte et des Samantha, pour les fans de Sex&theCity. Je me suis trouvée à nouveau confrontée à la question de savoir s'il faut renoncer à la flamme des premiers instants dès qu'on est heureux trop longtemps... Mes copains Monica et Chandler concluent qu'il le faut mais que c'est bien agréable. Comment garder intacte la magie ? Comment la rendre encore plus belle quand elle se fane ?
Nombre de couples autour de moi vivent leur amour à distance, ce qui semble en préserver la fraîcheur. Cependant, pour l'avoir vécu, je me félicite aujourd'hui, et tous les jours, de ne pas être à 500 kilomètres de l'homme que j'aime. Et bien sûr j'ai peur quand nous passons deux jours entiers ensemble et que nous finissons par n'avoir plus grand chose à nous dire, par nous répéter... Je crains que nous ne communiquions pas assez. Qu'il s'ennuie.
Cette femme que je suis près de lui n'a rien à voir avec la Samantha que j'ai été. Rien à voir avec cette amazone qui a fait dire à mon amie " Ce week end, j'étais toi! La guerrière, c'était moi!".
Une Amazone méprise profondément les hommes, les femmes et le sexe. Un regard de braise et de la glace dans le sang, ce chaud-froid extrême est apparemment irrésistible. Réellement dure, elle soumet, domine, écrase, physiquement et verbalement. Elle n'a besoin de personne, personne ne trouve grâce à ses yeux. Elle est là pour le challenge. C'est une personnalité profondément insensible, qui ne croit pas aux sentiments et qui a décidé d'en rire. Férocement. L'histoire sera toujours drôle à raconter à ses amis. Et personne n'en mourra. Dit-elle.
Parce que, bien évidemment, les insensibles s'éprennent d'elle. Ils croient avoir trouvé celle qui permettra à leur sensibilité de s'exprimer,puisqu'ils n'ont rien à lui prouver en matière de cruauté. C'est là qu'elle les attend et ils n'ont aucune chance contre elle. Même pas tout contre. Surtout pas. Elle ne supporte pas les mains tendres et les lèvres douces. Elle étreint pour mordre. Ils finissent par s'en rendre compte, certains en profitent pour y voir plus clair sur eux-mêmes. Mais l'homme qui ne sait pas vous retenir ne sait pas davantage vous dire merci. C'est un jeu perdant-perdant, perdu d'avance, perdu pour tous.
Je souhaite à mon amie de s'éclater un max et en toute sécurité, puis de redevenir ce qu'elle était et ce que j'ai fini par admettre que je suis moi aussi : une gourde (c'est l'amazone qui parle). Une de ces femmes qui croient qu'il est possible d'aimer l'homme qu'elles aiment toute leur vie. Et qui feront tout pour ne jamais se laisser s'ennuyer près de lui. Parce que c'est l'ennui, l'appel de l'Amazone.
mercredi 2 avril 2008
Mardi 1er Avril 2008 : Moisson de poissons
Jusqu'à ce que je rende visite à ma boîte mail à la pause-déjeuner. Une hilarante hilettre m'attendait, celle de L'internaute qui s'est vraiment mis en quatre, je dis "bravo le gars Linternaute!". Des titres comme Tirez parti de tous vos défauts : la mode est au naturel, montrer vos cernes et vos boutons..., ou "Nouvio : Cht'Internaute en Ch'timi L'Inchtiernaute a chingé pu ed' 892 miyons ed' pach' et d'artik en Ch'timi, tout cha pour vot' pu grin bonheur"... Rien de tout ça ne m'avait alertée. Mais je suis tombée en arrêt devant un article consacré à l'engagement de Sébastien Chabal, parrain de la Journée du Poil le 6 Août prochain...
J'ai cliqué, l'oeil plein d'espoir et le doigt tremblant de désir sur ma souris. Qu'on me comprenne : pour sa rutilante chevelure et ses puissantes épaules, mon amoureux a été surnommé "Chabal" pendant toute la coupe du monde de rugby, qui coïncidait avec notre rencontre. Certes, l'usage de ce surnom a été limité à mon oncle et aux ouaich-ouaich ("racaille" en montpelliérain) des alentours de la gare (quartier qui, comme chacun sait, craint dans toutes les villes du monde). Mais n'empêche. Quand je vois Chabal, je me sens tendre.
Au demeurant, je trouvais l'idée excellente. L'anti-poilisme primaire et viscéral qui sévit dans nos contrées m'irrite autant que la vue de mes jambes mal épilées. On ne peut pas tout sacrifier pour ses idées alors je le crie haut et fort, j'aime le poil autant que j'aime être lisse. Et puis zut si c'est pas cohérent, je suis une fille, je ne suis pas cohérente. J'ai cliqué, donc. Un gros poisson hilare est apparu sur l'écran. Tout était faux. Je suis vite partie aux toilettes rebarbouiller de fond de teint mes cernes et mes boutons...
Le meilleur poisson a été pêché dans nos filets quelques heures plus tard, quand mon boss m'a transféré un message envoyé par une source apparemment fiable 364 jours par an (365 les années bisextiles). Je vous le livre en entier :
La zone d'appellation d'origine contrôlée (AOC) du champagne va être étendue à 38 communes supplémentaires*. En liaison et en complément avec la révision, le Civc (Comité interprofessionnel des vins de champagne) étudie les moyens de mettre un terme au conflit qui l'oppose à quelques viticulteurs du canton de Vaud, en Suisse, où se trouve une commune appelée "Champagne". La Cour de Justice Européenne leur a interdit d'utiliser cette référence.
Le CIVC doit, aujourd'hui mardi, examiner, avant transmission à l'Inao, un projet d'accord pour prendre en compte dans l'aire d'appellation Champagne, sept parcelles d'une superficie totale de 4,79 hectares de vigne situées sur la commune de Champagne (canton de Vaud)."
Mon bien-aimé patron trouvait l'idée délicieuse. Je crois l'avoir férocement déçu en suggérant quatre possibilité d'interprétation, à savoir qu'il s'agissait, au choix :
- d'une truite d'avril
- d'un saumon d'avril
- d'un silure d'avril
- d'une bonite d'avril
Il a opté pour la truite, poisson qui fréquente les cours d'eau suisse...
* Ca, pour le coup, c'est bien vrai. Pour les gars du coin, l'extension de l'appellation "Champagne" signifie que des centaines d'hectares de terre, aujourd'hui terre à blé (vendue à peine plus de 2000 euros l'hectare) vont pouvoir être vendues au prix de la vigne à champagne, qui coûte 1 million d'euros l'hectare. Pour les heureux propriétaires de ces parcelles, leur valeur va être multipliée par environ 500... Belle plus value, s'pas? Y'a pas à dire, l'immobilier...