mercredi 29 octobre 2008

Mercredi 29 octobre 2008 : Il faut cogner fort

Demain, le monde du vin se mobilise. Moi aussi.

Demain, pour montrer que le monde du vin ne "tombera pas dans le panneau", on masque ceux des plus grandes et des plus vinicoles villes de France. Pour encourager Roselyne à maintenir sa ligne favorable à la révision de la loi Evin et pour la dissuader de consentir l'interdiction des dégustations gratuites dans une contrepartie aux associations des pisse-vinaigre réunis.

Demain, à ma petite échelle, je fais pareil. Le panneau de ma résidence, décroché ; l'interdiction de stationner sur mon parking, suspendue (essaie, essaie juste) ; le papier sur la porte du local à poubelle, envolé ; plus aucune indication des étages dans l'escalier ; ma sonnette appelle un grand blanc... Maaaaaaaaaaais je ne me suis pas arrêtée là! J'ai imposé la VO sans sous-titre par défaut à mon lecteur DVD, rangé mes livres et mes bédés dans une boite muette, déchiré tous les emballages des aliments dans mon frigo. Plus un mot, plus une lettre, plus d'écrit. C'est ça, s'engager! C'est total, c'est toute une vie qu'on accepte de voir différemment. C'est un exercice sain, salutaire.

Mais il est des bornes qu'il importe de ne pas franchir, sans quoi y'a plus de limites! Alors quand on m'a fait remarquer que j'aurais du commencer par faire taire mes bouteilles de vin, mon sang n'a fait qu'un tour. Certains ne supportent pas les larmes d'un enfant, d'autres refusent les souffrances infligées aux animaux dans les abbatoirs, les forêts domaniales et jusque sur les banquises. En ce qui me concerne, je sais m'offusquer, souffrir pour, empathiser jusqu'à en pâtir. Quand on maltraite une bouteille de vin. La perspective d'une cave improvisée, trop chaude et trop instable (genre la buanderie, sur le sèche-linge) me tire le sang des membres. Un verre de dégustation tenu à pleine main et ma paupière tique. Un grand cru dans un gobelet en plastique et je dois m'allonger.

Alors je n'ai pu me résoudre à dénuder mes bouteilles. Arracher son étiquette à un beau flacon, c'est comme boire son contenu cul sec ou déchirer les vêtements d'un homme longtemps désiré. On croit que c'est super, que vite et fort c'est mieux, et en fait on passe à côté de quelque chose...

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