Le 9 octobre s'obstine. Tout les ans, ce triste sire revient montrer son groin. Ce jour lambda dont je n'attend aucun geste ni sourire. Un jour de rien après une date tant attendue. Un 2 janvier. Le jour du retour à la normale, de la fin de la magie. La fête est finie, nous revenons dans le temps après en être sortis 24 heures seulement. Le 9 octobre, c'est le quotidien. Le 9 octobre, c'est le lendemain de mon anniversaire. Il a toujours pour moi un arrière goût de lendemain de fête. Appelée, choyée, embrassée, gâtée pourrie, je voulais rester dans mes 24 heures du 8 octobre encore un peu... Mais l'infâme est arrivé subrepticement dans la nuit, profitant de mon sommeil.
Je l'accueille avec d'autant plus de mauvaise grâce que mon 32ème anniversaire a vraisemblablement été l'un des plus heureux de ma (si) jeune vie. Alors pour ressusciter ces heures parfaites, je vous en fais le récit. C'est parti.
L'histoire commence le 7 octobre, car le 7 octobre a été particulièrement féroce : baptême de vendanges pour moi. Départ 6h30, retour 22h et à l'arrivée un rêve, un appel, un besoin : un bain. La surprise était à la sortie du robinet : problème de canalisation, l'eau est coupée et le reste jusqu'au lendemain... Pas de chasse d'eau, même pas de quoi rincer mes doigts noirs et collants. J'ai une demie bouteille de coca pour me décrasser d'une journée à quatre pattes dans les vignes...
Desespérée, je m'endors comme une brique sur le canapé et mon amoureux rentre à pas de loup quelques quarts d'heures plus tard. C'est ainsi que, dès les premières heures du 8 octobre, à moitié endormie, j'ai senti deux bras forts m'enserrer tendrement et sa voix chaude et basse et de luxure assouvie murmurer à mon oreille "Il est minuit passé, nous sommes le 8 octobre, bon anniversaire mon amour". Quelques heures plus tard, le soleil se levait sur cette journée qui n'arrive qu'une fois par an (à une vache près, hein, c'est pas une science exacte).
Le 8, crados (toujours pas d'eau), mais souriants, nous avons décidé d'en avoir cure (thermale, ha ha ha) et sommes sortis profiter de la ville et de ses attraits sans attendre le rétablissement canalisatoire.
Quelques emplettes au programme et un déjeuner enchanteur sur une place pluvieuse le long de la Rue des Ecoles Laïques. Arrivent la très belle bavette et le rognon flambé sublimissime du Bistrot Gourmand, accompagnés d'un Pic Saint Loup de chez Cazeneuve qui allait rondement bien. Je regarde mon homme manger et je l'aime. Nous parlons de plus tard, d'ailleurs tout en étant pleinement heureux d'être ici et maintenant. Nous flânons dans l'Ecusson, bras dessus-bras dessous, sous un grand parapluie. Quelques emplettes de plus, ici et là, sels de bains, galets effervescents, je prie pour que l'eau soit rétablie quand nous remontons l'allée qui nous ramène chez nous.
Nous croisons en chemin l'agent immobilier qui nous a vendu l'appartement. Il n'a pas vu le résultat des travaux et nous accompagne. Sur place, il s'esbaudit, nous affirme qu'il a vu des travaux similaires réalisés par des professionnels et bien moins bien exécutés. Exagère-t-il ? Qu'importe... L'eau est de retour, nous sommes meilleurs que des pros, mon amoureux part travailler, je prépare l'apéritif familial du soir au son de l'eau du bain qui coule. Je prends mon bain avec Bruce. Willis. Si. Sur l'écran de mon ordi, John McClane n'en finit pas de râler entre deux rafales au coin de ma baignoire.
Arrivent mon cousin, son aimée, ma cousine, ma marraine et tout ce petit monde me couvre de cadeaux, de bisous tandis que je relis les messages envoyés sur mon téléphone. Mes frères et belle-soeur, mes parents, ma grand-mère, tout le monde est là pour me souhaiter tout le bonheur du monde et me recommander d'être heureuse.
Forcément, le 9 octobre est un peu fade... La douleur des courbatures, le rhume naissant (et déjà en super forme avec son lot de toux âcre et de nez plein) ne sont plus cachés sous ma joie d'être au centre de toutes les attentions. Pénélope Jolicoeur vient cependant éclairer ce jour funeste. Nous traversons les mêmes affres, voyez plutôt. Et puis j'ai mon rayon de soleil velu pour tous les jours avec et sans pluie : vivement ce soir que mon chéri et moi-même soyons tous les deux rentrés de nos boulots respectifs!
Merci à tous ceux qui étaient là, en pensée, en parole et en action.
jeudi 9 octobre 2008
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1 commentaire:
Arff, j'ignorais que tu approchais l'âge du Christ, comme dit un ami, chevelu lui aussi, ou plutôt velu, mais enfin bref.
Puisque tu aimes ça, et je ne peux que t'en féliciter, je te souhaite donc un très joyeux anniversaire, et une bonne post-teuf itou, vu qu'il est indéniable que l'après est toujours assez morose, au point que, pour ma part, j'en viens à ne même plus apprécier le pendant.
Un peu tordu je suis, je sais.
Soigne ton rhube, le mien est sur la bretelle de sortie, mais n'est pas tout à fait décidé à quitter ma compagnie (charmante, il faut bien dire).
Des bisous de loin (mesure sanitaire).
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